Métamorphoses à la Briqueterie : Rien ne sourit plus qu’un fantôme bienveillant

Quel titre, mes aïeux, quel titre ! Clotilde Amprimoz aurait-elle dû choisir plus simple ? non bien sûr car son sujet ne l’est pas. Et il fallait bien ce message aux accents d’énigme fantastique et malicieuse pour relater les contradictions à l’œuvre dans son récit.

Clotilde Amprimoz aux Brigittines © François Arbon
Clotilde Amprimoz aux Brigittines © François Arbon

Un récit délicat puis que la réalisatrice y met en exergue les transformations de trois lieux culturels au travers de l’Europe : le centre culturel Zamek, ancien palais impérial de Guillaume II cis à Poznan en Pologne, le couvent des Brigittines à Bruxelles en Belgique, la Briqueterie, précédemment usine de fabrication de briques de la proche banlieue parisienne.

Clotilde Amprimoz -image 1 film  © ClotildeAmprimoz
Clotilde Amprimoz -image 1 film © ClotildeAmprimoz

La tentation serait forte de céder aux facilités chronologiques et thématiques du documentaire. Mais Clotilde Amprimoz a trop de plaisir à filmer les mystères de la création pour se limiter à une narration aussi simpliste. C’est donc la carte de l’apologue qu’elle abat dans cette fable filmée où le mythe d’Orphée côtoie les transformations architecturales des trois monuments, les spectacles et les artistes qui y prennent résidence, les témoignages de ceux qui ont vécu la transformation de ces espaces, en constituent la mémoire vive.

« Nothing smiles more than a friendly ghost », movie of Clotilde Amprimoz for METAMORPHOSES, Bande-annonce from Amprimoz Clotilde on Vimeo.

Epaulée par François Arbon à la prise de son, Clotilde Amprimoz fait de ces trois histoires une seule et même aventure : pouvoir, religion et économie, ces fonctions premières fusionnent dans une nouvelle mission, culturelle cette fois, ouverte sur le chorégraphique et la présence du corps dans le monde. Aussi cette courte rêverie ancrée dans le réel questionne-t-il l’évolution de cette forme d’expression qui quitte l’académique pour explorer les terres fertiles de l’inédit en pénétrant ces sphères chargées de souvenirs.

Clotilde Amprimoz à Poznan © François Arbon
Clotilde Amprimoz à Poznan © François Arbon

« Rien ne sourit plus qu’un fantôme bienveillant » : c’est effectivement de spectres qu’il s’agit ici, ceux de l’inspiration, ceux du théâtre et de la projection artistique, mis en abîme par la quête d’Orphée au pays des ombres. Impalpable et forte, qui embrase l’imaginaire, fait peur et fait sourire. Et donne envie d’inventer. Furieusement.

Et plus si affinités

http://www.alabriqueterie.com/index.php/fr/75-saison-2013-2014/agenda-programme/au-programme/465-clotilde-amprimoz-film-et-balades

 

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