Ludovic Florent – Pulsations astrales

Dans une vibrante explosion de particules, des corps, habités par leur liberté et leur force d’expression, tracent les courbes de l’univers. De la déesse égyptienne Nout, aux ballerines constellées de Ludovic Florent, ce corps féminin, parcelle d’étoiles et de lune, lié aux cycles de la nature comme à l’expansion perpétuelle de la vie, s’offre aux yeux des bienveillants.

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Ludovic Florent – Poussières d’étoile

Ces danseuses aux muscles et membres gorgés de sève, apparaissent comme un hymne à notre nature première et instinctive. Si une sensualité se dégage de ces photos, tant le regard du photographe que l’intimité offerte par les modèles sont dépourvus de ces habituelles redondances et diktats de représentation du corps féminin nu. Sacralisation, sexualisation. Le souci est toujours le même. Le fond, la forme. Si la photographie de nu ne reste qu’un simple support de fantasmes charnels (en rien honteux, sales ou malsains), peut-elle atteindre sa pleine puissance ?

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Ludovic Florent – Poussières d’étoile

Ludovic Florent a d’ailleurs une position très claire à ce sujet : « (…) il est très important pour moi de montrer des corps libres, d’exprimer l’image d’êtres humains dans une plénitude, dans un rapport à leurs propres corps simples et entiers, sans artifices ni volonté de séduction (…) mon travail photographique est guidé par un regard humaniste, la volonté de remettre au premier plan la beauté naturelle du corps, libre d’exprimer sa grâce et sa personnalité. Derrière chaque enveloppe charnelle se cache une âme à la fois sensible et flamboyante que j’essaye de capturer dans chacune de mes photographies». La démarche est donc tout autant esthétique que spirituelle. Et c’est précisément en ce point que cette série photographique est fascinante.

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Ludovic Florent – Poussières d’étoile

La beauté pure de ces corps en pleine expansion ou dans un doux repli, tout comme les mouvements vitaux, peuvent être tour à tour ouverture et fermeture nous offrant là l’occasion d’évoluer. Si l’esprit s’apprivoise, le corps lui aussi est une enveloppe dans laquelle notre bien-être n’est pas inné. C’est variable, la sensation d’incarnation est différente pour chacun. Nous évoluons, esprit et corps distincts ou joints. Qu’il est donc plaisant de voir imploser ces poussières d’étoiles… Elles sont de subtils instantanés de cette trop rare fusion de l’immatériel et du charnel, ces deux réalités discontinues qui pourtant nous constituent. Devenant ainsi traces d’un instant temporel absolu. Celui où l’âme flamboie d’une lumière unique et somptueuse. Sa nuance.

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Ludovic Florent – Poussières d’étoile

Dans l’ombre et la lumière, ces âmes incandescentes, dans un sabbat mystique, s’offrent des ailes, des pulsations tribales, animales, des embrasements. De ceux qui poussent à traverser tous les précipices le cœur léger.

Il ne reste plus qu’à suivre les pas empreints d’éternité.

Et plus si affinités

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