L’Etrange cas Deborah Logan : diabolique Alzheimer …

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Alors que les teenagers se ruent dans les salles obscures pour assister au deuxième opus de Conjuring et en profiter pour tout saccager, tournons nos regard vers une sortie plutôt discrète en dehors des réseaux spécialisés : tourné en 2014, L’Étrange cas Deborah Logan vient tout juste d’être diffusé dans nos contrées en DVD. Mis sur le marché ce 24 juin 2016, le premier film d’Adam Robitel conte lui aussi une histoire de possession. Il faut croire que le sujet est à la mode, drainant les Paranormal Activity en série (le réalisateur néophyte en écrivit l’opus 5). Mais en ce cas notons deux différences majeures : une volonté très nette de vraisemblance, et le lien avec la maladie d’Alzheimer.

Deborah Logan est atteinte de cette maladie ; elle lutte mais sait qu’elle va perdre ses facultés. Sa fille la soutient et l’accompagne dans leur vieille maison de famille, isolée en pleine campagne. Pour subvenir à leurs besoins, elles acceptent d’être filmées au quotidien par un groupe d’étudiants, dans le cadre d’un projet de recherches universitaires. Or la présence de l’équipe de tournage, les prises de vue réalisées, vont vite mettre en lumière des comportements étranges qui tiennent autant de la maladie que du maléfice. Vieille, fatiguée, malade, Deborah est-elle en train de sombrer dans la folie ou la proie d’un esprit particulièrement destructeur ?

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Tourné comme un documentaire, L’Étrange cas Deborah Logan évoque le Projet Blair Witch autant que L’Exorciste. L’atmosphère pourrait être celle d’un épisode des X-Files, d’un conte horrifique de Poe. D’une très grande économie de moyens, le film joue sur un scenario à suspens, où l’intervention du Malin est juste suggérée, dans une obscurité de plus en plus opaque. On appréciera tout particulièrement la prestation de Jill Larson, qui prête à l’héroïne une personnalité contrastée, passant de la force de caractère d’une battante résolue à combattre le mal à la fragilité occasionnée par les troubles de mémoire aux signes dérangeants d’une forme d’ensorcellement.

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La globalité du film est sobre, nous pénétrons le quotidien difficile de ces deux femmes pour y découvrir progressivement les marques d’un mystère qui nous dépasse. La tension est d’autant plus palpable que les effets spéciaux sont rares. Pas de gore ni d’effusions de sang, pas de spectres blafards apparaissant dans les miroirs ou arrachant les couvertures. C’est finalement la maladie elle-même qui alimente l’ambiguïté : est-elle un processus normal ou l’expression d’une présence surnaturelle ? Pendant des siècles, les hommes ont considéré les pathologies comme des marques venues d’autres dimensions, protection divine, malédictions démoniaques, punitions des forces supérieures. L’Etrange cas Deborah Logan réveille cette incertitude avec soin et pertinence.

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