Les Grands duels de l’art : Michel-Ange vs Léonard de Vinci

Comme la vie, l’art n’est pas un long fleuve tranquille … la créativité peut même devenir un ring où les artistes s’affrontent sans merci. Ce fut le cas pour ces deux figures emblématiques de la Renaissance que furent Michel et Léonard de Vinci. Nous sommes à Florence au tout début du XVIeme siècle, et les deux génies sont engagés par la ville pour représenter au cœur même du Palazzo Vecchio deux des grandes batailles qui ont fait sa puissance. Problème de taille : ces fresques monumentales ne verront jamais le jour. Pourquoi ?

C’est la question inscrite au cœur du documentaire Les Grands duels de l’art : Michel-Ange vs Léonard de Vinci ; la réalisatrice Sylvie Kürsten y mène l’enquête pour comprendre ce qui a opposer ces deux rivaux au point de faire capoter une commande énorme, véritable enjeu politique pour une république en plein essor dans une Italie ravagée de guerres intestines. Donnant la parole à plusieurs spécialistes de l’Histoire de l’Art, Kürsten met à jour le climat concurrentiel particulièrement féroce qui régnait dans la cité, auquel les artistes n’échappaient guère.

Léonard de Vinci et Michel Ange avaient bien des points communs, mais leurs manière de travailler, d’envisager le lien social, la création, l’art en général, les ont placé sur un pied de rivalité qui n’a guère contribué au succès de l’entreprise. Progressivement nous découvrons la manière de faire de chacun, ses orientations, sa logique, le premier assujettissant l’art à la science, le second privilégiant l’esthétique et les volumes. Là où ils auraient pu et dû s’épauler, ils s’affrontèrent, et c’est l’Humanisme qui y perdit beaucoup.

Reste la légende, l’hypothèse d’un début de fresque caché derrière l’imposante peinture de Vasari, un éventuel résidu des études de Vinci qui reposerait, inaccessible et mythique. De cet affrontement il demeure également l’esprit de compétition propre à ces années de grande créativité mais où l’art et la science servaient de marchepied social, de levier pour construire une carrière et une fortune, et d’arme politique pour exprimer la puissance des états dans un climat de guerres permanentes. Vinci partira à Milan puis en France, Michel Ange se rendra à Rome, chacun tracera sa route, et Florence y perdra l’occasion de briller un peu plus dans son rôle initiateur du courant intellectuel le plus marquant de notre civilisation.

Et plus si affinités

http://www.editionsmontparnasse.fr/p1898/Les-Grands-Duels-de-l-art-Michel-Ange-vs-Leonard-de-Vinci-DVD

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