A l’avant-garde : Michel Nedjar – Sans titre – 1981

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Nedjar, Michel sans titre, v. 1981 sculpture de chiffons et ficelles enduits de terre séchée haut. 50 cm © crédit photographique Collection de l’Art Brut, Lausanne

Les poupées de chiffon marquent l’émergence de Michel Nedjar comme artiste. Artiste sans le vouloir, artiste viscéral, artiste comme d’autres crient, hurlent leur trop plein d’émotion, de rage, de peur. Artiste brut, que rien ne prédestinait à devenir l’une des figures de proue de cet univers aux contours mouvants. C’est la rencontre avec Jean Dubuffet qui le révèlera, consacrant ses sculptures, ses dessins, ses bas relief en papier mâché.

Un ensemble de créations qui toutes renvoient à ces poupées initiales, elles-mêmes inspirées des statuettes d’envoûtement que Nedjar découvre dans ses voyages en Asie et au Mexique, aux jouets de ses sœurs au temps jadis, avant la déportation qui éradiquera sa famille. Une blessure vive encore, celle des origines, du deuil, de la violence, de la culpabilité du survivant.

Ses « chairs d’âme » expriment cette incompréhension, dans un long gémissement silencieux, strident de sanglots, tressés de tissus usagés, de sacs en plastique, sertis de plumes, de paille, de coquillages, teints de terre et de sang. Révolte, provocation, protection, exutoire, ces homoncules torturés momifient les angoisses et les remords de l’artiste, qui nous regardent en face, accusateurs et pacifiques à la fois.

Et plus si affinités

La galerie Christian Berst propose actuellement une rétrospective consacrée à Michel Nedjar. Monumentum est l’occasion de découvrir les multiples facettes de l’artiste et l’ampleur de son œuvre.

http://www.christianberst.com/fr/expo-actuellement.html