L’Aliéniste – L’ange des ténèbres : la folie des femmes ?

On l’attendait avec une impatience rare, et le frisson est bien au rendez-vous : L’Aliéniste – L’ange des ténèbres vaut largement la première édition, sinon plus.

Une psyché torturée et destructrice

Rappelons-nous. New-York au terme du XIXeme siècle. Nous avions laissé Laslo Kreizler, Sarah Howard, John Moore et les frères Isaacson aux prises avec un tueur de jeunes prostitués. Du temps a passé depuis le dénouement sanglant de cette enquête. Chacun a suivi son chemin, John va notamment épouser une héritière de la haute société new-yorkaise, Sarah quant à elle, a ouvert son agence de détective au féminin. Mais tous vont de nouveau faire front ensemble pour résoudre un rapt de nouveau-né … qui cache une série de meurtres d’enfants.

Leurs investigations vont les mener dans un univers d’une violence rare, au cœur des ténèbres insondables d’une psyché torturée et destructrice, face à un tueur aussi complexe qu’insaisissable. Ceux qui ont lu le second roman de Caleb Carr savent la suite … mais ne seront guère déçus par le récit en images qu’en font les réalisateurs David Caffrey et Clare Kilner. Pour les novices, ils vont devoir digérer l’intrigue ô combien destabilisante de cette seconde édition, son ambiance à la fois lourde et crue, sa brutalité sourde, et cela dés les premiers plans.

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Précarité et émancipation féminine

Car ce nouveau chapitre s’ancre dans une société particulièrement dure, avec en toile de fond la Big Apple des ghettos et des malfrats, de la prostitution et de la misère, des barons voyous prêts à tout pour s’enrichir, tandis que la population crève de faim dans les taudis. Dans ce système inique, la femme est broyée de toutes parts. Contrainte au mariage et à la reproduction quand elle vient de la bourgeoisie, elle n’a comme autre solution que de vendre son corps pour échapper à la pauvreté. Mais certaines relèvent la tête, et décident de s’émanciper.

Sarah principalement, ses collaboratrices, qui hésitent à choisir l’amour car elles savent très bien que le carcan du couple les menace, d’autres encore qui trouveront la liberté dans la folie, quitte à instrumentaliser les hommes autour d’elle pour en faire leur bras armé. C’est justement tout l’intérêt de cette seconde saison que d’interroger sans se voiler la face la précarité féminine dans une société de mâles dominants, et de mettre en exergue la réelle puissance des filles d’Eve jusque dans leur capacité à faire le Mal.

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Bref L’Aliéniste – L’ange des ténèbres est à voir, pour son intrigue magistrale, son atmosphère délétère, la qualité d’interprétation de Daniel Brühl, Dakota Fanning, Luke Evans, Rosy McEwen et consort, la restitution de New-York à l’aube du XXeme siècle.

Et plus si affinités

https://www.canalplus.com/series/l-alieniste-l-ange-des-tenebres/h/15007197_50001