June Events 2016 – CONCRETE : musique et danse, un espace en partage

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterPin on PinterestShare on LinkedInShare on RedditShare on TumblrBuffer this pageShare on StumbleUponEmail this to someonePrint this page

Après Ominous Funk et Democracy, présentés aux précédentes éditions de June Events, Maud Le Pladec finalise avec Concrete, sa trilogie consacrée au collectif new-yorkais Bang on a Can. La chorégraphe à partir d’oeuvres récentes des compositeurs fondateurs de ce collectif musical, David Lang, Julia Wolfe et Michael Gordon, propose des créations originales qui lui confèrent une place tout à fait particulière dans le paysage chorégraphique de la danse contemporaine.

concrete_1
Concrete – Maud Le Pladec – ©Konstantin Lipatov

Maud Le Pladec s’applique en effet depuis ses premières créations Professor et Poetry (diptyque autour de la musique de Fausto Romitelli), à mettre en lumière le sensible reliant danse et musique. Par le mélange de différentes influences esthétiques, philosophiques, artistiques, et de sa propre subjectivité, elle invente un espace temps tout à fait personnel. L’envie de créer des ponts entre danse contemporaine française et musique post minimaliste américaine a donné naissance à cette trilogie qui débuta en 2012. Depuis Maud Le Pladec n’a de cesse de confronter ces univers, de mettre en exergue les liens qui se tissent.

Pour Concrete, elle a fait appel à cinq danseurs et neuf musiciens de l’Ensemble Ictus. La partition de Michael Gordon (Trance) est jouée en live comme dans les autres pièces de la trilogie. Pour la chorégraphe, la présentation de telles pièces ne peut se faire qu’avec la présence des musiciens sur scène. « C’est ainsi que la musique trouve son plein essor au plateau et que les subtilités d’interprétation, d’orchestration, surgissent et apparaissent aux oreilles et aux yeux des spectateurs. » précise-t-elle. La démonstration de ces propos se vérifie là encore dans sa dernière pièce.

Dans Concrete, les musiciens sont placés au centre d’un plateau argenté, sur une ligne parfaite. Leurs déplacements n’iront pas plus en avant, pas plus en arrière. Ils créent un espace qui peut être traversé mais forment une sorte de socle sur lequel les danseurs peuvent s’appuyer. Leur présence tant par leur nombre, la puissance de leur partition musicale, et leurs corps, place le spectateur dans une extrême attention quant à ce qui se joue et à la manière dont c’est joué.

Les danseurs, eux aussi en ligne au début de la pièce, placés à l’avant scène et munis de micros sur pieds, sont à l’origine d’un autre espace, celui de la verticalité. Éléments mouvants d’un paysage exceptionnel. Tels des apaches (c’est ce que peut évoquer leurs maquillages), en baskets fluo, ils se déplacent dans une jungle plus ou moins hostile à la végétation luxuriante et variée, qu’ils apprivoisent avec énergie et curiosité. Cette traversée s’impose riche et subtile. Les interactions entre musiciens et danseurs autant que celles dues aux lumières, à la scénographie, et aux costumes sont nombreuses et donnent ainsi à voir un spectacle total.

concrete
Concrete – Maud Le Pladec – ©Konstantin Lipatov

Les matières musicales explorées dans la partition de Michael Gordon, font sans cesse rebondir les interprètes vers des états de corps à chaque fois nouveaux. Danseurs et musiciens travaillent ensemble à éloigner le banal, à détourner le connu. Chacun d’entre eux semble partir de cette nécessaire exploration des champs communs. La voix des danseurs est dès lors partie prenante de ce chemin aventureux, parfois sinueux. Le corps est poussé dans des territoires où le débordement parait nécessaire pour aller jusqu’au bout d‘une chose et peut-être en trouver l’essence. Idem pour les musiciens qui s’attellent à développer une matière sonore pour en extraire la substantifique moelle. De ce cheminement commun, les ponts apparaissent, des rencontres se font et mettent en évidence les sensations vécues.

La puissance de cette musique live associée à cette danse provoque d’indicibles émotions. Une hyper attention émane de cette énergie dévastatrice (dans le bon sens du terme). Une énergie qui met en mouvement ces quatorze artistes sur le plateau. Pendant une heure, les musiciens acculés à cette ligne d’horizon vont tirer le fil d’une intense coopération. Les danseurs eux seront les électrons libres de cette coopération. Passeurs d’énergie, de déflagrations, d’explosions, de lumières.

concrete
Concrete – Maud Le Pladec – ©Konstantin Lipatov

Maud Le Pladec réussit par ses choix artistiques à créer entre le spectateur et le plateau une relation singulière. Le pouvoir évocvateur de la musique et d’autant plus lorsqu’elle est jouée en directe, n’atténue à aucun moment ce que les corps en mouvement proposent et développent. La chorégraphe pointe du doigt les points de convergence de ces deux médiums et met un peu plus en lumière les relations qui se jouent entre ces derniers.

On sort galvanisé de Concrete. La mise en éveil de nos sens est concrète ! Le fil tendu tout au long de la pièce entre musiciens et danseurs, entre sons et lumières, entre espaces et matières, permet aux spectateurs d’être dans une extrême attention aux sensations quelles quelles soient, et de recevoir chaque information comme une expérience singulière et captivante.

Et plus si affinités

Pour en savoir plus sur Concrete, suivez ces liens :

http://www.maudlepladec.com/works/concrete/

http://www.ictus.be/concrete

http://www.atelierdeparis.org/fr/maud-le-pladec/concrete

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterPin on PinterestShare on LinkedInShare on RedditShare on TumblrBuffer this pageShare on StumbleUponEmail this to someonePrint this page

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire