Jack et la mécanique du cœur : bien plus qu’un conte pour enfant …

Je l’avoue sans honte, je suis arrivée à la projo presse de Jack et la mécanique du cœur, presque complètement vierge de l’histoire et de la musique de Mathias Malzieu. Exploit avec le matraquage médiatique qui accompagne la sortie sur les écrans. C’est que ce conte musical avait fait coulé beaucoup d’encre auparavant, ainsi que l’annonce de son adaptation cinématographique par le leader de Dyonisos et Stéphane Berla chez Europacorp sous la houlette de la productrice Virginie Besson-Silla, avec comme bonne fée marraine Luc Besson. C’est donc pas pour dire, mais on l’attendait de pied ferme, ce film, dont voici la bande annonce :

Et là quelques remarques : contrairement aux clips de présentation habituellement diffusés, ces 2.22 minutes ne résument en rien l’intrigue qui est beaucoup plus riche, et ne se limite pas au film pour enfant qu’on aimerait y voir. Chacun y trouvera sa résonnance, peu importe son âge, au travers d’une atmosphère qui excède l’univers de Tim Burton pour embrasser une identité propre où se mêlent l’esthétique de Caro et Jeunet, l’ambiance de Gripari, les œuvres de Méliès, les cirques de monstres de Freaks et Elephant man, Moulin Rouge de Baz Lurhmann.

Le tout dans un design steampunk en diable, avec des moments de poésie pure comme l’expression visuelle des sentiments (Miss Acacia qui se couvre d’épines à la moindre contrariété), ou ce voyage en skate où les personnages rebondissent sur des portées musicales. Et surtout un film qu’on écoute autant qu’on le voit. Car il est ici histoire de voix, choisies avec soin et beaucoup d’à propos par un musicien féru qui convoque Jean Rochefort, Olivia Ruiz, Cali, Dani, Arthur H, Rossy de Palma, Babet, Marie Vincent, autant de tessitures qui font vivre et vibrer cette fable sur l’amour à mort, où s’enclenchent les histoires impossibles, les amours à sens uniques, et les relations avortées.

On retiendra la diction incroyable de Grand Corps Malade et les accents d’outre tombe de Bashung dont les paroles animent le personnage de Jack l’éventreur. On retiendra surtout qu’avec Jack et la mécanique du cœur, le paysage culturel français se dote enfin d’un conte qui mêle tradition française et anglo saxonne, hybride les histoires de Perrault et les grandes épopées que sont Peter pan ou Mary Poppins. La chose mérite d’être soulignée car elle ouvre les portes à d’autres types de narration, à un imaginaire plus libre et moins moralisateur où la fantaisie est reine autant que les émotions.

 

Et plus si affinités

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