J.B. Perronneau : Lumières à visages multiples

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On aurait presque pu lui dédier une avant-garde tant son trait est vif et mutin, d’une modernité incroyable. Pourtant Jean-Baptiste Perronneau affiche fièrement ses 302 ans au fronton des portraitistes de renom, avec en prime une carrière pour le moins réussie et une réputation qui le conduira jusqu’en Russie. Bref un parfait prototype de l’artiste des Lumières, brillant et volontaire doublé d’un entrepreneur particulièrement actif.

C’est le parcours exemplaire de ce spécimen que retrace l’exposition orchestrée par le musée des Beaux-Arts d’Orléans, une approche chronologique alimentée par des œuvres prêtées par le Louvre, la National Gallery, … ou puisées dans le fonds collecté au travers du temps par l’institution orléanaise, particulièrement fourni et des plus intéressants : d’année en année, le trait s’affine, les modèles s’animent, la couleur se fait plus éclatante, tandis que l’artiste devient maître dans sa discipline.

D’un visage à l’autre, Perronneau immortalise nobles et bourgeois, femmes et hommes, jeunes et vieux, les membres disparates de cette société particulièrement bouillonnante du XVIIIeme siècle, en pleine mutation sociétale et intellectuelle. Regards qui pétillent, sourires avenants, derrière la pose convenue de la représentation sociale chargée des signes de la réussite et de l’argent, les traits de caractère affleurent dans les attitudes, la crispation d’une bouche, des sourcils haussés, un certain port de tête, des joues trop rouges …

Minauder, paraître sérieux, trahir l’inquiétude ou l’impatience, la colère, l’indifférence, est-ce le réalisme de Diderot qui influence ce goût pour la vie dans son exactitude ? Toujours est-il que le trait Perronneau séduit, par delà les frontières. L’artiste construit progressivement un véritable réseau d’afiscionados et d’amateurs d’art à l’échelle internationale, choisissant finalement la Hollande comme point d’ancrage d’une créativité qui s’impose dans toutes les cours, toutes les cultures.

La France d’alors rayonne, et Perronnneau devient l’ambassadeur de ce bon goût teinté d’humour et de malice, un expat à succès qui porte haut les couleurs de son pays. Le Monsieur peint-il comme Voltaire écrit ? On se le demande forcément quand on contemple ses œuvres particulièrement justes et joyeuses, reflet d’une époque de réussite et de contestations, d’aventures scientifiques, de mutations économiques ? On l’a souvent comparé à Quentin Delatour … mais n’est-ce pas du coté des vénitiens qu’il faudrait chercher une similitude ?

Car au final tous ces personnages pourraient aussi bien traverser la scène d’un Marivaux ou d’un Goldoni que reprendre Jacques le fataliste, apparaître dans un Tiepolo, figurer à l’arrière plan d’une scène d’intérieur de Longhi ou incarner les héros de Beaumarchais tant ils vibrent de vie et de joie … Autant de raisons de parcourir ce trait magique et d’aller visiter cette exposition si vous passez par Orléans.

Et plus si affinités

http://www.orleans-metropole.fr/1517/lagenda.htm?&tx_openagenda_pi1[uid]=94408209&tx_openagenda_pi1[action]=show&tx_openagenda_pi1[controller]=Event&cHash=a3fe96fceceb0ac478e7ac411289041b

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