Interview / François Bordry : comment un collecteur d’art devient-il un acteur culturel engagé ?

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  • Président du FRAC Centre (de 1998 à 2004)
  • Président de l’Ecole Spéciale d’Architecture de Paris (depuis 2007
  • Président de l’Ecole nationale supérieure d’Art de Bourges (depuis 2010)
  • Vice président de la Biennale de Lyon

Toutes ces casquettes, François Bordry les a assumées en parallèle d’une carrière professionnelle réalisée au service de l’Etat et des institutions, comme Président de l’établissement public qui gère le réseau fluvial français, Voies navigables de France (VNF), comme Inspecteur général de l’Equipement, comme membre permanent du Conseil général de l’Environnement et du Développement durable (CGEDD), comme président du Comité des usagers du réseau routier national.

J’en oublie forcément dans ce pedigree déjà très complet qui l’a propulsé attaché de presse de Simone VEIL quand elle présidait le Parlement européen de 1979 à 1982, puis Directeur de l’Information du Parlement européen. Un homme du sérail donc, dont on s’étonne qu’il s’intéresse à la culture et à l’art contemporain. Mais vous connaissez le proverbe, n’est-ce pas ? Les apparences sont trompeuses. Et le hasard fait bien les choses qui place ce monsieur à mes côtés durant le déjeuner de presse de la journée professionnelle inaugurant la Biennale de Lyon 2013.

Salutations, échanges, très vite nous devisons à bâtons rompus de notre passion commune pour la peinture, l’art, et la culture, les questions, les explications fusent et c’est un homme aux convictions bien trempées qui m’apparaît, convaincu du bien fondé d’une politique culturelle sérieuse et orchestrée qui place l’art, la créativité et le savoir, sinon dans un positionnement dominant, du moins à une place majeure dans les choix des institutionnels. Du blabla de politicien ? Que nenni pour ce Monsieur qui participa activement au lancement d’ARCHILAB, le Salon de l’Architecture de recherche, qui se tient à Orléans depuis 1999. Et des coups d’audace de ce type, François Bordry en a plusieurs à son actif.

C’est qu’il fut par ailleurs élu conseiller régional de la Région Centre de 1986 à 2004, maire-adjoint de Puiseaux (Loiret) de 2002 à 2008, et premier Président de la Communauté de communes du Canton de Puiseaux (de 2004 à 2007). La politique en région et dans les communes il connaît, aussi son parti pris de défense de la culture tranche-t-il avec les orientations trop souvent adoptées par ses collègues qui bradent le culturel au profit de secteurs soi disant plus urgents, plus concrets. Une erreur de stratégie à ses yeux, aussi bien au niveau économique que sociétal.

Bref et vous l’aurez compris, hors de question de nous quitter comme ça, nous décidons de nous revoir en interview. C’est ainsi que je le retrouve dans son bureau de la Défense, pour un entretien approfondi sur le sujet. Nous y évoquerons son parcours, son rôle dans le développement des Fonds régionaux d’art contemporain en région, les fameux FRAC qui célébraient leur 30 ans en 2013, son travail sur la Biennale de Lyon, ses interventions en matière de politique culturelle. Quel est le rôle d’un vice président de biennale ? quid d’une politique culturelle efficace ? comment un collecteur d’art devient-il un acteur culturel engagé ?

Très vite, ces problématiques s’effacent tandis que se dessine un véritable tableau de l’état de la culture en France et à l’international, une vision claire, concise et sans tabou se déploie par ses mots, une fresque où enjeux et réalités apparaissent nettement, où le rôle de l’artiste soudain devient perceptible et concret, alors que François Bordry évoque ces jeunes créateurs convoqués à la Biennale, citant en exemple Le prototype de Paradis de Fabrice Hyber, Control Club de Zhang Ding, Barbie Slave Ship de Tom Sachs. Chaque terme est choisi, posé, pensé. Aussi nous ne couperons pas une seconde de ce long échange qui vaut tous les cours magistraux du monde, la ferveur du passionné et la conscience de l’homme de terrain en plus :

Rencontre avec François Bordry, vice président de la Biennale de Lyon by Delfromtheartchemists on Mixcloud

Un très très grand merci à François Bordry pour son temps et ses explications. Disons le clairement, son approche ici pourrait faire office d’éditorial car il exprime en termes simples notre positionnement : la culture et l’art constituent un des piliers les plus solides, un des garants les plus sûrs d’une société progressiste, féconde et sereine. Un rempart. Une muraille. Une protection.

 

Et plus si affinités

http://www.labiennaledelyon.com/

http://www.frac-platform.com/

 

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