La génération Y par elle-même : manifeste de défense des jeunes cons numérisés face aux vieux cons d’antan

« Vous les cons naissant,
les cons innocents,
les jeunes cons,
Qui, ne le niez pas, prenez les papas pour des cons.

Vous les cons âgés,
les cons usagés,
les vieux cons.
Qui, confessez-le, prenez les p’tits bleus pour des cons.

Méditez l’impartial message
d’un qui balance entre deux âges
 »

Comment ne pas évoquer les si justes paroles de Brassens en parcourant les pages de La génération Y par elle-même ? Rédigé en 2012, réédité après mise à jour en 2014, ce petit pamphlet exprime à sa manière la lutte des classes d’âge qui régit toutes les espèces depuis que le monde est monde. Eh oui, c’est dans la nature des choses que le temps passe, que les jeunes pousses prennent la place des vieilles plantes, même si celles-ci ne se laissent pas faire. Et cela vaut donc pour ces millenials dont se réclament Myriam Levain et Julia Tissier, auteurs inspirées, journalistes de leur état et purs produits de cette mentalité.

Il revient à ces demoiselles de nous expliquer par le menu la manière qu’ont leurs coreligionnaires d’aborder l’univers actuel, la société moderne et leurs multiples incohérences. J’avais consulté l’ouvrage pour mieux comprendre mes étudiants et leur manière de progresser, ma foi je n’ai pas été déçue. J’ai même trouvé cette approche à la fois amusante et pertinente, construite sur des exemples précis, des données traçables, … avec un stratégie assez malicieuse : reprendre les critiques les plus généralistes pour en démonter le propos.

Individualisme, insolence, instabilité, indécision, manque d’investissement, absence d’engagement, refus de la culture, impatience, immaturité, conduites à risques, décidément les millenials en prennent plein la tête … pour pas grand-chose : au final ils s’en sortent assez bien dans un monde assez merdique, et leurs fautes ne sont pas pires que les errances adolescentes de leurs aïeuls. Bref beaucoup de bruit pour rien, quelques lieux communs, des arguments qui mériteraient d’être repensés à l’heure des fake news en pagaille, du tout terroriste, au lendemain d’un 13 novembre dont les victimes furent en partie issus de cette jeunesse.

Néanmoins l’ouvrage vaut pour éclairer le regards des « adultes » en charge : parents bien sûr, mais aussi politiques, patrons, enseignants … et communicants. N’oublions pas que le Y représente une cible d’autant plus retorse pour le marketeux et le pubard qu’elle détermine le consommateur en devenir. Un consomm’acteur particulièrement exigeant et critique qui a vite fait de relayer son opinion sur tout et n’importe quoi via des réseaux sociaux transformés en passoires.

C’est là tout l’intérêt de ce petit bouquin que de dresser une grille de lecture abordable pour le commun des mortels. Si cette analyse demeure simpliste et demande à être complétée par des études plus fiables car plus pointues, elle n’en demeure pas moins un socle appréciable pour les néophytes, et un agréable moment de lecture qui devrait ouvrir quelques horizons.

Et plus si affinités

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