Gangs de Paris : requiem pour la francilienne du crime

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Naples, Los Angeles, Medelin, New York, … mais que croyez-vous donc, les chéris ? Que les groupements mafieux sont l’apanage de ces grandes métropoles ? C’est oublier un peu vite que notre chère capitale est elle aussi une plate forme internationale du banditisme organisé. Et depuis belle lurette. Spécialiste du sujet, le journaliste Jérôme Pierrat s’emploie à nous l’expliquer dans l’ouvrage Gangs de Paris.

Éditée chez Parigramme, son étude nous emmène dans les bas fonds de la Ville Lumière, plus précisément dans ses banlieues proches, où nichaient les têtes de réseaux criminelles qui se sucraient en centre ville, pour revenir ensuite dans leurs QG du 94 et du 93. Prostitution, racket, came, contrebande, hold up, les « beaux mecs » du temps jadis ne manquaient pas d’imagination pour varier leurs activités illicites, et faire un beurre conséquent, immédiatement investi dans des trafics en tous genres.

Cette odyssée débute juste après les années de guerre, quand le milieu s’engraisse sur la reconstruction de l’Europe, puis passe en revue les temps forts de l’Histoire, entre guerre d’Algérie, développement de la zone, crises des Trente Glorieuses, changements de gouvernements … tandis que le onde évolue, la criminalité s’adapte, sans perdre ses fondamentaux.

Extrêmement documenté, l’ouvrage se lit comme une enfilade de chroniques extraites de la rubrique « Faits divers ». L’écriture, précise, rythmée, respire ça et là son Michel Audiard, son Georges Simenon. On y découvre des profils déjantés, des figures hautes en couleur qui jouent du flingue et du costume, s’amusant à déjouer les pièges de la maison Poulaga, tout en réglant leurs comptes de manière musclée.

C’est presque une subculture, ses codes, son langage, ses habitudes, ses rites que Pierrat explicite avec l’amour d’un entomologiste, d’un archéologue devant les vestiges d’une civilisation disparue. Car cette conception du milieu est mort, constate-t-il presque à regrets. C’est donc un album de souvenirs qu’on feuillette ici, observant ça et là, la mémoire d’un temps révolu au fil des clichés sépia, des fiches anthropométriques vieillies, des articles de presse jaunis par le temps. Nostalgie ?

Et plus si affinités

Pour en savoir plus sur l’ouvrage Gangs de Paris, rendez-vous sur la page que lui consacre le site de Parigramme.

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