Film : Les Gaspards – Pierre Tchernia

«  Je ne creuse pas de trous ! J’ordonne des excavations ! » Nous sommes en 1974 et voici en peu de mots la politique d’un ministre des Travaux Publics bien décidé à pousser la capitale dans l’ère moderne à grand renfort de bétonnage, de buildings et de parkings.

Résultat des courses : Paris assailli de palissades, de chantiers, de poussière, de tracteurs … Dans la chaleur de l’été et le bruit assourdissant des pelleteuses, certains habitants n’en peuvent plus de ces tristes transformations. Si la plupart se plaignent passivement, d’autres agissent, prennent le maquis et les armes pour faire plier les institutions.

Et c’est alors que de bien étranges phénomènes ont lieu. Des bouteilles de vin qui disparaissent de la réserve souterraine d’un caviste, le gaz, l’eau et le téléphone dont les réseaux se trouvent mélangés, les légumes aspirés dans le sol, des vélos qui disparaissent avec les cyclistes qui vont dessus … le tout dans l’indifférence générale.Jusqu’au jour où c’est un car complet de touristes qui se volatilise dans les méandres des catacombes de Denfert. Panique à bord, la police s’en mêle, un libraire également dont la fille n’a pas donné signe de vie depuis plusieurs jours. Tandis que la maréchaussée piétine comme à son habitude, le papa inquiet décide d’aller sa progéniture dans les entrailles de la terre.

Commence alors un joyeux périple dans les carrières de Paris, où des jusqueboutistes ont trouvé refuge sous la houlette d’un aristocrate, Gaspard de Montfermeil, qui a organisé une société troglodyte où l’on écoute des concerts tout en faisant du vélo(il faut bien alimenter en électricité) et en mangeant des champignons. Des gaspards que ces cataphiles … et un petit bijou de film signé Pierre Tchernia. Mr Cinéma met ici tout son art, sa faconde et son amour pour fignoler une fresque tendre, drôle et légère où l’on croise Philippe Noiret, Michel Serrault, Michel Galabru, Charles Denner, Annie Cordy et j’en passe.



Les Gaspards_0003 par finomene

C’est très sincèrement barré, ça a des allures de BD, c’est jovial (tous les acteurs se connaissent et vivent le tournage comme une gigantesque colonie de vacances), la séquence où les gaspards font sauter les fondations du Ministère qui penche alors de 60° (avec glissage de meubles et de ministre sur les parquets) est à se tordre.

Pour les amoureux des sous sols, ce film est culte. Il porte surtout une autre manière de voir, de penser et de filmer le monde. D’aucuns trouveront la chose désuète. Dommage, elle est tellement jolie …

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