Fête de l’Huma 2012 : concerts en chaîne

Vendredi 15 septembre, domaine de La Courneuve, un véritable village éphémère ouvrait ses portes. Politique, culture, musique, idées, revendications, la Fête de l’Humanité est le lieu du dialogue et du partage sans limite.

Je débarque dans ce fouillis presque fourmillant en début d’après-midi et effectue un premier périple pour aller récupérer sésame et diverses accréditions. Mais pas le temps de flâner, ou si peu, et après un tour sommaire dans les allées, direction la Grande Scène pour le premier concert d’un week-end chargé musicalement.

Je retrouve avec plaisir les Future of The Left (FOTL) qui doivent tenir bon face à l’immensité de la plaine et envoyer leur rock rageur aux quelques énervés rassemblés près de la barrière. Ouvrir un festival n’est jamais une chose facile, surtout quand le public n’est pas familier voire étranger. Mais les FOTL s’en chargent avec brio et Jimmy, le guitariste, n’hésite pas à prendre à parti les quelques motivés du pogo puis à descendre dans le public pour remonter sur scène avec quelques fans allumés. Le week-end commence bien ! Je les rejoins dans le village artiste pour échanger quelques mots, mis à part des problèmes techniques pour Andy, le chanteur, ils sont satisfaits du concert. Il y a fort à parier qu’ils repasseront en France d’ici fin 2012 ou en début 2013, La Maroquinerie leur a laissé un si bon souvenir qu’ils aimeraient réitérer la chose !

BB Brunes en fond sonore, on passe d’accord ? Je croise les Shaka Ponk en sortant du village artiste et m’apprête à tenter l’impossible à la Fête : retrouver mes amis. Dans ce festival plus que tout autre (et j’ai un peu creusé la question) il est extrêmement difficile de se retrouver. L’immensité du site, l’absence ou les diverses facéties du réseau, la foule compacte dès la nuit tombée rendent l’exercice périlleux.

 Mais les années ont rodé notre méthode, un stand est fixé comme point de rendez-vous et à défaut de parfois y attendre des heures, on est sûr de retrouver au moins un visage connu avec un peu de patience. Il est pourtant déjà l’heure de crapahuter vers le pit pour Shakaponk et nous sommes déjà plus nombreux à attendre objectifs à la main que la sécurité donne le top départ. Un live impressionnant devant une foule compacte et une énergie débordante : ce qu’on m’avait vanté des Shaka s’avère vite vrai.

Les conditions sont idéales pour faire des images et je sors soufflée du pit pour vite aller me mélanger à la foule bondissante. Entre Shaka Ponk et New Order une mission « tente » dans l’obscurité s’impose. But : rejoindre le camping sauvage et jeter la Quechua sans encombre. Car oui, Fête de l’Huma c’est camping sauvage, comme la majorité des participants je trouve absurde de payer pour être parquée dans un lieu insalubre et excentré.

New Order, lumières bleues et clavier aérien : le calme se fait sur la plaine. Là pour le coup les photos sont ardues, merci la lumière bleue ! Vers 23h30 la Grande Scène s’éteint et c’est parti pour la déambulation dans les allées, au son des différents dancefloors et live bands des petits stands. La nuit est courte, la réunion de presse du samedi 10h d’autant plus difficile…

Qu’importe, un petit sandwich au magret de canard au stand du Quercy avec quelques collègues et c’est reparti ! Promenade dans le village du monde, mille odeurs et mille couleurs émerveillent nos sens. Sieste devant Bénabar (oui c’était la dernière date de la tournée, désolée …). Et hop on reprend l’objectif pour Sir Doherty. Il n’a d’ailleurs pas l’air au top de la forme, les yeux vagues mais la voix sûre il prend sa guitare et charme l’audience. Les deux danseuses qui virevoltent à ses côtés n’y sont peut-être pas pour rien non plus… Et là, surprise, au bout de 40 minutes de set il brise sa guitare, la jette à la foule et s’en va. Avant de revenir avec une nouvelle guitare puisqu’il manquait 20 minutes de set ! Le décalage avec l’Angleterre y est sûrement pour quelque chose…

Début de soirée, au tour de la troupe de Dub Inc de remuer le public de La Courneuve. Les deux chanteurs courent et sautent sur la scène, gauche-droite, gauche-droite il faut être alerte pour les figer ! « Rude Boy » réunit la foule et chacun reprend le refrain à son rythme. Dans la nuit noire l’attente est grande pour le gang autrichien de Parov Stelar, élu meilleur live de la journée à la suite des Shaka Ponk la veille (je ne parle pas encore de l’enchantement final de la journée mais plus de l’énergie trépidante des dits groupes). Leur électroswing léger et électrique transporte la foule dans les années 30, le déchaînement est complet. La chanteuse arrache sa cape et danse sans s’arrêter, accompagnée d’un trompettiste et d’un saxophoniste virevoltants.

Puis je pars prendre un peu l’air dans les allées et un agréable rock and roll retient mes pas. Voici Vegas Airlines, quatuor de Nancy qui connaît ses classiques. Entre garage et rockabilly US ils livrent leurs morceaux efficaces, d’ailleurs tout le monde danse dans le petit stand ! Pas mal pour leur première date en région parisienne. Mais place. Maintenant il faut se taire, et écouter. Je ne reviens pas sur l’horreur des photos, une moitié de scène pour une centaine d’objectifs : top confort. Enfin, Patti Smith est là et une fois la tornade de clichés achevée je me cale devant l’écran géant pour profiter avec un peu d’espace du show époustouflant qui se déroule.

Émotion, rien de plus précis pour caractériser ce moment malheureusement. Les titres se suivent, ne ressemblent pas. Personnellement « Because the Night » et « Gloria » m’ont émue aux larmes. Elle dédie le concert aux Pussy Riot avant le rappel final de 20 minutes. Et rebelote errance dans les allées, musique et rencontres éclectiques.

Dimanche matin, réveil plus difficile encore. Le soleil cogne sur mon crâne fatigué d’une nuit bien trop courte. Mais Marcel et son Orchestre jouent, et c’est leur tournée d’adieu ! Alors direction scène Zebrock, supportrice de Pussy Riot durant la durée du festival. Charb, de Charlie Hebdo, vient lire un texte de soutien et cite quelques lignes d’Aragon. Puis Marcel et son Orchestre s’installe, certains sont en robe, d’autres en costume. Et le show commence. Après quelques titres ils amènent un rafiot gonflable sur scène, harnachent un homme casqué dessus et le lancent dans la foule. Je précise que la fosse devant Zebrock est bétonnée, à mon grand et douloureux désespoir, depuis 2 ans. Et le bateau tangue, virevolte et résiste. Pendant tout le morceau il reste en l’air. Puis le concert continue de plus belle, c’est la tournée d’adieu mais ils ont encore ce qu’il faut d’énergie à revendre ! Et en fin d’après-midi ensoleillé le concert s’achève.

Et maintenant, il est temps de rentrer, pour prendre une douche par exemple. L’Huma, rendez-vous l’année prochaine !

Et plus si affinités

http://www.humanite.fr/

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.