Exposition Mai 68 – Derrière les boucliers : l’homme sous le CRS ?

Dans l’enfilade de manifestations célébrant le cinquantenaire de Mai 68, l’exposition de la Préfecture de Paris passe inaperçue … et c’est bien dommage ; en effet Mai 68 – Derrière les boucliers aborde les événements du point de vue trop souvent négligé, pour ne pas dire dénigré, de la marée chaussée. Or cet angle est éclairant à bien des égards.

  • On y découvre de prime abord que les corps de police ont été totalement débordés par une situation qu’ils n’envisageaient même pas. Il leur a donc fallu s’adapter, malgré un équipement inadapté et un manque total de formation.

  • On y apprend par ailleurs l’effet modérateur du préfet Grimaud qui a tout fait pour éviter les effusions de sang et l’usage des armes à feu, tempérant ainsi certaines volontés politiques de « tirer dans le tas » pour mater les émeutes, quitte à mettre en péril des vies humaines. Son action fut du reste délicate, les policiers comptant dans leurs rangs nombre de blessés dont certains portèrent des séquelles à vie (énucléation, boite crânienne enfoncée, …).

  • On y saisit l’effet dévastateur du désormais célèbre slogan « CRS : SS » qui a profondément choqué des agents dont certains étaient d’anciens résistants ou des fils de résistants ; l’expression jouera longtemps dans le clivage entre manifestants et forces de l’ordre, faisant obstacle à une éventuelle coalition.

  • Enfin l’exposition dresse le parallèle entre les émeutiers de l’époque et ceux d’aujourd’hui, gangs des banlieue ou black blocks. On sait alors que les événements de 68 ont profondément impacté les autorités, qui ont alors complètement repensé l’organisation des compagnies d’intervention et leur méthodologie, ainsi que leur équipement.

Qu’on soit critique ou non, cette exposition discrète (nous l’avons découverte en passant par hasard devant l’entrée de la Préfecture où se trouvait une affiche) a le mérite d’apporter un regard historique et factuel qui recadre le rôle réel des forces de police, et la complexité de leur mission. Pour sûr, Mai 68 demeure un traumatisme, mais également un point de référence qui a amené à une évolution. Ce regard complète de manière pertinente et concrète les récits étudiants et politiques, sans jamais prendre parti ni pencher dans les excès et les passions.

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