Exposition : Braïtou-Sala, la mémoire d’un temps révolu

Cette semaine tournons nos regards vers le nord de la France et la Piscine de Roubaix. Cette dernière propose une exposition dédiée aux œuvres du peintre Braïtou-Sala. Tunisien d’origine, Albert Sala débarque à Paris en 1901 pour y suivre des études à l’Académie Julian ; il s’y impose comme portraitiste. Et c’est comme portraitiste qu’il va conquérir la haute société parisienne de l’Entre deux guerres.

Vénus-verte_Img233741-399x1024
Braïtou-Sala, La Vénus verte, 1929. Huile sur toile. Roubaix, La Piscine – Musée d’art et d’industrie André Diligent | © Alain Leprince

Acteurs, chanteurs, célébrités ou aristocrates, c’est le Tout Paris mondain qui défile dans son atelier pour y être représenté. Ses tableaux séduisent l’hebdomadaire L’Illustration dont ils font souvent la une, représentent la France dans plusieurs Expositions Internationales aux côtés de Picasso, Braque ou Dufy. Artiste à succès, Braïtou-Sala décrit pourtant un univers à la veille de sa déchéance, sur le point de sombrer dans la tourmente.

1913526_1220459811316573_6207113569697912114_n
Braïtou-Sala, Portrait de Madame Revel, (1937) Collection Comte Bertrand de Montesquiou Fezensac Photo Alain Leprince

Visages d’enfants, déesses modernes, auto portraits, ses œuvres portent la mémoire d’une élégance surannée propre à cette période révolue. Entre Fitzgerald et Bourdet, ses figures pourraient évoluer dans le monde de Gatsby le Magnifique. Un regard pourtant marque par son innocence : celui de son neveu « Yoyo » qui bientôt mourra en déportation comme une partie de la famille du peintre.

1421187_1219731471389407_6434693556254871818_o
Braïtou-Sala, « Yoyo » 1927. Ville de Boulogne-Billancourt, MA-30/Musée des Années Trente © Musées de la Ville de Boulogne-Billancourt – Photo : Philippe Fuzeau

Braïtou Sala ne s’en remettra pas, quittera progressivement le devant de la scène artistique. Sa peinture était faite d’une légèreté trompeuse que l’horreur de la guerre avorta. Restent ces souvenirs d’un temps révolu, vécu comme le rêve d’une perfection, une sorte d’idéal moribond.

Et plus si affinités

Pour en savoir plus sur l’exposition Braïtou-Sala (1885-1972). L’élégance d’un monde en péril, consultez le site de La Piscine à Roubaix.

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.