Documentaire « Jean-Paul Gaultier se défile ! » : partir en beauté et avec le sourire !

22 janvier 2020 – Théâtre du Châtelet : Jean-Paul Gaultier met fin à sa carrière de couturier sur un défilé de mode mythique. Sur scène ses mannequins fétiches, ses amis, sa bande ; dans les coulisses ses lieutenants de toujours. Ses côtés dans l’ombre, Loïc Prigent qui filme. Dix mois plus tard, le documentaire Jean-Paul Gaultier se défile ! témoigne de ce moment unique.

Voir grand !

Il faut dire que, pour tirer sa révérence, JPG a vu très grand. Quelques 250 tenues portées par 200 modèles résument un demi siècle de création. l’occasion est donnée en une soirée de contempler l’impact esthétique et sociétal de l’univers Gaultier, le décloisonnement des genres, l’ouverture à toutes les silhouettes, toutes les orientations.

Recyclage, déstructuration, improvisation … en bleu de travail JPG mène la danse comme il l’a toujours fait, inventant jusqu’à la dernière seconde. Ajoutant un détail, repensant un maquillage, une coiffure. Autour de lui ceux : Dita von Teese, Mylène Farmer, Béatrice Dalle, Rossy de Palma, Catherine Ringer, Farida Khelfa, La grande Dame, Antoine de Caunes …

Une page qui se tourne ?

Et dans la salle un public survolté par ce show spectaculaire qui surprend jusqu’à la dernière seconde. Une page qui se tourne ? Oui et non. JPG quitte les catwalks … pour le théâtre. Et d’autres aventures qui, à n’en pas douter, seront brillantes et chamarrées. Loïc Prigent, avec le talent qu’on lui connaît, capte la subtilité de cette mutation.

Sa caméra saisit les émotions, l’intensité du moment alors que chaque modèle, revisité pour l’occasion donne à voir l’apport majeur de JPG à la mode et à la vie, à la condition féminine, à l’acceptation des différences. Par contre-coup c’est la fadeur d’une fast fashion sans fantaisie qui nous saute au visage, les menaces qui pèsent sur la tolérance et l’ouverture d’esprit qu’on mesure devant ce déferlement de joie et de larmes mêlées.

——————–

Le titre du document est finement pensé, comme si JPG, sensible à ces changements peu amènes, s’en dégageait, avec le sourire et une forme de soulagement, quittait un espace dans lequel il est de plus en plus difficile de s’exprimer librement. Pour retrouver un regain d’inventivité dans d’autres terres esthétiques, plus vertes, moins étriquées ? L’avenir nous le dira.

Et plus si affinités

https://www.france.tv/documentaires/art-culture/1959893-jean-paul-gaultier-se-defile.html