Dans les coulisses du Paris Burlesque Festival

Pendant que Delphine se livrait à des interviews hautes en couleurs avec des étoiles de la scène burlesque je furetais dans les coulisses. Voici le récit d’une plongée dans la bulle magique du festival, côté backstage et bénévole.

Faire le festival en y travaillant se prépare longtemps en avance, fin juin et plus intensivement dès septembre. D’abord les réunions avec l’équipe, la programmation et la communication avec les artistes, des mails, des tonnes de mails, les visites de bars et autres lieux pour poser des affiches, des flyers… Puis le festival. Pas de répit pendant 4 jours, il faut que les horaires soient respectés, que chacun et chacune soient bien accueillis, que tout le monde ait répété à temps et soit en costume quand Juliette Dragon présente les shows sur la scène du forum de la Bellevilloise.

Jeudi 18 octobre, ouverture des portes et lancement du concours Miss Paris Burlesque. Des artistes en quête de reconnaissance débarquent du monde entier: Italie, Pologne, Angleterre, Hollande, États-Unis, Poitou… Elles sont fébriles et ont hâte de découvrir l’ordre de passage. Les membres du jury arrivent en début de soirée, une costumière, un plumassier et un styliste présideront l’assemblée avec Trixi Tassels, vedette burlesque néozélandaise, Scarlett Martini, star italienne et bien sûr Juliette Dragon, maestro du festival au côté du fidèle Seb le Bison. À la fin du spectacle, retour aux loges, les filles se rhabillent et se remaquillent avant de monter découvrir les résultats sur le ring de l’Hacienda de la Muerte. Chacune repartira avec un sac rempli de petits cadeaux et les gagnantes auront un diplôme et un présent spécial d’un membre du jury. Aujourd’hui le club n’est pas ouvert et l’Hacienda ferme ses portes à deux heures. Les jambes fourbues et un quart d’heure de taxi plus tard repos du guerrier avant de rempiler le lendemain.

Vendredi dans la salle du forum c’est la revue  » Pretty Little Monsters  » enchaînement de scénettes où des créatures de rêve ou de cauchemar (mais glamour le cauchemar !) se suivent. Les artistes arrivent en début d’après-midi et l’organisation inaugurée la veille se remet doucement en place. Signature des droits d’utilisation d’image, rappel des horaires de passage aux stars, enchaînement des répétitions en temps et en heure… Tout roule. Quand le public investit la salle tous les artistes sont en costumes dans la mezzanine qui surplombe la scène, avec des rafraîchissements et des gentils bénévoles pour veiller à leur confort (non ce n’est pas de l’auto congratulation !). Oui tous les artistes car même à 1 contre 100 le masculin l’emporte… Charly Voodoo artiste boylesque – du burlesque au masculin – présente un numéro de veuve hispanique éplorée qui se révèle être un fougueux toréador à la fin du numéro. La revue terminée au bout de la 2ème représentation un peu avant minuit les artistes retournent en coulisses où des bulles les attendent. Elles trinquent et filent à l’Hacienda flâner voire présenter des numéros pour certaines !

La charmante suédoise Ivoncita donnait chaque soir un show rodéo sur un piment à bascule, muy caliente et très impressionnant ! La nuit au club est branchée électro swing / jazzy, Typoboy requin des platines souvent acoquiné avec Neopopart , officie au mix accompagné par DJ Sabotage, arrivé d’ Allemagne avec Tronicat la Miez, une des vedettes burlesque du festival. Ici aussi il faut s’occuper des artistes qui passent sur scène, surveiller les horaires bien entendu et veiller à ce que personne ne manque de rien. Au petit matin, cette fois-ci aux alentours de 6h quand le club ferme, un taxi me dépose à nouveau dans mon pied à terre temporairement parisien.

La journée du samedi s’annonce longue et difficile, toute l’équipe accuse la fatigue de deux jours d’ouverture intenses et le pic de fréquentation reste à venir, il faut être prêt ! Le schéma des jours précédents se répète, avec un peu moins de perfection. Les artistes sont plus nombreux dans la revue «  Voodoo Western  » que la veille et les répétitions s’en ressentent. Mais à l’ouverture au public tout le monde est passé sous le regard attentif de la régie, son et lumière ont été mis au point et nos artistes attendent patiemment dans la mezzanine. La salle est comble et la température monte rapidement. Plusieurs performeuses jouent sur des registres enflammés et à la fin la sulfureuse Trixi Tassels récolte une ovation pour son numéro tout feu tout flammes de cowgirl dévêtue. Le spectacle est clôturé par l’hilarant japonais Gilbert de Moccos, artiste charmant malgré les importantes difficultés de communication avec l’organisation, lui parlait peu anglais et encore moins français et nous ne maitrisions malheureusement pas le japonais. La soirée continue avec des animations à l’Hacienda de la Muerte ambiancée par Sylvanie de Lutèce, maitresse des platines, et la Nuit Fatale au club avec en prime un concert de Rikkha, le groupe garage punk de Juliette et Seb, des plus survoltés. Seb prend ensuite les commandes des platines, en alternance avec le DJ rock’n’roll Herr Dokter venu des Pays-Bas. Comme la veille la nuit est courte – enfin vous savez cette partie de la nuit où on dort, celle qui a plus ou moins disparu pendant ces 4 jours de festival – le lendemain il faut être d’attaque à 10h pour le Burlesque Bazar et la scène ouverte !

Dimanche donc pas de repos pour les braves et une petite équipe arrive dès la fin de matinée pour préparer la salle du forum, la seule ouverte en ce dernier jour, à l’arrivée du public. Les créateurs montent leurs stands pour le Burlesque Bazar, Rocking Malek qui va s’occuper de l’animation musicale avec sa guitare acoustique s’accorde et les filles passant à la scène ouverte se préparent, des maquilleuses sont là pour elles dans les loges. Dernière présentation micro de Juliette sur la scène du forum, un petit coup de balai pour envoyer les paillettes sur le premier rang et hop, dernière revue du festival. L’ambiance est détendue, le public avenant et les artistes investissent la scène avec énergie, pour la première fois pour certaines ! Scarlett Martini, outre sa participation au jury de Miss Paris Burlesque Festival et ses passages sulfureux dans les revues les jours précédents, tient un stand avec son compagnon David. Elle regarde avec attention les filles défiler sur scène et applaudit avec chaleur. Voilà une approbation qu’il fait bon recevoir ! A 17h il est temps de fermer les portes, et même si public chéri, nous t’adorons, ça fait du bien ! La sensation d’avoir participé activement à quelque chose de beau et de réussi remplit progressivement nos esprits et maintenant le grand moment de détente tant attendu peut arriver : after-party avec l’équipe, les bénévoles et les artistes, lâchage total de chacun… Mais tout ça reste en off !

Ce festival a été une expérience magnifique de l’intérieur et d’après les retours public et artistes, un moment magique pour tout le monde. Tout ce qui se fait en amont et en coulisses reste invisible à l’œil de celui qui en profite, une impression d’enchainement naturel se crée sans que personne (enfin je l’espère) ne réalise la masse de travail et d’investissement fourni par toute l’équipe, que je salue ici (non pas que j’aime me saluer moi-même mais surtout les gens incroyables avec qui j’ai partagé ces 4 jours), par l’organisation (big respect) et également par les artistes, dont la perfection scénique est le fruit d’un long entrainement et de nombreuses répétitions.

En conclusion je dirais juste : rendez-vous l’année prochaine !

Galerie Flickr :

http://www.flickr.com/photos/38012720@N02/collections/72157631890134112/

 Et plus si affinités.

Paris Burlesque Festival 2012 : Eros 1 – Thanatos 0

 

http://www.parisburlesquefestival.fr/

http://fr-fr.facebook.com/pages/PARIS-BURLESQUE-FESTIVAL/136881557134

 

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