Dalida : le drame d’une sirène …

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Aujourd’hui, c’est séance de rattrapage avec le biopic Dalida réalisé par Lisa Azuelos et sorti début 2017. Aucun hasard dans le choix de la date : il s’agissait de célébrer les trente ans de sa mort, survenue le 3 mai 1987. Un suicide qui a laissé ses fans inconsolables mais a hissé la chanteuse au rang de divinité, de mythe. C’est ce mythe que la réalisatrice, épaulée par Orlando le frère et producteur de Dalida, s’efforce de dépasser pour saisir toutes les nuances d’une femme en souffrance.

Ce qu’elle parvient à faire avec ce film saisissant, véritable contre-point de Cloclo, autre biopic de qualité signé Florent Siri et sorti en 2012. Car il s’agit de faire le lien entre la carrière de l’artiste et la vie de la femme, deux visages cristallisés par la talentueuse Sveva Alviti. Et bien sûr, ces deux facettes sont en totale contradiction, tissant un chemin de vie complexe, pour ne pas dire contradictoire, une véritable blessure qui jamais ne se fermera.

Creusant cette blessure née de l’enfance, avivée par le suicide de l’aimé parfait, ultime et incomparable, des amants qui s’enchaînent, princes charmants fascinants/fascinés qui trop vite révèlent leurs faiblesses humaines : comment lutter avec celui qui s’ôta la vie par principe, pleuré dans le sang, la colère et l’impuissance ? La mort du ténébreux Luigi Tenco marque un tournant de ténèbres qui absorberont progressivement cette sirène malgré elle, mangeuse d’hommes qui se nourrit de la détresse amoureuse pour illuminer son art.

C’est l’équation qui ressort de ce récit palpitant : souffrir toujours, même, surtout quand le bonheur est à portée de main, qu’il faut avorter, pour servir sa part de sacrifice à la Musique toute puissante. Pudeur, discrétion, retenue et élégance : la réalisatrice adopte les caractéristiques de son personnage traçant la ligne esthétique de son film, tout en nuances, en subtilités. Rien de scabreux dans cette biographie, rien de scandaleux ni d’osé pour retracer le parcours d’une égérie qui pourtant choqua par sa modernité, sa liberté assumée, dans son intimité comme sur scène.

Polarisa-t-elle le malheur sur ceux qui l’ont aimé ? A l’inverse fut-elle attirée par des maudits en gestation ? Personne jamais n’aura la réponse à cette question. La belle sirène, pour sa plus grande affliction, resta seule, dans ses désirs d’amour, le chantant d’une mélodie à l’autre sur sa scène rocher, adulée et incomprise jusque dans une mort choisie et programmée. Le film permet de redécouvrir ces chansons, prêtant à chaque parole un sens jusqu’alors occulté par les paillettes et les spotlights. C’est probablement, outre la prestation des différents comédiens convoqués, cette lecture musicale qui distille l’émotion dans chacun des plans de cet biopic somptueux et si juste.

Et plus si affinités

http://www.pathefilms.com/film/dalida

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