Daimyo – Seigneurs de la guerre au Japon : puissance, prestige et rituel

Photos © Stéphane Ruchaud

Sabre au poing, regard farouche, affrontant courageusement une foule d’ennemis déchaînés, le samouraï a durablement marqué l’imaginaire occidental fasciné par la somme conséquente de films, illustration et BD qu’on lui a consacré. Halte au romantisme ! Le samouraï était avant tout un élément essentiel d’une société fondée sur la guerre comme art de vivre. Et l’exposition Daimyo – Seigneurs de la guerre au Japon d’en rappeler le socle, les principes et la longévité, ainsi que l’audace esthétique. Car la puissance guerrière, liée à une hiérarchie féodale dominée par ce type de gouverneur, doit s’accompagner d’une parade, d’une gloire symbolisée par l’armure, le décorum qui l’entoure.

Segmenté sur le musée Guimet, l’ Hôtel d’Heidelbach et le palais de Tokyo (avec une installation beaucoup plus moderne de l’artiste George Henri Longly), ce parcours confronte sabres, poignards, armes, armures, vestes, casques, drapeaux et oriflammes, déroulant ainsi une fresque particulièrement pertinente, où l’art de la guerre à la japonaise transparaît dans sa splendeur et sa codification. Pour sûr, s’il s’agit de se protéger et d’être offensif au moment de la bataille, le but de ces parures est aussi d’impressionner, de marquer son rang, son statut dominant par rapport à ses subalternes, l’étendue de sa valeur par rapport à ses pairs. Difficile en détaillant ces trésors d’orfèvrerie, ces véritables œuvres d’art d’un prix certain, de ne pas envisager le rapport de force, la violence, canalisée un temps, comme théâtralisée.

Ritualisé, mis en scène, le combat devient une scène, qui définit un espace sacré où les forces s’affrontent, dans un besoin viscéral de repousser ses limites, de conquérir. Avec majesté, prestance, tandis que chaque armure présentée statufie celui qui l’endosse, le métamorphose en idole, devient son excroissance, symbolisant son aura, son ancrage, sa légitimité même quand il est absent. Ainsi l’identité du Daimyo dicte la tournure de son équipement, original, audacieux, somptueux, c’est son ADN, la preuve de sa force. Un objet magique, presque un talisman, qu’il faut rehausser de toutes les beautés possibles afin de briller, d’affirmer au moment son statut.

Et plus si affinités

http://www.guimet.fr/event/daimyo-seigneurs-de-la-guerre-au-japon/