Cuba, Batista et la mafia : des causes d’une révolution 

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Trop souvent synthétisée en deux trois phrases réductrices au détour d’une page de livre d’Histoire, la crise cubaine fait les beaux jours de la Guerre Froide dans l’esprit de nos chères Terminales. C’est zapper un peu vite la triste et peu glorieuse réalité qui se cache derrière cet épisode. En une heure de documentaire fourni et étayé, les réalisateurs Bernhard Pfletschinger et Hans-Peter Weymar nous affranchissent sur la fracassante vérité à l’oeuvre dans cette île que la mafia transforma avec l’aide d’un dictateur et la bénédiction des USA en véritable bordel de luxe.

Étape par étape, ce sont les temps forts de ce noyautage économico-politique qui sont autopsiés. Depuis l’intérieur puisque l’équipe de tournage se rend directement sur site pour filmer les vestiges de cet empire, hôtels et casinos, résidences présidentielles et grandes demeures : pour raconter la récurrente histoire d’une junte de puissants prêts à toutes les compromissions pour s’enrichir toujours plus et jouir sans répit du luxe et de la débauche, y compris à l’alliance avec les pires criminels qui soient.

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Progressivement Lucky Luciano et Meyer Lansky, têtes pensantes du banditisme organisé sicilien et juif vont mettre Cuba en coupe réglée, prêts s’il le faut à séparer le territoire d’un canal pour repousser la partie la plus miséreuse de la population loin des palaces et des villes de luxe. Le tout avec l’aval et le soutien d’une CIA désireuse de renforcer sa poigne sur un secteur stratégique et de neutraliser d’éventuelles poussées communistes. Prostitution généralisée, trafic de drogue, extorsions en tous genres … Cuba de fil en aiguille va devenir un état mafieux. Un Eldorado du crime. Il faudra une révolution pour balayer cette chienlit, d’une main ferme et sans pitié, pour lui passer l’envie de recommencer.

Documentaire partisan ? Le film jamais ne fait l’éloge du castrisme. En revanche il met en exergue la corruption latente qui a rongé les institutions, mis en mal toute une population, freiné le développement d’un pays déjà vampirisé par les grands propriétaires terriens peu soucieux du bien-être de la majorité des habitants parqués dans une pauvreté effroyable, sans soins, sans éducation. C’est d’indignation qu’on frémit en visionnant ces images, en écoutant les témoins, les spécialistes du sujet raconter la collusion entre Baptista et les généraux mafieux : car c’est d’une stratégie diplomatique assumée dont on parle, qui laisse démunis des millions de gens, les réduisant à rien à l’heure des Trente Glorieuses.

Scandaleux est un mot trop faible.

batista

Et plus si affinités

http://www.arte.tv/guide/fr/045196-000/cuba-batista-et-la-mafia

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