Claude, un empereur au destin singulier : une exposition pour faire le point !

Et il y en a besoin car ce pauvre Claude a longtemps souffert d’une réputation assez détestable qu’il ne méritait guère, le pauvre Monsieur. Sénèque, Tacite, Suétone pour ne citer qu’eux, lui ont taillé un costume biographique peu amène et qui a perduré au travers des siècles jusqu’à ces dernières années. Heureusement l’Histoire n’est pas une science exacte, et les recherches récemment effectuées sur la Rome antique ont permis de rectifier le tir.

D’où l’exposition Claude, un empereur au destin singulier orchestrée par Geneviève Galliano assistée de François Chausson pour le compte du Musée des Beaux-Arts de Lyon. En douze étapes chronologiques, les deux commissaires exfiltrent l’image de l’empereur par défaut, souffreteux et manipulable, marié un nombre incalculable de fois avec principalement Messaline puis Agrippine. Et nous voici sautant à pieds joints dans la tragédie racinienne Britannicus, fils de Claude écarté du pouvoir par l’ombrageuse épouse qui lui substitue son rejeton Néron.

On vous l’a dit, la légende a la peau dure. Pourtant Claude fut autre ; né à Lyon, rapatrié à Rome pour y être éduqué comme un lettré, il est écarté du pouvoir par sa famille qui ne veut pas laisser sa chance à ce gamin boiteux et bègue. C’est Caligula qui l’introduira dans les sphères du pouvoir, et tout naturellement, sans forcer, presque à son corps défendant, Claude devient empereur à la mort de ce dernier, puisqu’il est le dernier représentant du clan. Il a 50 ans et va régner 14 ans avant de mourir terrassé par un plat de champignons toxiques … ou par le poison.

C’est un intellectuel fin et cultivé qui accède ainsi à la plus haute autorité pour engager réformes, grands travaux et conquêtes militaires d’importance. Pertinent, il place des affranchis aux postes clés, tant pis si cela déplaît aux patriciens, érige des aqueducs en pagaille, démultiplie la capacité d’Ostie pour en faire le plus grand port du monde romain … et agrandit le territoire en y ajoutant la Mauritanie, la Thrace … ou le sud de l’Angleterre (les amateurs de Kaamelott apprécieront).

Son coup d’éclat demeure la table claudienne, texte conséquent dans lequel il défend le droit des notables gaulois à devenir magistrats de l’empire, s’intégrant ainsi complètement dans ce formidable ensemble pour participer à sa destinée. Bref un sacré gestionnaire qui se préoccupa du bien-être de ses sujets et de la santé de ses états. Particulièrement documenté, le parcours d’exposition donne à voir les différentes facettes de cette gouvernance et la manière concrète dont elle a modifié cet univers.

On appréciera par ailleurs les activités planifiées pour animer ce propos, conférences, visites à thème, langue des signes, découverte de la Lugdunum claudienne, représentations théâtrales et lectures en partenariat avec le TNP Villeurbanne … soit une programmation particulièrement pointue pour découvrir un des citoyens les plus prestigieux de la belle Lyon.

Et plus si affinités

http://www.mba-lyon.fr/mba/sections/fr/expositions-musee/expo-empereur-romain/empereur-claude

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