Cirque / Ivan Mosjoukine : quand les Subsistances se transforment en laboratoire.

Du cirque hautement cinéma !
On peut entendre : “Le cirque est un art qui se cherche.”, Ivan répond : “Oui, c’est vrai, le cirque est un art de recherche.” Ivan, c’est Ivan Mosjoukine, quatre jeunes circassiens qui ont pris pour égérie une grande figure du cinéma russe. Des sensations, des trajectoires étranges, mêlant corps intenses, images et cut-up. Du cirque qui réinvente sa grammaire de base entre émotions, intelligence, humour, virtuosité et engagement. Ivan Mosjoukine tente l’invention d’une p­oétique du cirque. Un premier spectacle que l’on attend.

 

Voici comment les Subsistances annoncent « De nos jours » :

Bande annonce « De nos jours… » Ivan Mosjoukine / réalisée en sept 08 from Les Subsistances on Vimeo.

 

 

Bande annonce éloquente pour présenter un spectacle d’avant-garde où la dure tradition du cirque à la russe rencontre le cinéma slave. Nous avons eu la chance d’assister aux répétitions de ce spectacle. C’était en mai/juin 2011. Le soleil chauffait Lugdunum City et Mr Q. étrennait là sa première accred officielle en forme de rite initiatique pour marquer ses 18 printemps.

 

Un gros morceau car les Subs occupent une place reconnue dans la vie culturelle lyonnaise, entre prod de spectacle, lieu de répèt et de résidence. L’occasion donc pour notre rédacteur de revenir sur la politique de l’endroit et son rôle déterminant.


C’est dès le premier pas dans la cour des Subsistances, dès le premier pavé bien usé sur lequel on pose son pied, qu’on sent que ce lieu est chargé d’histoire. Les bâtiments, plus imposant les uns que les autres, se dressent alors autour de vous, et pourtant, rien d’inquiétant, le soleil brille, les oiseaux chantent, les couleurs pastels des bâtiments égayent l’atmosphère et donnent à ce lieu comme un goût de vacance,s ce n’est pas d’ailleurs les quelques badauds couchés sur les chaises longues du restaurant des Subsistances qui m’auraient contredits.

Malgré ce terrible chant des sirènes nous promettant bronzette et rincette, Delphine ne flanche pas et sans que j’aie le temps de douter me mène d’un pas décidé vers l’objet de nos préoccupations : le laboratoire de création des Subsistances. On plonge alors dans le coeur même des Subsistances, l’objet de toutes les préoccupations de ses directeurs : le processus de création artistique. Dans ce petit laboratoire, une scène délimitée par du scotch, un petit gradin, quelques personnes et beaucoup de fouillis. On y trouve toute sorte d’objets, un escalier, de nombreuses cordes, un jukebox dans la force de l’âge, des instruments, une fresque d’idées scotchée contre un mur. Tout ceci ne constitue ni plus ni moins que la boîte de petits chimistes dont la troupe Ivan Mosjoukine  a besoin pour créer son spectacle.

Après une visite guidée rapide mais néanmoins très instructive, l’idée que je me fais des Subsistances semble se rapporter à deux termes, peut-être trois. Les deux plus importants sont certainement « Expérience » et « Mélange ». En effet, l’expérience est au centre des Subsistances, premièrement parce que chaque laboratoire digne de ce nom teste en  permanence, ici les artistes sont les scientifiques chacun ayant ses spécialités (danse, théâtre, musique et cirque), et deuxièmement parce que le lieu même des subsistances et son concept sont expérimentaux.

Ce qui fait que les Subsistances sont un lieu unique c’est qu’elles abritent dans la même enceinte un laboratoire de création pour les artistes du monde entier et une école d’art, l’Ecole Nationale des Beaux-Arts. Sont ainsi mélangés artistes et apprentis, comme sont mélangés les bâtiments militaires aux bâtiments des Soeurs Visitandines (premières occupantes du site).

Enfin le dernier terme qui semble parfaitement illustrer l’esprit de l’endroit est « Utopie ». Mais une utopie pleine d’espoir, utopie d’une institution qui s’est donnée pour mission d’ouvrir le dialogue entre l’artiste et son public, une institution qui a aussi pour vocation d’ouvrir les portes de l’art aux plus jeunes, et de faciliter l’accès à l’art, l’accès à la culture.  Les Subsistances sont donc un fort de résistance artistique placé entre la colline qui prie et la colline qui tisse, à Lyon, qui vous ouvre sans cesse ses portes pour vous permettre d’approcher, de toucher du doigts le processus de création artistique des artistes de demain.

Et plus si affinités

http://www.les-subs.com/