Cinéma / Electrick children : Saint Joseph était un skater …

Rachel a 15 ans. Une toute jeune fille, pleine de vie, d’humour, éspiègle, spirituelle, … et mormone. Mormone tendance dure, isolée qu’elle est dans la communauté que son père tient d’une main de fer gantée de velours.

Pour vous dire, c’est seulement le jour de son anniversaire que la jeune fille découvre ce qu’est un magnétophone, pendant sa profession de foi, enregistrée par le patriarche comme le veut la loi. Et cet appareil de beaucoup l’intriguer. Elle le retrouvera à la cave, écoutant enfin et pour la première fois le son de sa voix, puis une cassette trouvée dans un tiroir.

Sur cette cassette une chanson, « Hanging on the téléphone », du rock 70’s, un truc insipide mais gentiment dansant. Une révélation dans tous les sens du terme puisque quelques temps plus tard, la demoiselle se révèle enceinte. Sans avoir eu de rapport affirme-t-elle devant ses parents incrédules, persuadés qu’elle a fauté avec son frère et qui bannissent celui-ci.

C’est sans compter avec la fougue de Rachel qui part à la recherche du mystérieux chanteur, son frère sur les talons, sillonnant Vegas et ses alentours, allant de rencontre en rencontre, découvrant le monde dans ce parcours initiatique aussi inattendu que plein de fraicheur et de liberté : concerts de rock, squats d’artistes, parcours de skate, … dans un univers borderline où chaque ado se cherche entre drogue et alcool, Rachel apporte une volonté, une conviction que reflète son lumineux visage d’enfant.

Le premier film de Rebecca Thomas certes pêche par certaines maladresses, mais il comporte tous les éléments d’une fable moderne dont la morale demeure notre choix et notre responsabilité : l’important n’est pas tant cet enfant que porte Rachel que la foi qui anime cette gamine soudainement ouverte au monde et à la liberté par la conscience d’une grossesse miraculeuse. Que le miracle soit acté par une voix, une mélodie ? Cela devient symbole de ce que la curiosité peut enfanter comme progrès, comme changement.

Une lecture moderne du Verbe Créateur qui anime les dieux, les prophètes, les poètes et les artistes. Le regard émerveillé et timide de Julia Garner, ses traits qui rappellent ceux de Olivia de Haviland incarnant la Vierge dans le Jesus de Nazareth de Zeffirelli : une grâce raphaélique, l’allure des modèles de Botticelli, de Vinci, qu’elle partage avec son partenaire Rory Culkin, moderne Joseph qui a troqué l’établi pour le skate board.

Tous deux sont touchants et simples à la fois dans leur quête de plénitude, cherchant à tout prix à échapper au monde adulte et à ses pièges. Un film à voir pour son originalité, sa douceur, les rêves qu’il porte en germes.

Et plus si affinités

http://www.electrickchildren.com/

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