Chorégie d’Orange 2011 : Aida on the screen

Eté = festivals. Une équivalence désormais bien ancrée dans les consciences même si malheureusement tout le monde n’a pas accès à ces évènements.

Printemps de Bourges, Eurocks, Rock en Seine, … partout dans le public, le même refrain : le budget ! Pass festoche + transport + logement + nourriture = un coût qui dans le meilleur des cas peut se limiter à 150 euros pour les adeptes du système D.  150 euros, un trou dans une cagnotte déjà bien rognée par la crise. A moins d’un salaire conséquent ou d’une rente viagère, impossible donc de faire la tournée des grands ducs festivaliers. Sans compter qu’on ne peut être en vacances deux mois de suite.

Alors quelle solution sinon celle de se cadrer devant l’étrange lucarne qui a depuis des années compris le parti qu’elle avait à gagner en retransmettant ces évènements ? Certes le web a également pris le relai notamment via des sites dédiés. Mais c’est quand même la télévision qui reste en tête des retransmissions.  Arte, France Télévision, chaînes câblées, … les programmes sont éloquents : toutes y vont de leur programme culturo estival, en tentant de faire mieux que la concurrence pour drainer un public visiblement séduit par les sirènes artistiques.

The ARTchemists ont voulu suivre cette cultural race de plus près. Placée en vigie, notre doyenne, Olinda Coïa, bien installée dans son fauteuil, le chat sur les genoux, le tricot entre les mains.  Pourquoi Olinda ?

  • Parce que c’est notre doyenne donc (66 au compteur depuis le 4 juillet cf notre édito) et qu’elle est représentative d’une tranche d’âge bien branchée sur la télé en quête de ce type de broadcast ;
  • Parce qu’elle a un bagage culturel axé sur le théâtre, la musique classique, l’opéra … un secteur qui jusqu’à présent manquait au catalogue des ARThcemists et qu’il est grand temps d’injecter dans nos colonnes ;
  • Parce qu’elle a connu les grandes heures culturelles, assistant au dernier concert de la Callas, aux prestations de Caballé ou Berganza, Pavarotti, mais aussi aux spectacles de Robert Hirsch, Jacques Charron, Denise Gence … ;
  • Parce qu’en son temps elle a vécu les festivals en direct live, roulant sa bosse sur les gradins d’Orange, les chaises d’Aix en Provence, les théâtres improvisés d’Avignon ;
  • – Parce qu’elle tricote et qu’à  la fin de l’été, après le visionnage d’heures et d’heures d’émissions, tous les rédacteurs de l’équipe auront peut-être une chance d’avoir tous de très belles écharpes aux couleurs du webmag – ça tombe bien une partie de l’équipe migre en Angleterre, comme ça au moins ils auront chaud !).

En bref, c’est donc une pointure que nous plaçons dans les gradins de l’arène médiatique, et connaissant son franc parler, elle ne va pas y aller avec le dos de la cuillère quand il s’agira de pointer du doigt ce qui ne va pas.  Nous entamons les hostilités avec son compte rendu de la retransmission d’Aïda, l’opéra de Verdi aux Chorégies d’Orange qui fêtent d’ailleurs leur 40eme édition. Retransmission assurée par France 2. Résultat des courses ?

D.N.

 

 

 

 

Chorégies d’Orange – France 2 : AIDA sur nos petits écrans

 

 

Hier soir, tricot en main, bien installée dans mon fauteuil, j’ai regardé le programme propose par France 2 :

« Toutankhamon »   présenté par Stéphane Bern dans le cadre des « Secrets d’Historie »

Et

« Aida » le célèbre opéra de Verdi en direct des Chorégies d’Orange.

 

Je dois vous expliquer que je regarde toujours la télé en tricotant. Une vieille habitude.

Hier soir, donc, munie d’un tricot simple à exécuter pour ne pas me tromper dans le point, je me suis propulsée dans l’Egypte antique au temps du pharaon Toutankhamon, bien connu pour la découverte extraordinaire et maudite de sa sépulture, au début du XXème siècle.

 

L’intérêt de l’émission présentée par Bern était double :

– se préparer et disons le vulgairement «d’être  dans le bain » pour  voir et entendre Aida dont l’action se situe en Egypte au temps des pharaons

– faire un voyage dans le temps et dans ce pays.

 

J’ai vu des images splendides et des paysages grandioses. Pour y être allée il y a nombreuses années, j’ai aussi pu constater que le Musée du Caire avait été complètement repensé ; les œuvres y sont maintenant présentées et mises en valeur, contrairement à mes souvenirs où il s’agissait d’un grand capharnaüm où tout était mélangé, les œuvres serrées les unes contre les autres avec peu ou pas d’éclairage.

 

J’ai découvert également comment se faisait la préparation du corps des morts pour la momification. Cette émission a été intéressante et agréable à regarder. Mais je dois avouer que j’attendais avec impatience le début de l’opéra.

 

A 21 H 30 donc Stephane Bern passait le relais à deux présentateurs très surprenants. Julie Depardieu tout de rouge vêtue et ……………. que je ne connaissais absolument pas. Je savais que Julie Depardieu était passionnée d’opéra et de musique classique. Pourtant j’ai trouvé sa présentation tout au long de l’opéra durant les intermèdes et entractes assez ridicule et infantilisante pour le spectateur.

 

 

A 66 ans, j’ai dépassé le stade de la gamine. Ce choix de présentation était-il voulu pour attirer l’attention du public ? On peut se le demander. On peut aussi se demander si cela fonctionne. J’avoue ne pas apprécier spécialement les émissions musicales d’Eve Ruggieri mais avec elle nous étions dans un registre plus adulte.

 

21h45. Enfin le début de cet opéra tant attendu. J’ai vu   de nombreuses fois Aida tant à Orange, qu’à Bercy ou en salle,  il y a quelques années. On se retrouvait toujours dans l’Antiquité. La restitution de cette période est d’ailleurs l’occasion de mises en scènes spectaculaires, notamment quand on attaque le fameux Air des trompettes. Mais c’est la première fois que je vois sur scène des janissaires et un pharaon habillé comme pouvait l’être le gouverneur du Caire à  l’époque du canal de Suez.

 

Le metteur en scène et le costumier ont replacé les personnages dans l’Egypte  de la fin de XIXème siècle au moment de l’inauguration de ce même canal. Quelle surprise !!!!!!!!!!!!!!   Je ne m’attendais pas à cela et j’ai eu quelques difficultés à entrer dans l’opéra dont l’argument est pourtant simple : la fille du pharaon, Amnéris, a une esclave, Aïda, une prisonnière de guerre qui elle-même est fille du roi d’Ethiopie.

Ce pays a été vaincu par l’Egypte. Radamès, le chef des armées de Pharaon, aime passionnément Aïda, elle-même très amoureuse. Mais il est aimé d’Amnéris qui est toute puissante. Quel dilemme !  Toute l’œuvre tourne autour de ces personnages et des sentiments qu’ils éprouvent. Amour, jalousie, puissance, honneur, envie, amour de la patrie … La musique de Verdi est magnifique et l’orchestre dirigé par un chef russe Tugan Sokhiev était parfait.

Pourtant à l’apparition des deux cantatrices habillées telles des femmes de harem, pantalons bouffants et bijoux fantaisie, je ne savais que penser. Même chose pour le décor. L’amphithéâtre d’Orange constitue un casse tête pour un décorateur. C’est un théâtre antique avec une scène monumentale et un énorme mur qui fait que l’acoustique est parfaite. Le scénographe a donc choisi de projeter sur ce mur les éléments du décor – intérieur du temple, intérieur du palais……

Bien entendu, il s’est situé à la fin du XIXème siècle. Le temple d’Isis s’est transformé en intérieur de mosquée, et le palais de pharaon en gynécée. Sur scène 4 statues de sphinx. Au deuxième acte nous sommes précisément dans ce gynécée et nous avons pu voir des chanteuses du chœur seins nus comme dans un tableau de Delacroix ou d’Ingres.

Une fois accepté ce parti pris de situer l’action à une période différente, j’ai aimé. Aida (Indra Thomas) était superbe, très belle, même si sa voix ne tenait pas complètement les aigus et était parfois avalée par le son de l’orchestre. Amnéris (Ekaterina Gubanova) a rempli son contrat. Au fur et à mesure qu’elle chantait sa voix devenait de plus en plus belle. Radamès (Carlo Ventre) était excellent, les seconds rôles parfaits.

 

Le mistral était de la partie mais à voir les spectateurs il semblait faire très bon (une chance dans ce théâtre où les nuits peuvent être très froides). Pendant l’entracte, France 2 a proposé un court reportage sur Saint Petersbourg. Le chef d’orchestre nous faisait visiter la ville où il a fait ses études.  Magnifique, une seule envie y aller….

Ce fut donc une bonne soirée ………. pour moi et pour les spectateurs du théâtre antique qui ont applaudi mais sans débordement particulier. J’attends avec impatience notre rendez-vous d’Aix en Provence pour une Traviata de Verdi avec Nathalie Dessay.

A très bientôt donc !

Olinda Coïa

Et plus si affinités

http://www.choregies.asso.fr/

Un extrait en vidéo

http://culturebox.france3.fr/all/37954/aida-en-direct-des-choregies-d_orange-le-12-juillet-sur-france-2#/all/37954/aida-en-direct-des-choregies-d_orange-le-12-juillet-sur-france-2

 

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