Charles Manson – Le démon d’Hollywood : guitare au poing et auréole maléfique

Il était une fois à Hollywood, Mindhunter 2 … 50 ans tout juste après les massacres Tate et La Bianca, Charles Manson fait toujours parler de lui, saisissant en continu l’imaginaire fasciné des foules. Et ce n’est pas le documentaire de Tom O’Dell Charles Manson – Le démon d’Hollywood qui va changer la donne, loin de là.

En cent minutes gorgées d’archives, de témoignages et de bandes sons, le documentariste, par ailleurs auteur de How the Beatles changed the world et Kraftwerk and the electronic revolution, aborde le cas Manson sous un angle inhabituel : le penchant immodéré du gourou pour la musique. C’est que Manson, avant de fonder la Famille, avait dans l’idée de devenir une star folk dans l’esprit d’un Bob Dylan.

Guitare au poing, textes mystiques en enfilades, il fit même plusieurs maquettes en studio, collaborant avec l’un des membres des Beach Boys, côtoyant des producteurs, sillonnant les soirées organisées par les pontes de l’industrie rock californienne, alors en plein essor. Et invitant ces messieurs à venir trousser ses adeptes au besoin ou profiter de sa came. Le pire ? Le monsieur avait un certain talent …

Qu’il s’employa à gâcher par ses sautes d’humeur et son caractère ingérable. Il prit très mal de se faire évincer du circuit, ruinant ainsi ses espoirs de célébrité. La suite, tragique et horrible, on la connaît. Reste à Tom O’Dell de mettre en lumière ces ambitions qui ont disparu derrière l’atrocité des faits, ainsi que les liens et corrélations existant avec l’univers des studios.

Car on se doute bien que les musiciens impliqués firent tout pour biffer cette relation hautement implosive de leur carnet de bal. Et n’y réussirent pas forcément, le contact avec un manipulateur de la pointure de Manson ayant laissé des traces. Ce sont ces traces psychiques qu’on traque d’image en image, cherchant à détecter la folie dans chaque chanson enregistrée, dans chaque regard inscrit sur les photographies, dans chaque extrait de film …

Et autour de ce mystère, comme une aura sombre, la fin des 60’s, dont il sonne le glas, en même temps que la guerre du Vietnam, le concert dantesque d’Altamont et autres facéties du sort. S’il manque de diffuser la démence de l’époque comme peut le faire le décadent Bobby Beausoleil et autres anges cruels dont nous ne cesserons de recommander l’édifiante lecture, Charles Manson – Le démon d’Hollywood a du moins le mérite de retracer un chemin en l’arrimant dans la réalité sociétale de l’Amérique d’alors. Et sans jamais briser cette auréole maléfique, ni verser dans la caricature ou le larmoyant. C’était l’enjeu.

Et plus si affinités :

https://www.arte.tv/fr/videos/089993-000-A/charles-manson-le-demon-d-hollywood/

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