Cendrillon à l’opéra de Lyon : ballet prestigieux, soirée de gala et action caritative

Depuis 2004, la tradition continue à l’opéra de Lyon : celle du gala de charité. Quand l’élégance se mêle à la culture et au caritatif, on ne peut qu’être impressionné. En ce décembre 2012, dans cet emblématique bâtiment de l’opéra alliant modernité et esthétisme, le décor est de fête pour le si fameux Cendrillon de Prokofiev chorégraphié par Maguy Marin.

Un gala de charité, c’est un peu comme la fameuse scène de la princesse de Clèves, vous savez, celle du bal qui nous fait toujours tourner la tête. C’est un exemple parlant du rôle de la culture dans nos sociétés :

  • Récolter des fonds pour une action de solidarité, cette année celle de la Fédération Nationale des associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale (FNARS) en Rhône-Alpes
  • Ouvrir l’opéra de Lyon avec le beau projet « L’opéra à l’école ».

Bien loin d’une quelconque vulgarisation de l’art, on atteint ici le rôle premier de la culture : l’ouverture sur le monde, soi-même comme un autre, tel que l’écrit Paul Ricoeur.

Pour l’ouverture de cette soirée exceptionnelle qui continuera par un dîner de gala, Maguy Marin, célèbre chorégraphe, nous invite dans le monde onirique et nostalgique de la Cendrillon de Perrault. Ce nom de princesse signifie « vivre parmi les cendres », il nous rappelle notre tendre enfance, dans une version moderne, artistique et profonde. Ce sont des poupées qui s’élancent sur scène pour nous faire oublier les danseurs sous les masques. La musique nous transporte, celle de Prokofiev qui a aussi composé Pierre et le loup ou Roméo et Juliette.

 Dans ce conte toujours actuel, on retrouve toute la dimension du paternel. On peut aussi voir dans le personnage éponyme une double version de la femme, celle qui est sublimée un instant et celle qui dans la simplicité devient plus sauvage. Comment voir ces deux aspects qui paraissent si contradictoires, par le regard de l’homme qui l’observe, la convoite puis quand elle lui échappe, la recherche ? Cette dimension psychanalytique n’est pas la pour ternir la féérie de l’histoire pour enfant, mais la rend toute aussi intéressante pour chacun de nous, petits ou grands. Et la lecture de Maguy Marin devient alors une application dansée de La Psychanalyse des contes de fées de Bruno Betteilhem.

Pourquoi ces masques, au début disgracieux voir burlesques, pour exprimer la beauté d’un conte ? Parce que l’univers de ces poupées nous rappelle l’intemporalité des histoires de prince et de princesse. Nous retrouvons une âme d’enfant, la bonne marraine est remplacée par un chevalier des temps modernes et chacun ferme les yeux, s’imagine participer au bal. L’amour et la tendresse sont évoqués par la beauté de la danse, le décor ne détruit pas le merveilleux mais le sublime. En effet ce palais de carton-pâte nous rappelle la maison de poupée commandée jadispour un Noël. Si la magie nous transporte, la vie quotidienne nous touche, nous assistons à des scènes de vraie jalousie, à de vraies cruautés. Ces poupées nous humanisent.

Quand dans une période de fin d’année nous parlons un peu naïvement de « magie de Noël », nous pouvons ici lui préférer l’expression « magie de l’art ». Ce dernier permet de soutenir une noble cause, de nous émerveiller, nous faire rêver, nous rappelle que la solidarité existe.

Oublions notre belle robe et nos talons, fermons les yeux notre prince charmant viendra peut-être.

Vidéo : ArthausMusik

 

Et plus si affinités

www.opera-lyon.com

http://www.opera-lyon.com/spectacles/danse/fiche-danse/fichespectacle/cendrillon/

www.fnars-ra.org

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