Bowfinger : « cinéma nouveau » et chien à talons

Bon, vu les fils d’actu pourris qui assombrissent nos réseaux sociaux, le visionnage d’un feel good movie s’impose. Dans le registre de la grosse marade déjantée et sans prétention mais qui vous fera vous sentir léger, léger, Bowfinger s’impose comme un incontournable.

Frank Oz tourne ce petit bijou de dérision en 1999 pour y raconter les déboires d’un réalisateur à la ramasse bien décidé à tourner le chef d’œuvre qui le propulsera sous les feux des projecteurs. Problème : Bobby Bowfinger n’a aucun moyen, pas une thune, des acteurs pas forcément bons, un scénario ultra ringard … mais le sens de la débrouillardise, un bagout hors du commun et pas froid aux yeux. Le tout enrobé dans une absence évidente de scrupules. En faut-il plus pour conquérir Hollywood ?

Partant de ce pitch simpliste mais efficace, Oz accouche avec l’exubérance qu’on lui connaît d’une comédie décalée et mordante, où l’industrie du 7eme art en prend plein la tronche, une ode au Do it Yourself à la mode « cinéma nouveau », un hommage à tous ces petits réals, ces comédiens de seconde zone, ces techos de l’ombre, qui s’accrochent comme ils peuvent à leurs rêves de réussite, à leur amour du grand écran dont ils souhaitent marquer l’Histoire.

A l’affiche pour porter ce désopilant délire dont il a du reste écrit le scénario (tout s’explique donc en matière de gags et de dinguerie), Steve Martin, un habitué de Oz avec qui il tourna jadis La Petite boutique des horreurs, Le plus escroc des deux et Fais comme chez toi ! Martin qui endosse le rôle titre avec la maestria qu’on lui connaît. Et pour lui donner la réplique Eddy Murphy, savoureux dans un rôle bicéphale, mi acteur tyran/parano/sectaire fasciné par les petites cheerleaders, mi jumeau simplet cascadeur à son corps défendant et amateur de petits seins.

Le tout ficelé avec un nombre conséquent de situations absurdes et de gags extravagants, chien à talons, recrutement d’équipe de tournage en mode exfiltration de clandestins (ma séquence favorite du reste), et Terence Stamp absolument génial en gourou de secte. Bref si vous avez le blues et besoin d’une bonne crise de fous rires, visionnez Bowfinger en urgence, cela devrait vous faire beaucoup de bien.

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.