Atelier Musée de l’Imprimerie : de Gutenberg au numérique, quatre siècles d’industrie graphique

L’écriture, la plus belle aventure de l’Homme, le socle de nos civilisations, la pierre angulaire de l’Histoire. Une chasse gardée des puissants et des savants, qui progressivement va devenir notre bien commun, grâce à l’imprimerie. Une invention qui tient de la fulgurance miraculeuse, avant de constituer un enjeu technologique d’avant-garde, une pratique généralisée … un marché convoité. Pour s’en convaincre, rien de mieux que de pénétrer l’immense hangar qui abrite l’AMI : Atelier Musée de l’Imprimerie.

Nichée à Malesherbes dans le Loiret, cette institution n’a pas atterri là par hasard. La « Cité du livre » a hébergé sur son territoire moult entreprises d’édition. C’est donc une spécialité locale, un savoir faire qu’il faut transmettre aux générations futures, comme pour mieux saisir les progrès gigantesques accomplis. Ce que le visiteur comprendra très vite en pénétrant ce gigantesque espace de 5000 m² où 150 machines, en état de marche pour la plupart et superbement entretenues, donnent à voir comment la presse de Gutenberg s’est transformée avec les siècles en imprimante numérique.

L’industrie graphique va porter la démocratisation du livre et de l’enseignement, la libération de la presse et de l’opinion publique, la lutte contre l’envahisseur nazi, l’explosion de la publicité, du packaging, la révolution digitale … En témoignent des centaines d’ouvrages exposés, précieusement reliés ou de poche, les unes de magazines affichées sur des dizaines de mètres de linéaire, les collections d’objets imprimés, les affiches, politiques ou culturelles, les sérigraphies d’art …

La disposition du musée, les cartels, les animations, tout est fait pour mettre en regard l’évolution technique des imprimeries, le climat social dans lequel ces mutations interviennent, ce qui les singularise, les créations qu’elles engendrent. En parallèle, on évoque les transformations du support papier, de l’encre, des procédés, qu’il s’agisse de photogravure ou de reliure … Le parcours, extrêmement complet et clair à la fois, transcrit la passion de ceux qui l’ont mis en place.

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Car à l’origine de ce musée, il y a des collections privées, patiemment assemblées, un amour profond pour ces mécaniques d’une rare précision, les constructeurs qui les ont enfantées, les professionnels qui les utilisent. L’AMI se veut un lieu de vie, où tout ce patrimoine continue d’exister et d’inspirer les visiteurs, de toutes les générations. c’est un endroit chaleureux, surprenant, ludique, où on peut soi-même tester les usages via des ateliers, des animations. Profiter d’expositions temporaires pointues.

On appréciera la très grande qualité de la prestation muséale … et sa nécessité à l’heure où le digital perturbe profondément l’acte d’écriture et de publication, autant qu’il le renouvelle.

Et plus si affinités

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