ARTE fait son cinéma : Diplomatie de Volker Schlöndorff

diplomatie

Pour cette 4eme édition dédiée aux films que la chaîne européenne a co-produits, ARTE fait son cinéma met à l’honneur 18 oeuvres représentatives de ses choix artistiques et esthétiques. Parmi elles, la magnifique adaptation de la fameuse pièce de Cyril Gely, Diplomatie, signée en 2014 par Volker Schlöndorff, le non moins célèbre réalisateur de L’honneur perdu de Katharina Blum ou Le Tambour.

Face à l’objectif, André Dussolier et Niels Arestrup incarnent les figures historiques que sont le consul suédois Raoul Nordling et le général Von Choltitz. Nous sommes le 24 août 1944 à Paris, dans une des suites de l’hôtel Meurice, le quartier général de l’état major allemand. L’effervescence règne : pour stopper l’avancée des troupes alliées vers Berlin, Hitler a ordonné de raser la Ville Lumière. Tous les monuments sont piégés, les administrations, les ministères, les ponts, les gares … il ne restera rien. La capitale sera anéantie ainsi que ses 3 millions d’habitants, au même titre que Varsovie, pulvérisée quelques temps auparavant.

Nordling a toujours vécu à Paris, il y est né ; il va tout faire pour convaincre Choltitz de ne pas accomplir l’irréparable. Il lui faudra tout son génie diplomatique, tout son sens de la délibération, tout son esprit pour convaincre ce vieux militaire, dont on découvre au fur et à mesure de ce dialogue qu’il n’est pas si impitoyable et que ses raisons d’agir sont bien plus complexes et tragiques. Le scénario alterne savamment échanges de plus en plus intimes et actions extérieures qui influent justement sur le cours des négociations.

Une manière d’échapper à la tension latente de cette chambre de palace pour mieux la relancer à chaque coup du sort. La pénombre de ces appartements joue sur notre perception, tandis que nous distinguons à peine ces deux personnalités qui se font face, servies par des comédiens hors pair, dont la caméra de Schlöndorff traque sans pitié la moindre expression, le plus léger regard. Nous les voyons vaciller, se ressaisir, se répondre point par point dans une argumentation serrée, qui ne laisse aucun répit. Une argumentation où le quémandeur n’est pas forcément en position de faiblesse, loin de là.

Car Nordling, sous ses airs de fragilité, sa prétendue affabilité, se relève un redoutable adversaire, rusé, patient, maîtrisant parfaitement son sujet. Nous le découvrons calculateur, manipulateur, stratège, … espion, … résistant ? Ambigu jusqu’à la dernière seconde de ce suspens palpitant, ce personnage incarne la suprématie de l’intelligence et du raisonnement sur la force brute et aveugle, dans ce surprenant jeu du chat et de la souris, où doucement mais sûrement la supériorité change de camp, et qui enclenche secrètement la libération de Paris et la fin du IIIeme Reich.

Et plus si affinités

http://cinema.arte.tv/fr/article/diplomatie-de-volker-schlondorff-dimanche-27-novembre-20h50

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