Amazonie – Le chaman et la pensée de la forêt : plongée dans la culture des peuples de la jungle

La dernière fois que nous avions zoomé sur la programmation du Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes, c’était pour cibler Rock ! Une histoire nantaise (toujours d’actualité du reste et jusqu’au 10 novembre). Cette fois-ci, c’est l’exposition Amazonie – Le chaman et la pensée de la forêt qui retient notre attention, puisqu’elle se concentre sur la culture des tribus peuplant le poumon de la Terre.

Des tribus qui entretiennent un lien organique et mental avec la jungle, qui y vivent depuis des siècles, et qui ont intégré ce environnement dans leurs croyances, leur représentation du cosmos, leur décryptage de la réalité, leur créativité également. En témoignent les objets présentés, coiffes, bijoux, armes, instruments de musique, accessoires du quotidien ou équipement des chamans, qui, assortis de photographies et de films, dévoilent un haut degré de technicité et d’esthétique, en partant de matériaux issus de la nature, plumes, bois, écorce, ossements …

Une démarche qui recadre le mythe du Bon Sauvage cher à Montaigne et aux philosophes des Lumières. On efface donc l’idée d’un être candide qui cache son innocente nudité sous une pudique feuille de bananier. Les peuplades amazoniennes sont porteuses d’un patrimoine incroyablement riche et coloré, d’une mythologie et de rites complexes, d’une codification sociale spécifique où le chaman joue un rôle central et vertical puisqu’il connecte les humains, les animaux, les végétaux, la terre, les éléments, les esprits des ancêtres et les forces supérieures qui assurent la cohésion de ce Tout.

Et comme pour nous plonger un peu plus dans cet univers, cette perception particulière du monde et de la nature, nourrie par l’animisme et le profond respect de l’environnement perçu comme une entité à part entière, les architectes genevois Bernard Delacoste et Marcel Croubalian ont pensé une scénographie en écho, dans laquelle on se plonge comme au coeur d’un sous-bois, le plafond imite une lourd feuillage qui filtre la lumière, une salle reprend la structure d’une maison traditionnelle, une autre imite la densité sylvestre … une installation remarquable, qui, il faut le souligner, réutilise les matériaux d’expositions précédentes, dans un esprit éco-responsable notable.

Élaborée à partir des collections du Musée d’Ethnographie de Genève et en lien avec l’association Aquaverde, cette manifestation prend une dimension supplémentaire à l’heure où la forêt amazonienne part en fumée, où les 237 ethnies qui vivent dans cette jungle, déjà amputées de près de 80 % par la Conquista et ses retombées, sont menacées par l’éradication à marche forcée de leur espace vital. Espace vital qui est aussi un peu le nôtre. Et c’est là que le mythe du Bon sauvage continue de fonctionner à plein, qui nous colle notre nonchalance d’occidentaux ultra connectés dans la tronche.

« Back to the trees » revendiquait l’oncle du héros de Pourquoi j’ai mangé mon père … et nous ferions bien d’en faire autant. En attendant, la visite de Amazonie – Le chaman et la pensée de la forêt  s’impose comme la possibilité d’explorer une culture méconnue mais existante, et dont nous avons beaucoup à apprendre.

Et plus si affinités

http://www.chateaunantes.fr/fr/evenement/amazonie

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