Album : Sylvie Kuhn – Je nous aime – 2017

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Vient de paraître le dernier album de la comédienne et chanteuse Sylvie Kuhn, adolescente prodige, ex-muse du Magic Circus, top model du professeur Choron et fille prodigue de retour au pays d’iTunes avec quatorze titres, pour la plupart écrits de sa main, impeccablement harmonisés, enregistrés et arrangés, interprétés dans un style personnel qui accorde finement diverses sources : poésie de fin’amor, chansons d’auteur, antiennes profanes tendance “rive gauche”, variété folâtre, twist yéyé, pop acidulée, swing, rythmes latinos et… yodel.

Sylvie Kuhn a produit elle-même ce bel objet qui a rondeur et consistance de CD, au moment où l’on a tendance à vouloir tout dématérialiser. Elle a su s’entourer d’une fine équipe artistique qu’il nous faut citer : Laurent et Jules de Gaspéris, Vincent Chavagnac, Jean Labbé, Claude Villieres, Oscar Barahona, Eric Le Lann, Philippe Poitel, Marguerite Suchard, Didier, Adam, Sébastien, Vincent… tous poly-instrumentistes de grand talent.

Outre trois standards revisités, l’un, pas très connu, des Beatles, dans sa littéralité originelle (“Baby’s in Black”), l’autre, de Cole Porter, dans un tempo endiablé assez étonnant mais qui fonctionne parfaitement (“My Heart Belongs to Daddy”), l’indémodable “These Boots are Made for Walking” de Lee Hazlewood immortalisé par Nancy Sinatra et le finale apothéotique, tyrolien et comique, en virtuoses vocalises escamotant le signifié, nous avons droit à un gala listant dans un ordre délibéré des chansons déjà entendues dans des concerts parisiens et franciliens de leur auteure, d’autres, nous a-t-il semblé, inédites.

Sylvie Kuhn en concert ©Nicolas Villodre

Le titre du disque serait ambigu s’il ne traitait pas dans sa totalité de la question qui nous soucie tous avec celle de notre court passage en cette vallée de larmes – le “nous” pouvant être ou bien de majesté ou bien réflexif et n’aucunement concerner l’Autre. Ce “je nous aime” jadis utilisé par Michel Fugain dans le contexte d’une marche combative, désigne dans le cas présent un morceau plutôt lyrique (le troisième de l’optique galette), à base de deux accords plaqués par le guitariste-cythariste-banjoïste Laurent de Gaspéris, enrichis d’une ligne de basse, de quelques percussions, d’un lamento à l’accordéon et de la voix extrêmement grave de Sylvie Kuhn dissipant toute double entente – le nous n’étant pas celui du collectif protestataire de tendance coco mais se résumant à un duo ou un couple d’amant se voussoyant.

D’autres tunes, on l’a suggéré, rappellent le revivalisme des eighties, un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître se remémorant lui-même, façon frères Ripolin ou homme qui a vu l’homme, le bon vieil âge d’or des guitares électriques qu’on agrémentait alors de quelques notes au synthé. “Alors, mi amor” peut faire songer aux Stinky Toys, période after-punk. “Entre” a un phrasé gospel qui rappelle un peu celui du “Sixteen Tons” de Merle Travis – lui-même copié-collé par les “auteurs” de “Fever”. Avec l’allusive “Monsieur Untel”, Sylvie porte ses pas du côté de la Butte et des complaintes qui vont avec. “Gamine” est un (auto?) portrait, en forme de coup de chapeau à Gainsbourg, sur une grille de jazz traditionnel, sans tambour ni trompette, mais avec le cuatro, banjo et basse de Laurent et la clarinette de Vincent.

“Conviez-moi”, un peu dans le même genre, a été co-écrit par Sylvie avec feu Moustaki. “Cadeaux pourris” est un texte facétieux de tendance pataphysique (on pense à Boris Vian) soutenu par une rythmique simonandgarfunkelienne sans faille. “Mon transitor” est une publicité clandestine pour une station de radio du service public (France Inter, pour ne pas la nommer). La ballade “Vous” répond à la question que pose le titre de l’album, sur un mode mélancolique qui va bien à l’interprète. Elle est complétée par “La Décision” (celle de partir, cela va de soi, mais il faut bien se séparer en fin d’aventure, de soirée ou d’album!), qui bénéficie d’une composition subtile de Laurent de Gaspéris à base de notes augmentées et diminuées par lui égrenées, la guitare à peine amplifiée.

Et plus si affinités

contact : Eylvis Kuhn sur Facebook

album disponible à Biarritz à la Librairie Le Festin Nu

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