Album : Manceau – I wanna – Monophonics – 2017

Life Traffic Jam avait cristallisé les fondations musicales du quatuor rennais dans une electro pop légère et joyeuse. Avec I wanna, Manceau continue de construire sa route, avec éclat et insouciance, dans un état d’esprit fait de détachement et de volonté.

Les pieds dans l’eau pourrait-on dire en contemplant la pochette épurée de cette deuxième galette, résolument tournée vers une élégante contemplation du monde, un désir affirmé de s’extraire des vicissitudes du quotidien pour n’en privilégier que la magie. Pour preuve, le morceau titre « I wanna », chanson rythmée et poétique invite à une douce rêverie solaire, à l’abandon dans les chaleurs d’une liberté innocente et émerveillée, au son des cloches du paradis.

Il n’y a pas à dire, la philosophie de vie de ces messieurs, véhiculée par dix morceaux ciselés dans cette pop sautillante et comblée dont ils ont le secret, a tout pour oxygéner l’auditeur, à l’heure où le monde nous tombe sur la tête à chaque flash info. Manceau dit « stop », nous invitant à dédramatiser. Eh oui on a le droit de se planter, on a le droit de baguenauder, de lâcher prise : « Nobody’s guide » l’exprime avec un brin d’humour tendre et bienveillant. On ne sauvera pas l’humanité, déjà se préserver sera un moindre mal …

On retrouve de loin en loin cette luminosité propre aux Beatles, à Oasis avec par exemple « Brian », mais la nostalgie imperceptible de la brit pop transparaît également dans « Invisible » où sont énoncés avec beaucoup de nuances la lente érosion des rapports affectifs, quand doucement les amants commencent à ne plus se comprendre. Mais est-ce si important ? Cela ne devait peut-être pas se faire au final. Bref la vie toujours trouve un chemin et l’on rebondit sur la surprise amoureuse d’une nouvelle attraction avec « New Year’s party » …

Manceau par Gaelle Evellin

Et I wanna de dérouler ainsi, morceau après morceau, un besoin de se laisser porter par le monde et le cours du temps, car au final il n’y a que ça à faire si l’on veut être heureux … stoïciens, les gars de Manceau catalysent ici une certaine vision de l’existence qui en dit long sur ce besoin aveugle d’un contrôle fantomatique de l’environnement et de soi-même. Au finish on est mieux les pieds dans l’eau …

Et plus si affinités

http://manceau.bigcartel.com/

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