A l’avant garde : Pierre Leblanc – Traumas 2017

C’est désormais un habitué de nos colonnes, ce qui n’a rien d’un hasard. La force narratives des clichés de Pierre Leblanc se renouvelle de série en série, légitimant à chaque nouvelle créations un article spécifique. Avec Traumas, le photographe demeure dans l’exploration de la psyché humaine certes, mais en interrogeant le rapport de l’individu aux chocs qu’il a vécus.

Comment un traumatisme impacte-t-il l’esprit ? La mémoire ? L’âme ? En quoi détruit-il l’être ? En quoi le façonne-t-il ? Quelle trace laisse-t-il, visible ou non ? Pour tenter de répondre à cette énigme, Leblanc dresse le portrait de victimes, qui voient se projeter en ombres chinoises sur lumières violentes les spectres de leurs bourreaux, les terreurs qui les rongent.

Le père qui viole, le tueur qui matraque, la bouteille qui amoindrit, la drogue qui décompose, la vieillesse qui isole … chaque tableau confronte une silhouette et le cauchemar qui la définit, dans une scénographie quasi brecthienne, toute de vibrations inconscientes, de détresses devinées. On notera le caractère enfantin du trait, la composition proche de l’art naïf, comme si Leblanc choisissait de placer ses photographies dans le champ du conte.

On le sait, les contes n’ont de merveilleux que la cosse, l’intérieur en est atroce, sanglant et injuste. c’est cet oxymore que chaque cliché met en exergue, réveillant du même coup nos propres angoisses. Preuve du savoir faire et de la pertinence de cet artiste qui opère toujours aux marges du subconscient, pour renouveler sans fin l’approche des failles humaines.

Et plus si affinités

http://www.pierreleblanc.be/portfolio/personal/traumas

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