A l’avant garde : Mathieu Laca

Quand l’être implose ? Quand l’intériorité se dissout ? Quand l’imaginaire se dilate ? Quelle question peut exprimer au plus juste la ligne directrice traversant les portraits de Mathieu Laca ? Y en a-t-il une seulement ?

De ces portraits captivants et déstabilisants à la fois, d’animaux, de quidams ou d’artistes célèbres, qui superposent l’intensité du regard, l’épaisseur d’une chair tourmentée, on retient cette anamorphose désordonnée de particules qui s’échappent du visage, le déforment, le décomposent, le propulsent dans une autre dimension dont on ignore tout … la mort à l’œuvre dans la vie ?

Difficile à déterminer … Peut-être n’y a-t-il pas de réponse ? A moins que ce soit le regard de l’artiste que nous prenons en flagrant délit de désintégration ? Laca, fébrile et désincarné, qui a passé sa vie à se réfugier dans l’univers des grands auteurs, des compositeurs célèbres, des philosophes, pour survivre à l’ oxymore familial, pour y puiser un peu d’oxygène …

Pour y dépasser, y sublimer ses peurs, ses rages, ses pulsions destructrices ? Empâtement de la peinture, dérapage de la substance, la couleur se déchire en trois dimensions, à la manière d’un Francis Bacon de prime abord, mais comment ne pas penser à Ray Bradbury, à Richard Matheson ou mieux à H.P.Lovecraft ou Edgard Allan Poe ?

Rappelez-vous : dans Le Portrait ovale, un peintre talentueux en quête de l’œuvre ultime vidait sa belle de sa substance vitale à chaque coup de pinceau pour en charger la représentation qu’il faisait d’elle. Est-ce ce transfert de sève, cette vampirisation esthétique que Laca a réussi à capturer ? La craint-il ou est-ce une délectation ? On s’interroge forcément, et c’est ce qui fait la puissance de son geste artistique …

Et plus si affinités

https://www.mathieulaca.com/peintures-et-reproductions-disponibles

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