A l’avant garde : Mari Shimizu

Que cache le cœur d’une femme ? … Et ses entrailles ? Les anatomistes du temps jadis ont répondu à l’énigme, à grand renfort de planches chirurgicales et de statues de cire exhibant l’organisme des dames et leur pouvoir de reproduction. Pourtant l’énigme demeure, sous l’entrelacs des viscères reproduits.

La japonaise Mari Shimizu l’a compris : le mystère demeure entier, des rêves, des angoisses, des souffrances et des joies alimentées par les arcanes de la vie transmise pour l’éternité. Une passation qui épanouit et fracasse, sanctifie et déçoit. Pour exprimer ces subtiles nuances, la plasticienne façonne ses poupées comme des saintes compassées , puis les éventre avec talent.

Les cages thoraciques s’ouvrent en diptyque sur des paysages bibliques, où l’on dévore la pomme du péché, où l’on se roule dans la fontaine de jouvence, où enfer et paradis combattent, où l’enfant Jésus de dentelles serti entame sa lente mutation vers le firmament … Et nos saintes de porcelaine en affichant leurs gothiques autopsies.

Chaque icône ainsi dérange, avec sa langueur fascinante, sa féminité écartelée … Voici qui en dit plus long que tous les discours sur le statut des filles d’Eve, enfermées dans ces légendes qui les emprisonnent dans la parturition, questionnant au passage cette impossible omniprésence de l’innocence perdue.

Et plus si affinités

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