A l’avant garde : Mad Meg – Les Patriarches

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Mad Meg – Série Les patriarches

Rigueur de l’allure, redingote parfaite, décorations rutilantes … têtes de cancrelat. Des rampants en frac et haut de forme. Si les personnages de Mad Meg posent pour la postérité avec des allures de seigneurs, de capitaines d’industrie, de grands bourgeois portant haut leur superbe financière, ils n’en demeurent pas moins des cloportes à écraser d’urgence. Parce qu’ils sont dévorateurs absolus.

En digne héritière de la Dulle Griet de Brueghel, cette Margot la Folle qui renverse le règne masculin de son pas de mégère, de virago, Mad Meg impose son ordre et sa revanche à l’ordre des mâles. Elle qui a subi la loi inique du phallus jusque dans le berceau familial pourtant censé la protéger, elle règle ses comptes à la pointe de sa plume, étalant en grand format la suffisance risible des puissants au rictus de blatte.

Des nuisibles, de la vermine grouillante, qui dissèquent la femme avec délectation. De tableau en tableau, dérivations des grands tableaux de maîtres, La Leçon d’anatomie de Rembrandt, La Cène de Vinci, satires des portraits photographiques du XIXeme siècle, s’étalent des figures dignes de La Métamorphose de Kafka, des monstres de Lovecraft.

En noir et blanc, chaque œuvre est une symphonie de détails précieux, jusque dans les plis des tissus, autant de phrases minuscules qui intègrent un récit de mot dans le récit d’image. Féministe dans sa globalité, la série Les Patriarches traite au cas par cas de la monstruosité humaine telle qu’elle se dérobe sous le masque hypocrite de la stature sociale.

En ligne de mire, Mad Meg vise et abat le mensonge des apparences, la réussite trompeuse car elle autorise à tort toutes les déviances, toutes les bassesses. L’œuvre est forte, dérangeante, hypnotique, qui réveille les cauchemars … et appelle à leur tordre le cou. Définitivement.

Et plus si affinités

http://www.madmeg.org/

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