A l’avant-garde : La ferme à spiruline – Art-Act

Il y a quelques temps nous chroniquions Silence vert, le dernier opus d’Oudéis, une drôle d’expo expérimentale sise à Le Vigan dans le Languedoc Roussillon. Une sorte de projection utopique dans une fin de monde où art, numérique et gaming seraient nos seules sauvegardes.

Parmi les différentes installations proposées pour assurer la survie humaine, celle-ci :

Une ferme à spiruline, mise en place par Art-Act. Et là vous vous demandez ce que ce genre de bidule a à faire là, et ce que ça peut bien avoir comme lien avec une quelconque œuvre d’art …

La spiruline, pensez donc, une petite algue. Une petite algue très intéressante car extrêmement nutritive, qui prolifère dans tous les climats du moment qu’on possède une souche, une bouteille, un peu d’eau et le coup de main ( « + une température entre 30 et 37°et de la lumière », me souffle Gaspard, l’un des créateurs). Une petite algue qui en cas de famine, de guerre, de pénurie, pourrait régler bien des soucis de carence et aider à s’alimenter sinon convenablement du moins de façon à ne pas mourir de faim. Pas un hasard donc si Art-Act l’a choisie pour illustrer sa démarche artkiviste.

En effet figurez vous que cette serre est pilotée par un jeu vidéo de simulation/construction en réseau  type Farmville. Farmville, ce fameux jeu où quelques 20 millions d’aficionados développent leur exploitation agricole virtuelle, cultivant, vendant, troquant, … une véritable économie factice, née du ludique pur, … et qui pourquoi pas, pourrait un jour devenir action humanitaire.

Imaginez ce type de ferme installée dans un camp de réfugiés en Ethiopie ou ailleurs, où gamins, femmes, vieillards crèvent lentement de faim sous le regard impuissant des médecins et des journalistes dépêchés du monde entier pour assister au massacre avec une larme à l’œil, de la bonne conscience en prime et aucun résultat, puisque des famines nous en traversons depuis des siècles, sans rien pouvoir y faire que maudire le sort et la bêtise humaine.

Imaginez que cette exploitation, implantée en deux/trois jours prolifère de façon exponentielle grâce au pilotage de joueurs qui guideraient les agents sur place dans la gestion du site, en quelques semaines on pourrait régler pas mal de soucis, non ? Une utopie ? Un doux rêve ? Eh bien figurez-vous que l’embryon de ce doux rêve a quand même été conçu avec le soutien de Gaël Alonzo, le BlablaLab, le FEDER-UE, la Direction Régionale des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon, le Conseil Régional Languedoc-Roussillon, le Labomedia, Kawenga, AADN et Furtherfield.

Voilà qui fait beaucoup de doux rêveurs, artistes, techniciens, scientifiques, institutionnels … et en prime cette install va prendre de l’ampleur avec l’implantation d’une ferme en juin 2013 sur un terrain de 20 mètres carrés dans les Cévennes. En parallèle le jeu doucement mais sûrement se scénarise, son design prend forme, pour préparer l’ouverture au gaming en réseau proprement dit. Et ainsi entamer le processus de réflexion pure sur la valeur du jeu comme moteur d’une nouvelle distribution du travail et du management des tâches, comme transfert et répartitions des compétences, comme vecteur d’une nouvelle logique du partage et de l’entraide.

A surveiller de près donc, pour soutenir, promouvoir et protéger. Car nous ne pouvons faire l’économie de pareille avancée.

Merci à Gaspard Bébié-Valérian de Art-Act pour ses explications.

Et plus si affinités

http://www.art-act.fr

http://www.oudeis.fr/silence-vert-exposition/