A l’avant garde : Eliza Bennett – A Woman’s Work is Never Done – 2012

Traduisez « Un travail de femme n’est jamais fini ». Titre à lectures multiples, tandis qu’Eliza Bennett brode ses lignes de vie dans la paume caleuse de sa main. Oui, un travail de femme n’est jamais fini, qu’il s’agisse de construire sa vie, d’éduquer ses enfants, de nettoyer la maison, de s’occuper de son mari … Mais que devient-elle dans tout ça ?

Détournant la technique si fragile, si précise, si féminine de la broderie, Eliza Bennett transgresse la barrière protectrice de la peau pour interroger le labeur d’une vie, enfermée dans les préjugés et les obligations sociales. Pas de douleur à proprement parler rassure-t-elle, juste de l’inconfort, tandis que l’aiguille pénètre la corne, les callosités accumulées par des années de travaux, ménagers ou autres …

Le geste est fort, d’une simplicité touchante, introspectif, méditatif même, dérangeant ô combien par son caractère de semi mutilation consentie, une forme larvée d’acceptation dans l’incommodité, la jouissance silencieuse de la victime qui participe à son sort, s’en prévaut même, pour ne pas avoir à admettre qu’on ne lui a pas laissé d’autres choix que le couple et la maternité comme esclavage.

Si la portée féministe de ces photographies accrochent l’attention, l’artiste britannique s’en défend, préférant dénoncer l’humanité contrainte au travail, jusque dans sa chair. c’est tout l’intérêt que ces différents axes de lecture qui convergent vers une dénonciation fine et élégante de la condition humaine, soumise à l’exploitation, souffrant de son statut d’homo faber.

Et plus si affinités

http://www.elizabennett.co.uk/a-womans-work-is-never-done-text

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