8151 : foulard à lire, à chérir, à en frémir …

Couleurs éclatantes, formes inquiétantes, douceur de la soie, rigueur des finitions … et cette promesse, surprenante, inédite : des foulards à lire. Avec des références précises à des romans policiers aussi prestigieux que tortueux et dérangeants : Mygale de Jonquet, La Dame du lac de Chandler, Rock Béton de Vernon, Le Funiculaire des anges de Chute … Comment passe-t-on d’univers aussi noirs à un accessoire aussi frivole ? Quel secret cache donc 8151, à l’origine de cette étonnante alchimie ?

Quatre chiffres pour un concept

Derrière ces quatre chiffres aux tournures anglo-saxonnes, Charlotte Bisi, lyonnaise d’origine, parisienne d’adoption, héritière d’une longue dynastie de canuts. Cette amoureuse des arts, dévoreuse de livres, plasticienne de formation et grande voyageuse, a longtemps évolué dans l’univers de la mode, plus spécifiquement dans le conseil et la définition de tendances, avant de créer le concept de foulard à lire, qui fédère ses différentes passions.

Les livres qu’elle affectionne particulièrement, qui lui ont parlé, elle en retranscrit les émotions par le dessin, qu’elle imprime sur un foulard. De la prise de note au croquis, il n’y a qu’un pas, qu’elle franchit d’un trait de crayon sûr et inspiré, pour projeter sur la soie sa perception presque organique de la fiction qu’elle vient de parcourir. Les deux ouvrages seront ensuite rassemblés dans un boîtier évoquant les grandes heures de la légendaire collection Série Noire.

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Foulard fonctionnel et narratif

Du noir, du jaune, et une longue citation de Marcel Duhamel en guise d’accroche et d’avertissement ? « Que le lecteur non prévenu se méfie : les volumes de la « Série noire » ne peuvent pas sans danger être mis entre toutes les mains ». De même que ces élégants foulards fabriqués en nombre limité par une entreprise lyonnaise, imprimés à Côme. Deux villes traditionnellement attachées à ce marché de la soie que Charlotte apprécie tout particulièrement, dont elle respecte les codes et les exigences.

Quant au foulard, accessoire incontournable pour toute fashionista qui se respecte, il s’inscrit parmi les intemporels placés dans nos placards, se transmet de génération en génération, peut se nouer autour du cou, au poignet, sur un sac, comme une ceinture … Un objet fonctionnel, chargé de chaleur, devenu œuvre narrative qui déroule une histoire … et déclenche l’échange. Ce n’est pas pour rien que Charlotte fournit en complément de ses carrés le livre qui en a inspiré le dessin.

Tissu à lire

Un livre chiné, avec un passé, un vécu, ce parfum spécifique des vieilles pages … Une invitation à la lecture, de l’ouvrage, du tissu, à l’échange des points de vue. Progressivement l’accessoire de mode devient le point de départ d’une autre perception de la fiction, qu’il pourrait du reste prolonger dans le réel. Le foulard, élément érotique, fétichiste, qu’on imagine au cou de Violette Nozière ou du Dahlia Noir, parfaitement accordé à l’élégance d’une Dita Von Teese, d’une Amélie Nothomb, égayant le sombre tailleur d’une Grace Kelly dirigée par Hitchcock

Rien de surprenant à cela : Charlotte Bisi envisagea un temps de devenir costumière pour le théâtre, le cinéma, la comédie musicale … D’où le caractère spectaculaire de ses motifs, leur tempo si particulier, leur puissance évocatoire. Et leur grande qualité, made in France oblige. Car si elle initie ici un concept moderne qui place l’ornement au cœur d’une démarche intellectuelle de réflexion et d’échange, Charlotte défend par ailleurs des valeurs traditionnelles d’exigence, de qualité. Et un véritable appétit de références et d’influences qui irriguent son imaginaire.

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Elle compte bien ne pas en rester là. Prochaine étape : diversifier sa bibliothèque de foulards en y introduisant d’autres genres littéraires, la science fiction qu’elle adore, la poésie surréaliste sur laquelle elle se penche actuellement, notamment Apollinaire. Et Boris Vian. Des univers complexes, encore, propices à des interprétations diverses. Une véritable carte de visite, élément distinctif de cet ADN créatif en constante ébullition. Et après ? Travailler avec des auteurs sur la conception d’ouvrages en temps réel ? Ajouter au foulard le parfum ? Les saveurs ? Qui sait ? Comme dans un livre à suspens, les surprises ne manqueront pas. Ni les innovations, audacieuses, stylées. A suivre donc : la collection 8151 n’a pas fini de nous étonner.

Merci à Charlotte pour son temps et ses explications.

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