2 automnes, 3 hivers : parcours du moderne trentenaire

Bon tâchons quand même d’affiner les présentations, et restons urbains pour cette journée de Noël : donc celui qui a les cheveux courts c’est Benjamin et l’autre c’est Arman, ils sont potes depuis très longtemps, et ont marqué leur entrée dans la trentaine en manquant de claquer, l’un d’un AVC, l’autre d’un coup de couteau. En tentant de protéger une jeune femme d’un viol.

Et tous deux vont revenir d’entre les morts. Résurrection qui les précipite dans l’âge adulte et la vie de couple. Pas pour rien qu’Arman choisit cette 33eme année de vie pour en changer justement, décidant de laisser sa dépouille d’ado derrière lui pour rencontrer la femme de sa vie, qu’il bouscule du reste au détour d’une allée en faisant du jogging.

Mystère de ces rencontres qui nous font soudainement changer ou qu’on fait parce qu’on a décidé de muter ? Le film de Sébastien Betbeder s’illumine des sourires éclatants et des doutes d’un quatuor de jeunes acteurs sidérants de justesse pour conter les émois de cette génération d’adulescents qui doivent composer avec leurs peurs de grandir trop vite en ratant quelque chose et qui se font mal à force de refuser le bonheur … simplement.

En une heure trente de narration décalée et originale, de cadrages redoutables d’efficacité par leur simplicité et leur dépouillement, où le réalisateur brise les codes établis du récit cinématographique avec une fraicheur roborative et un humour incroyable, nous voyons ces deux garçons affronter la vie et la recomposer pour la construire enfin. Mais qu’est-ce que construire au finish ? Se marier ? Enfanter ? Travailler ? Etre reconnu ? Serrer l’être que l’on aime dans ses bras même si il nous a trahis, non par volonté mais par peur, par honte ?

Nuances, rien n’est noir ou blanc. Rien ne doit non plus être gris mais se teinter des couleurs de la vie. Il n’y a que nous pour le vouloir : nous sommes maîtres de nos choix. C’est le message de 2 Automnes 3 hivers, saisons fraîches qui séduisent tant le metteur en scène, pour leur lumière, le ralentissement du temps, la réflexion qui s’installe dans ces périodes d’hibernation.

Et une sortie un 25 décembre, jour de Noël, naissance de ce futur Christ mort 33 ans après, à l’âge où Arman décide de vivre. Y a-t-il un rapprochement ? Vous le savez nous ne croyons pas aux hasards. Vincent Macaigne, interprète vibrant de ce garçon si attachant, déjà apprécié dans La Bataille de Solférino, apporte cette saveur toute particulière qui fera de lui un des acteurs majeurs du cinéma français de demain, quelque chose de la fragilité ironique d’un Patrick Dewaere.

Et plus si affinités

http://www.ufo-distribution.com/catalogue/2-automnes-3-hivers/

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