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	<title>mindhunter</title>
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		<title>Monster : The Ed Gein story &#8230; ce que mérite l’Amérique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-monster-ed-gein-story/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2025 11:35:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous avions littéralement dévoré Monster 1 et 2, respectivement consacrés aux parcours meurtriers de Jeffrey Dahmer et des frères Menendez. Autant vous dire que l’annonce du troisième volet de la série dédié à Ed Gein nous a mis sur les dents. 2 octobre 2025&#160;: lancement des épisodes ; 3 octobre début du visionnage ; 5 [&#8230;]</p>
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avions littéralement dévoré <em>Monster 1 </em>et<em> 2</em>, respectivement consacrés aux parcours meurtriers de <a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/">Jeffrey Dahmer</a> et des <a href="https://www.theartchemists.com/serie-menendez/">frères Menendez</a>. Autant vous dire que l’annonce du troisième volet de la série dédié à Ed Gein nous a mis sur les dents. 2 octobre 2025&nbsp;: lancement des épisodes ; 3 octobre début du visionnage ; 5 octobre, bouclage du visionnage ; 6 octobre revisionnage du <em>Silence des agneaux</em>. Ça vous l’a fait aussi&nbsp;? Normal. Le binôme Murphy/Brennan a, comme à son habitude et avec la maestria qu’on lui connaît, exploré comment une histoire sordide a engendré un mythe. Avec en toile de fond une réflexion sur ce mérite l’Amérique de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=trump">Trump</a>. Et cela n’a rien de glorieux.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/EDBmpfbnLGk?si=PWok2hN_V4RpH9IK" title="MONSTER: The Ed Gein Story | Official Trailer | Netflix" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/EDBmpfbnLGk?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/EDBmpfbnLGk?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Atrocités de proximité</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ed_Gein">Ed Gein</a> donc&nbsp;: un discret fermier issu de l’Amérique profonde, coincé entre les interdits érigés par une mère castratrice avec laquelle il tisse une relation fusionnelle au-delà du concevable et des fantasmes de dépeçage et de nécrophilie. Maman meurt&nbsp;: Ed, dévasté, perd son seul garde-fou (dans tous les sens du terme) et passe à l’acte, depuis le viol de cadavres jusqu’au meurtre en passant par la fabrication de meubles en peau et os humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les flics qui vont finalement l’appréhender auront du mal à s’en remettre. Les médias se saisiront de cette affaire qui aura un écho international&nbsp;: dans les années 50 en voie de rémission après une seconde guerre mondiale horrifique, on n’imagine même pas qu’un Ed Gein puisse exister et commettre semblables atrocités dans sa cuisine à proximité du centre d’une petite ville du Wisconsin où tout le monde se connaît. Et pourtant…</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-1 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/ed-kemper-film-2025/">Ed Kemper (2025)&nbsp;: anatomie d’un prédateur selon Chad Ferrin</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/extremely-wicked-shockingly-evil-vile-ted-bundy/">Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile&nbsp;: in bed with Ted Bundy&nbsp;?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/">DES&nbsp;: pas une goutte de sang, mais c’est bien pire …</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Autopsier la psyché américaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette histoire va s’enraciner dans la culture américaine, influençant des générations de tueurs en série qui rendront hommage à Gein comme à la matrice originelle de leurs barbaries, ET une floppée de réalisateurs s’emparant de ce fait divers pour le raconter en sanglantes images qui vont transformer le cinéma (à moins que ça soit l’inverse&nbsp;?). <em>Psychose</em> d’<a href="https://www.theartchemists.com/film-hitchcock-mythe-cinematographique/">Hitchcock</a>, <em>Massacre à la tronçonneuse</em> de Hopper, <em>Le Silence des agneaux</em> de Demme&nbsp;: trois monuments filmiques, trois séismes artistiques, trois grandes mutations dans le regard des spectateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas étonnant que Murphy/Brennan, qui, rappelons-le, ont accouché de la superbe minisérie<a href="https://www.theartchemists.com/hollywood-coup-pied-fourmiliere-cinema/"> <em>Hollywood</em></a>, se penchent sur le devenir de la fable Ed Gein, ajoutant au passage des clins d’œil à <em>Maniac</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/">Mindhunter</a></em>. Désireux qu’ils sont d’autopsier la psyché américaine dans ce qu’elle a de plus tortueux, de plus vénéneux, ils ne pouvaient ignorer pareille source. Encore moins la raconter sans y mêler esthétique, humanité et poésie (la déclinaison à l’œuvre dans la saga <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Horror+Story">American Horror Story</a></em>).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pénétrer la réalité d’une démence</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Teintes verdâtres et lumières tamisées, nuances de cadavre en putréfaction, gros plans sur les mains qui caressent les chairs mortes, les doigts qui cousent des peaux de femme, les pupilles qui se dilatent devant des images de sévices, Murphy/Brennan mettent en scène l’atroce du point de vue d’un Gein bercé/rongé par ses visions, ses angoisses, ses désirs. C’est aussi insupportable que superbe, poignant même, et particulièrement perturbant. Car, ce faisant, Murphy/Brennan nous rappellent que ce type martyrisé par une mère fanatique et elle-même dérangée, souffrait de schizophrénie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne pas excuser, ne pas magnifier, pénétrer la réalité d’une démence. Facile à dire, plus compliqué à faire&nbsp;: Charlie Hunnam campe un Ed Gein contre toute attente charismatique, dont on n’arrive jamais à déterminer s’il est un peu benêt ou profondément manipulateur. Autour de lui une palette d’acteurs également impliqués, dont Tom Hollander en Hitchcock dévoré par le monstre filmique qu’il engendre, Will Brill, frénétique Tobe Hopper, ou Vickie Krieps, terrifiante Ilse Koch. Le casting est impressionnant, de même le travail de reconstitution des décors et des costumes, les effets spéciaux, les maquillages, la photographie, les cadrages, le montage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gein, miroir intemporel des peurs de l’Amérique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Effet d’harmonie pour conter le chaos d’un esprit médiocre rongé de démence et évoluant dans un monde parallèle et mortifère où la violence perturbe les genres. Avec <em>Monster&nbsp;: The Ed Gein story</em>, Murphy/Brennan ajoutent leur pierre à l’édifice qu’ils tentent de démonter. Ironie du sort&nbsp;: si, comme le dit si bien Hopper, Gein inspire les films que l’Amérique mérite, tendant ainsi un miroir à ses terreurs le plus profondes (menace nucléaire, guerre du Vietnam, crise économique…), alors quelles peurs modernes ce nouvel opus de la série <em>Monster</em> dénoncent-elles&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les USA de Trump, masculinistes, fondamentalistes et rétrogrades, s’acharnent sur les opposants, les migrants, les femmes, les homosexuels, les transsexuels. Schizophrénique, le pays de la démocratie tourne à la dictature à coup de censure et de discrimination. Combien de Ed Gein à la clé de cette plongée dans les eaux troubles du rigorisme religieux où il ne fait pas bon être une femme ou avoir changé de sexe&nbsp;? Gein, obsédé par le corps des femmes au point de leur arracher la peau pour s’en faire un costume, s’en masquer le visage, n’est pas le transsexuel frustré qu’on a imaginé mais un gynéphile tellement obsédé par la féminité qu’il la pénètre intégralement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Homme parasite et fascination du true crime</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La démembre, l’écorche, la recompose à sa façon pour s’y glisser et y vivre. Peau d’Âne version homme, Hercule recouvert d’une défroque féminine&nbsp;: un homme parasite, adulescent qui détruit les femmes jusqu’à s’emparer de leur être, de leur visage, de leurs formes. Plus qu’un boucher, un ogre mu par ses hallucinations, ses pulsions et qui pour jouir a besoin d’une femme froide, silencieuse, soumise. Morte. Aucun recul, pas de remord, le regard absorbé par les magazines illustrant la barbarie nazie sous toutes ses formes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Difficile de ne pas faire le lien avec le règne des images modifiées par l’IA, images qui inondent nos fils d’actu et entretiennent notre FOMO. La référence à Weegee, photographe new-yorkais qui a dépeint la vie nocturne de Big Apple y compris ses côtés scabreux et sanglants n’est pas anodine. La fascination de Gein et de sa petite amie pour les scènes de meurtre non plus. Alors que le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime">true crime</a> est plébiscité, Murphy/Brennan interrogent cette fascination malsaine et le business qu’elle génère, l’effet Ed Gein qu’elle alimente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains diront que la série, composée de huit épisodes, est trop longue, chronologiquement bordélique. C’est qu’il ne s’agit guère de raconter des faits qui tiennent sur un timbre-poste ou presque. D’ed gein en soi, il y a peu à dire sinon que c’était un tueur dément. Mais c’est l’impact durable qu’il a sur la mémoire américaine qu’il imposte ici d’ausculter. Et la love story sado-maso des USA pour le boucher de Planinfield a de quoi interpeler les consciences. Ce que Murphy/Brennan font avec beaucoup de pertinence et un plaisir non feint.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>The Patient : la psychothérapie à l’extrême</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-the-patient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Aug 2023 09:37:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous êtes amateurs de thrillers psychologiques, de huis clos suffocants, de sensations fortes et de coups de théâtre/tension&#160;? Jetez-vous sans attendre une minute et si ce n’est déjà fait sur l’excellente série The Patient. Vous ne serez pas déçus et pour cause. Un engrenage terrifiant Posons le cadre&#160;: Alan Strauss est un vieux psychothérapeute de [&#8230;]</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel52.jpg" alt="" class="wp-image-36267" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel52.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel52-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel52-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Vous êtes amateurs de thrillers psychologiques, de huis clos suffocants, de sensations fortes et de coups de théâtre/tension&nbsp;? Jetez-vous sans attendre une minute et si ce n’est déjà fait sur l’excellente série <em>The Patient</em>. Vous ne serez pas déçus et pour cause.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/U76BJW_RqvA" title="The Patient - Bande-annonce officielle (VF) | Disney+" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/U76BJW_RqvA?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/U76BJW_RqvA?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un engrenage terrifiant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Posons le cadre&nbsp;: Alan Strauss est un vieux psychothérapeute de confession juive qui n’en finit plus de pleurer sa femme morte d’un cancer et son fils orthodoxe avec lequel il s’est fâché. Sa vie se déroule par automatisme, au milieu des souvenirs, des regrets, de la routine des consultations. Jusqu’au jour où Sam Fortner passe la porte de son cabinet. Sans même le savoir, Alan vient de mettre le doigt dans un engrenage terrifiant qui va le propulser au cœur d’un enfer quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car Sam est un tueur en série&nbsp;; conscient de sa déviance, bien décidé à se soigner, il considère cette thérapie comme son seul espoir de devenir normal. Et il décide de s’y impliquer à fond, 24 heures sur 24. Quitte à kidnapper Alan qui va devoir la jouer très serré pour&nbsp;:</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>empêcher son patient de tuer d’autres victimes&nbsp;;</li>



<li>sauver sa peau car s’il échoue, Sam le liquidera sans pitié.</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Voici donc la ligne directrice de <em><a href="https://www.disneyplus.com/fr-fr/series/the-patient/4lTrRbumnjNn" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Patient</a></em>, petit bijou signé Joel Fields et Joe Weisberg, produit par Hulu et diffusé par Disney + qui confirme ainsi son penchant pour les fictions complexes, les thématiques ardues, les ambiances au couteau, type <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-dopesick/">Dopesick</a></em> et <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-severance/">Severance</a></em>. Séquencé en 10 épisodes d’une trentaine de minutes chacun, le récit est mené tambour battant, alternant montées de stress, confrontations douloureuses, révélations coup de poing et souvenirs poignants autour de petits plats gastronomes faussement conviviaux.</p>



<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire également :</strong></p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-black-bird/">Black Bird&nbsp;: infiltration à haut risque et terreur poisseuse</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-appropriate-adult/">Appropriate Adult&nbsp;: une plongée saisissante dans la psyché d’un tueur</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Humain et atroce à la fois</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car, quand il n’est pas en train d’écouter son patient et d’improviser pour juguler la rage destructrice de Sam, Alan, seul dans son cachot, a tout le temps de revenir sur son passé. Il repense aux petites joies, aux déceptions, aux erreurs. Aux chagrins. Et fait le point comme un condamné à mort dans l’attente de son exécution. À moins que&nbsp;? Survivre à tout prix&nbsp;? Ou bien s’abandonner, lâcher prise&nbsp;? <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Steve_Carell" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Steve Carell</a> apporte à ce rôle complexe autant d’intériorité que d’énergie et de questionnement. C’est que tenter de soigner Sam est un véritable défi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sam, interprété par l’énigmatique <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Domhnall_Gleeson" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Domhall Gleeson</a>, aperçu entre autres dans <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-frank/">Frank</a></em>, qui plante un psychopathe aussi effrayant que touchant. C’est d&rsquo;ailleurs le propre de cette histoire que d’être à la fois horrible et teintée d’émotions. Humaine et atroce à la fois. La relation qui se tisse entre Alan et Sam s’intensifie à mesure que le transfert s’opère, qu’Alan prend petit à petit la place du père dans cette relation tourmentée, mais ô combien passionnante à observer car finement analysée par le scénario. N’en disons pas plus, faites-vous votre opinion. Mais pour sûr, vous ne verrez plus jamais la psychothérapie de la même manière après avoir visionné <em>The Patient</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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			</item>
		<item>
		<title>American Predator : gros plan sur  un profil de criminel aussi retors que dangereux</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-american-predator/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Nov 2022 09:45:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nouveau virage sur l’aile du côté des éditions Sonatine pour parcourir ce petit prodige de précision narrative qu’est le livre American Predator. Ou comment on a appréhendé le serial killer Israel Keyes et ce qu’il advint avant et ensuite. Une course contre-la-montre Direction les USA donc, pour suivre pas à pas l’arrestation d’un des tueurs [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="382" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1.jpg" alt="couverture du livre American Predator" class="wp-image-35174" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1.jpg 382w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1-183x288.jpg 183w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1-315x494.jpg 315w" sizes="(max-width: 382px) 100vw, 382px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Nouveau virage sur l’aile du côté des éditions Sonatine pour parcourir ce petit prodige de précision narrative qu’est le livre <i>American Predator</i>. Ou comment on a appréhendé le serial killer Israel Keyes et ce qu’il advint avant et ensuite.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Une course contre-la-montre</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Direction les USA donc, pour suivre pas à pas l’arrestation d’un des tueurs en série les plus prolifiques du pays. Nous sommes en 2012 dans une petite ville de l’Alaska : une jeune vendeuse travaillant de nuit dans une station service est enlevée lors d’un braquage. Les enquêteurs, peu formés pour gérer une situation relativement rare dans ces contrées où tous se connaissent, doivent improviser. Et rapidement collaborer avec d’autres services de police dans d’autres états. Car le kidnappeur a visiblement embarqué sa victime loin de la zone de rapt. Une course contre-la-montre s’enclenche pour tenter de retrouver Samantha Koeing vivante.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Ce que les enquêteurs ne savent pas encore, mais ils vont très vite s’en douter, c’est qu’ils ont levé un lièvre bien plus gros que prévu. Un profil de criminel aussi retors que dangereux, qu’on arrêtera presque par hasard quelque temps plus tard… au Texas. Et là deuxième temps de cette équipée : faire avouer cet accusé aussi insaisissable qu’une anguille. «&nbsp;<i>J’ai beaucoup d’autres histoires à raconter&nbsp;</i>» avoue avec un brin d’humour Israel Keyes. Ce qui laisse présager que Samantha, dont on ne sait pas ce qu’elle est devenue, n’est pas la seule à figurer sur le tableau de chasse de ce prédateur. Les questions s’accumulent&nbsp;: où est Samantha&nbsp;? Est-elle encore vivante&nbsp;? Quelles sont les autres victimes de Keyes&nbsp;? Où se situent les corps&nbsp;? Pourquoi et comment Keyes opère-t-il&nbsp;?</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Confessions à décrypter</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Journaliste pour le New-York Post, Maureen Callahan choisit un style très direct, très concis pour restituer ce sanglant fait divers daté de 2012. Étape par étape, elle détaille le travail des enquêteurs, comment ils s’organisent, comment ils préparent leurs interrogatoires, la manière dont ils mènent les fouilles. Elle évoque les tensions humaines comme les moments de complicité, les techniques utilisées pour sonder la psyché de Keyes, qui s’amuse beaucoup à jouer au chat et à la souris avec ses interlocuteurs. La moindre faille, il l’exploite&nbsp;: ainsi quand un procureur désireux de se mettre en valeur pour sa prochaine élection décide de mener les interrogatoires, alors qu’il n’est absolument pas formé pour ça. Keyes prend immédiatement l’ascendant.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">C’est aussi tout l’intérêt de ce récit que de découvrir la façon dont un tueur en série manipule en permanence son entourage. Tous les portraits évoquant les grands serial killers évoquent ce point, mais ici, on découvre comment cela se met en place, comment cela se traduit. Au fait de ce phénomène, les enquêteurs se méfient et apprennent à louvoyer pour repérer les moments où Keyes les trompe, quand il dit la vérité. Mais un néophyte se ferait avoir sans même s’en rendre compte. Informations qu’on marchande, discours en demi-teinte, il faut lire entre les lignes de ces confessions qui n’en sont pas. L’atmosphère très particulière de ces échanges, appuyée par des citations, la restitution des paroles prononcées, nous happe et nous déstabilise.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire également :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/serie-documentaire-henry-lee-lucas/" rel="bookmark">Henry Lee Lucas – Parole de tueur&nbsp;: trop de confessions tue la confession</a></strong></li>



<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/livres-john-douglas-origines-profilage/" rel="bookmark">De Mindhunter&nbsp;à John Douglas&nbsp;: les origines du profilage en trois ouvrages clés</a></strong></li>



<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/" rel="bookmark">Monster : The Jeffrey Dahmer Story… une fatalité des temps modernes&nbsp;?</a></strong></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">C’est tout l’intérêt du livre <a href="https://www.lisez.com/livre-grand-format/american-predator/9782355848377" target="_blank" rel="noopener"><i>American predator</i></a> que de proposer une plongée rare au cœur d’une investigation menée pas à pas, avec ses dysfonctionnements, ses révélations, ses temps forts, ses blocages. Et ses frustrations. Keyes se suicide dans sa cellule le 1<sup>er</sup> décembre 2012, au nez et à la barbe de geôliers pourtant avertis du danger qu’il représente. On ne saura jamais le nombre exact de ses victimes ni où elles reposent. Ultime affirmation de toute-puissance, contrôle absolu sur sa destinée et celle des autres. Comme l’explique l’auteure, «&nbsp;<i>N’importe lequel d’entre nous aurait pu être une victime d’Israel Keyes</i>&nbsp;».</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>
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		<title>The Investigation : un true crime tout en pudeur et en intensité</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-the-investigation-true-crime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Oct 2022 10:49:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Question : peut-on évoquer une affaire criminelle sans tomber dans le sordide, le voyeurisme et le racoleur ? Tout en restituant l’intensité des différents temps de l’enquête, les problématiques multiples qui se posent, les émotions contradictoires et des policiers et des proches ? Sans placer l’assassin en position de héros ? Réponse : oui, si [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-35089" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-1.jpg" alt="série The Investigation" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-1-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Question : peut-on évoquer une affaire criminelle sans tomber dans le sordide, le voyeurisme et le racoleur ? Tout en restituant l’intensité des différents temps de l’enquête, les problématiques multiples qui se posent, les émotions contradictoires et des policiers et des proches ? Sans placer l’assassin en position de héros ? Réponse : oui, si l’on en croit la série <i>The Investigation</i>.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/q7Sb0eMaSNs" title="The Investigation: Official Trailer | HBO" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/q7Sb0eMaSNs?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/q7Sb0eMaSNs?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Récit d&rsquo;une course contre-la-montre</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Réalisée en 2020 par Tobias Lindholm, cette série danoise relate <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Mindhunter" target="_blank" rel="noopener">l’affaire Kim Wall</a>. La jeune journaliste suédoise a été assassinée en 2017 alors qu’elle faisait un reportage sur le créateur danois d’un sous-marin. Partie en mer à ses côtés pour l’interviewer et construire un portrait crédible et documenté, elle ne revint jamais. On retrouva son corps démembré, lardé de coups de couteau et probablement violé. Enchaînant les déclarations contradictoires, le propriétaire du submersible a été reconnu coupable du meurtre de la jeune femme.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’affaire, très médiatisée, a créé un véritable choc sur le public scandinave, peu confronté à ce type de criminalité. Entre autres faits d’armes, scénariste très remarqué de la série <i>Borgen</i> et du film <em>Drunk</em>, réalisateur de la série <em>R</em> et de certains épisodes de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Mindhunter" target="_blank" rel="noopener"><em>Mindhunter</em></a>, Tobias Lindholm s’empare du sujet pour en restituer toute la gravité, l’intensité… sans jamais passer par la case “gore” ou “spectaculaire”. Pourtant, sa narration, poignante, s’impose par son traitement du suspense, la tension qui se dégage de cette course contre-la-montre.</span></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Pressions et remises en cause</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Car c’est bien de cela qu’il s’agit : très vite, les enquêteurs comprennent que le propriétaire du sous-marin est impliqué dans la disparition de la jeune fille. Mais de quelle manière ? Et comment le prouver ? Ils ont très peu de temps pour constituer un dossier complet et solide impliquant cet homme insaisissable et manipulateur dont jamais nous ne verrons le visage ni entendrons le nom. Jamais Lindholm ne le montre, tout comme il élude les séquences d’autopsie, les photographies dérangeantes, bref l’arsenal habituel du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime" target="_blank" rel="noopener">true crime</a> fondé sur les détails scabreux, les récits monstrueux.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Il préfère traduire l’horreur de la situation en se concentrant sur cette pression du temps qui passe, tandis qu’on cherche à comprendre ce qui est arrivé, à démêler le vrai du faux dans les dires d’un suspect dont on devine les déviances sans pouvoir en évaluer la dangerosité très exactement. D’autant que l’équipe de police en charge des investigations n’est ni formée ni équipée pour ce genre de traque. Il va donc falloir remettre en cause les convictions, trouver des solutions sur le tas, revoir les points de vue, en un mot “se challenger”.</span></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">La force aveugle d’un destin funeste ?</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">En suivant le déroulement chronologique de l’enquête avec une précision de métronome, en datant chaque étape, le réalisateur communique cette urgence de résultats au spectateur, ainsi que la détresse qui en résulte. Coincés entre un procureur très exigeant, des parents éperdus de chagrin, des médias en quête de scoop, nos limiers, submergés d’émotions intenses, s’épuisent à force de s’impliquer, de se démener pour trouver des solutions, de se remettre en cause. Symbole de leur désorientation, cette mer infinie où ils tentent, par tous les moyens, de retrouver le corps de Kim Wall.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Autre originalité de la série, l’évocation de la victime, journaliste prometteuse, courageuse, morte d’avoir fait son métier. Lindholm, par petites touches, dresse le portrait de cette jeune femme talentueuse, qui, après avoir couvert conflits et crises au travers du monde, a le malheur de croiser la route d’un tueur sordide, misogyne, sadique, désireux de commettre un meurtre parfait par appétit de pouvoir, de domination. La force aveugle d’un destin funeste ? Cela s’est joué à un coup de fil, et la série donne à sentir ce basculement infime mais fatal, et la conscience qu’en ont et les enquêteurs et l’entourage.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Remarquablement servi par un casting talentueux où prédominent Soren Malling (<a href="https://www.theartchemists.com/serie-killing-tragedie-policiere-danoise/" target="_blank" rel="noopener"><em>The Killing</em></a>) et Pilou Absaek (Borgen, <a href="https://www.theartchemists.com/game-of-thrones-la-serie-quil-faut-spoiler/" target="_blank" rel="noopener">Game of thrones</a>), <i>The Investigation</i> s’inscrit à contre-courant de programmes comme <i><a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/" target="_blank" rel="noopener">Monster : the Jeffrey Dahmer story</a>. </i>Plutôt que de mélangent les points de vue, les axes temporels dans une narration alambiquée tentant d’explorer la folie destructrice d’un assassin, Lindholm choisit la simplicité, l’intériorité, et c’est aussi terrifiant, sinon plus.</span></p>
<p align="left"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="left"><span style="color: #000000;">La série <em>The Investigation</em> est disponible sur <a href="https://www.hbo.com/the-investigation-efterforskningen" target="_blank" rel="noopener">la chaine HBO</a>.</span></p>
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		<title>Jeffrey Dahmer et plus si affinités : quoi lire sur le cannibale de Milwaukee ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livres-jeffrey-dahmer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2022 15:09:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35064</guid>

					<description><![CDATA[<p>Notre premier réflexe après avoir visionné la série Monster&#160;: The Jeffrey Dahmer Story&#160;? Foncer dans notre bibliothèque attitrée pour : Et pouvoir écrire une chronique à peu près équilibrée, qui ne s’arrête pas seulement à la narration proposée par les papas de American Horror Story. Pour info, Dahmer n’était pas un inconnu pour nous, vu [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg" alt="livres sur Jeffrey Dahmer" class="wp-image-35065" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Notre premier réflexe après avoir visionné la série <a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/" target="_blank" rel="noopener"><i>Monster&nbsp;</i><span lang="fr-FR"><i>: The Jeffrey Dahmer Story</i></span></a><span lang="fr-FR"><b>&nbsp;</b></span><span lang="fr-FR">? </span><span lang="fr-FR">Foncer dans notre bibliothèque attitrée pour :</span></span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;">vérifier si ce qui est relaté par Murphy et Brennan est exact ;</span></li>



<li><span style="color: #000000;">mesurer ce qui, dans le scénario, est conservé, synthétisé, retouché ou omis ;</span></li>



<li><span style="color: #000000;">avoir une approche plus posée, avec du recul, un regard journalistique, une analyse d’enquêteur, de psychologue, de scientifique, dépourvue d’exagération, de sublimation ou d’affect.</span></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Et pouvoir écrire une chronique à peu près équilibrée, qui ne s’arrête pas seulement à la narration proposée par les papas de </span><span lang="fr-FR"><i>American Horror Story</i></span><span lang="fr-FR">. Pour info, </span><span lang="fr-FR">D</span><span lang="fr-FR">ahmer n’était pas un inconnu pour nous, vu que le sujet des tueurs en série nous passionne depuis pas mal d’années. Mais avec le temps, on oublie certains points, la mémoire fait défaut. Du coup, nous avons voulu nous rafraîchir la mémoire. </span></span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Pourquoi des livres et pas des documentaires&nbsp;</b></span><span lang="fr-FR"><b>ou des films </b></span><span lang="fr-FR"><b>?</b></span></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">O</span><span lang="fr-FR">n sait l’impact des images, la violence des plans, le côté mélodramatique de la musique, les effets de montage sur les interviews. Les documentaires relatant la carrière assassine de Dahmer sont nombreux </span><span lang="fr-FR">(Netflix s’apprête à en publier un nouveau dans le sillage de la série, histoire de rebondir sur le succès de cette dernière et de compléter les opus précédents consacrés à Ted Bundy et John Wayne Gacy)</span><span lang="fr-FR">, mais ils ont un caractère répétitif et racoleur, c’est du reste le fonds</span><span lang="fr-FR">&nbsp;de commerce de tout </span><span lang="fr-FR"><i>true crime</i></span><span lang="fr-FR"> qui se respecte. </span><span lang="fr-FR">Nous avons voulu nous distancer de cet effet spectaculaire, «&nbsp;était-il un tueur né&nbsp;?&nbsp;», ce genre d’approche faite pour faire frémir les foules.</span></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Précisions par ailleurs qu’i</span><span lang="fr-FR">l existe plusieurs films sur Dahmer&nbsp;: </span><span lang="fr-FR"><i>La vie secrète de Jeffrey Dahmer</i></span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR"><i>Damher le cannibale</i></span><span lang="fr-FR"> et </span><span lang="fr-FR"><i>Mon ami Dahmer</i></span><span lang="fr-FR">, inspiré d’une bande dessinée du même titre. Là aussi, nous avons voulu échapper au poid</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> des images, d’autant plus des images liées à des récits fictifs.</span></span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Dahmer : choix bibliographiques</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Précisons que la bibliographie décrivant le parcours sanglant du Cannibale de Milwaukee est très dense. C’est un des tueurs en série les plus médiatisés au monde, même si son score de 17 victimes est moindre que celui d’autres assassins (j’ai honte d’écrire ça, c’est pourtant la triste réalité). Mais c’est l’atrocité de ses crimes qui a marqué, épouvanté et fasciné les esprits. Pour preuve, sa photo figure en bonne place sur les couvertures des ouvrages spécialisés, un peu comme une référence incontournable et un puissant argument de vente. Histoire de découvrir à chaque fois des détails un peu plus morbides et croustillants&nbsp;?</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">En ce qui nous concerne, nous voulions aborder la chose d’un point de vue chronologique, parce que la chronologie est toujours parlante. Elle permet d’identifier le début des violences, leur intensification, l’accélération de l’escalade vers la mise à mort, éventuellement ce qui a pu la déclencher. C’est essentiel pour adopter un regard objectif qui ne noircit ni n’absout. Un positionnement scientifique. C’est aussi l’opportunité de confronter les points de vue, les angles d’attaque du récit macabre. C’est de ce croisement des informations que jaillit une vision plus nette des choses.</span></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire également :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/livres-john-douglas-origines-profilage/">De Mindhunter à John Douglas : les origines du profilage en trois ouvrages clés</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/livre-american-predator/">American Predator : gros plan sur un profil de criminel aussi retors que dangereux</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b><span lang="fr-FR">Quelques livres à parcourir</span><span lang="fr-FR">&nbsp;sur Dahmer</span></b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span lang="fr-FR" style="color: #000000;">Voici donc nos sources, qui ne sont pas exhaustives, loin de là, mais c’est déjà un socle valable pour appréhender le dossier Dahmer, en dehors de toute approche fictionnelle.</span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Premier ouvrage consulté,</span><span lang="fr-FR"> le livre</span><span lang="fr-FR"><i> Serial Killer – Le côté sombre de la nature humaine</i></span><span lang="fr-FR">&nbsp;; Brian Innes </span><span lang="fr-FR">y </span><span lang="fr-FR">aborde le dossier Dahmer en quelques pages synthétiques </span><span lang="fr-FR">et factuelles.</span></span></li>



<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">On peut aussi parcourir </span><span lang="fr-FR"><i>Le Livre noir des serial killers</i></span><span lang="fr-FR"> de Stéphane Bourgoin&nbsp;; un chapitre est consacré à Dahmer qui détaille par le menu l’affaire et ses retombées, </span><span lang="fr-FR">avec quelques paragraphes consacrés au rôle de la police et de l’agent de probation : c’est un point essentiel qui tempère les critiques, et apporte un regard un peu plus posé</span><span lang="fr-FR">.</span></span></li>



<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">On ajoutera la bibliographie dédiée qui se trouve à la fin du livre </span><span lang="fr-FR"><i>Serial Killers – Enquête sur les tueurs en série</i></span><span lang="fr-FR"> du même Stéphane Bourgoin.</span></span>
<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Profitons-en pour faire un point sur Stéphane Bourgoin. Longtemps considéré comme un spécialiste des tueurs en série, on lui a rep</span><span lang="fr-FR">r</span><span lang="fr-FR">oché, et il l’a d’ailleurs reconnu, d’avoir menti sur ses rencontres avec des tueurs, ses interviews… Un imposteur, coupable de plagiats répétés… Il n’en demeure pas moins que ses ouvrages, largement inspirés de livres anglo-saxons de référence, constituent une porte d’entrée fiable dans l’univers des serial killers, d’où notre mention.</span></span></li>
</ul>
</li>



<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Contrairement aux ouvrages cités précédemment qui tiennent lieu d’encyclopédies ou d’études de cas </span><span lang="fr-FR">(c’est d’ailleurs l’occasion de replacer Dahmer parmi ses pairs</span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">et ils sont légion),</span><i> </i><span lang="fr-FR"><i>Le</i></span><i> Monstre de Milwaukee</i> relate toute l’histoire de Dahmer. Le journaliste Don Davis l’évoque étape par étape en la replaçant dans un contexte historique, géographique, social et politique détaillé. C’est tout l’intérêt de cette approche.</span></li>



<li><span style="color: #000000;">Ceux qui déchiffrent l’anglais pourront parcourir les chapitres consacrés à Dahmer dans <i>A new century of sex killers</i> de Brian Marriner et <i>The New encyclopedia of serial killers</i> de Brian lane et Wilfred Gregg.</span></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Voilà, vous avez une base à peu près solide sur le dossier Dahmer, de quoi prendre de la distance avec des images certes accrocheuses, mais qui manquent forcément d&rsquo;objectivité. Et si vous êtes allergique à la lecture, vous pouvez écouter <a href="https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/l-integrale-jeffrey-dahmer-le-cannibale-de-milwaukee-7772588300" target="_blank" rel="noopener">l&rsquo;épisode du podcast</a> qui lui est consacré dans l&rsquo;émission <em>L&rsquo;Heure du crime</em> sur RTL.</span></p>
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		<title>Monster : The Jeffrey Dahmer Story… une fatalité des temps modernes ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2022 14:04:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35062</guid>

					<description><![CDATA[<p>Impossible d’ignorer le parfum de scandale qui entoure la sortie de Monster : The Jeffrey Dahmer Story, la nouvelle série griffée Ryan Murphy et Ian Brennan pour Netflix. Critiques dithyrambiques ou mitigées, familles de victimes en colère, commentaires enthousiastes ou outrés sur les réseaux sociaux, ce nouveau programme, appuyé par une campagne de communication énergique, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-35063 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg" alt="série Monster : The Jeffrey Dahmer Story de Ryan Murphy et Ian Brennan" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Impossible d’ignorer le parfum de scandale qui entoure la sortie de </span><span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</i></span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">la nouvelle série griffée </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=ryan+murphy" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR">Ryan Murphy </span></a><span lang="fr-FR">et </span><span lang="fr-FR">Ian Brennan </span><span lang="fr-FR">pour <a href="https://www.theartchemists.com/?s=netflix" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>. Critiques dithyrambiques ou mitigées, familles de victimes en colère, commentaires </span><span lang="fr-FR">enthousiastes ou outrés</span><span lang="fr-FR"> sur les réseaux sociaux, ce nouveau programme, appuyé par une campagne de communication énergique, </span><span lang="fr-FR">affiches, teasers et interviews à l’appui</span><span lang="fr-FR">, ne laisse personne indifférent. Il aurait même tendance à réveiller de vieux démons. Et à </span><span lang="fr-FR">en tirer parti</span><span lang="fr-FR">, comme tout </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>true crime</i></span></a><span lang="fr-FR"> qui se respecte ? </span><span lang="fr-FR">Dans tous les cas, adapter la carrière criminelle de Dahmer à l’écran constitue un véritable</span><span lang="fr-FR"> challenge, </span><span lang="fr-FR">l’obligation pour un réalisateur de faire </span><span lang="fr-FR">des choix qui vont forcément fâcher. </span><span lang="fr-FR">Et tronquer une vérité insaisissable ? Explications.</span></span></p>
<p>https://youtu.be/xl2FRiW938o</p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Avant tout, considérer les faits bruts</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">P</span><span lang="fr-FR">our évaluer la portée de </span><span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story,</i></span> <span lang="fr-FR">il convient </span><span lang="fr-FR">avant toute chose </span><span lang="fr-FR">de revenir aux faits </span><span lang="fr-FR">bruts, </span><span lang="fr-FR">afin de vérifier si le scénario </span><span lang="fr-FR">de la série </span><span lang="fr-FR">colle au réel</span><span lang="fr-FR">. Plongée donc dans <a href="https://www.theartchemists.com/livres-jeffrey-dahmer/" target="_blank" rel="noopener">plusieurs articles et ouvrages</a> qui évoquent le cas du Cannibale de Milwaukee. </span></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Du 18 juin 1978, date à laquelle il commet son premier meurtre à l’âge de 18 ans, au lundi 22 juillet 1991, où il est arrêté après avoir laissé échapper Tracy Edwards, Jeffrey Dahmer va tuer 17 personnes (dont 16 entre 1987 et 1991)</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il s’agit de jeunes hommes en majorité issus des minorités raciales afro-américaine, latino-américaine et asiatique, homosexuels et pauvres.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il les attire chez lui sous prétexte de prendre des photographies érotiques contre un peu d’argent.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il les drogue, les tue, les viole, les démembre, conserve au frigo, au congelateur ou dans ses placards certaines parties des corps, têtes, mains, sexes, morceaux de muscles et organes, des photos des tortures, mises à mort et dépeçages à leurs différents stades d’accomplissement. Il ira jusqu’à dissoudre la chair des troncs dans un baril d’acide acheté le 8 juillet 1991, à manger certains bouts de ses victimes.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Issu d’une famille dysfonctionnelle, profondément imacté par le divorce chaotique de ses parents, Dahmer sombre très jeune dans l’alcoolisme, pour compenser un sentiment d’abandon et de solitude.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le lundi 27 mai 1991, Konerak Sinthasomphone, 14 ans, tente d’échapper à Dahmer. Drogué, il arrive à s’exfiltrer de l’appartement dont le tueur s’est absenté pour aller acheter de la bière. Deux jeunes femmes le remarquent, alertent les secours, restent avec lui, car il est visiblement très jeune, très mal et incapable de se défendre. Dahmer s’interpose et arrive à convaincre les policiers présents que c’est son compagnon, qu’il est majeur, ivre, que c’est juste une querelle de couple. Malgré les remarques des deux jeunes filles, les agents raccompagnent Dahmer et son prétendu amant dans l’appartement, ils y pénètrent, ne notent rien d’alarmant malgré l’odeur très désagréable, les photos de nus du jeune homme, et s’en vont. Juste après leur départ, Dahmer tue Konerak et le démembre.</span></li>
</ul>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Le cas Jeffrey Dahmer : l’effet « poupées russes »</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’es un résumé, mais cela donne une idée de la situation. Une situation à la fois très simple, atroce et complexe. Pas facile de s’attaquer au cas Jeffrey Dahmer, dont le récit devra prendre en compte :</span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">des meurtres abominables, qui dépassent l’entendement, des actes de torture, de viol, de nécrophilie, de sadisme, de cannibalisme ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">un profil psychologique de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=tueur+en+s%C3%A9rie" target="_blank" rel="noopener">tueur en série</a> tortueux, entre alcoolisme, frustration, colère, peur panique de l’abandon, quête de contrôle et de puissance, sens aigu de l’adaptation et de la manipulation ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">des victimes défavorisées, pauvres, sans éducation, homosexuelles et prostituées, parfois mineures, ce qu’on appelle dans le jargon des profileurs des victimes à haut risque, vulnérables, incapables de se défendre, des proies faciles ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">l’inaction des services de police, de justice, d’aide sociale, qui jamais n’arrêtèrent Dahmer dans sa course destructrice, alors qu’ils en eurent maintes fois l’occasion, et pas seulement lors de l’épisode tragique de ce garçon de 14 ans (dont le frère aîné fut aussi attaqué par Dahmer, mais qui réussit à lui échapper, ce qui valut à Dahmer une condamnation pour agression sexuelle), un moment clé de cette geste sanglante, repris en boucle par tous les récits, les articles, les livres dédiés (certains débutent même sur la narration de ce meurtre odieux) ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">le climat social implosif de Milwaukee dans les années 90, où la misère et l</span><span lang="fr-FR">es</span><span lang="fr-FR"> discrimination</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> raciale</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> et sexuelle</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> sont </span><span lang="fr-FR">quotidiennes</span><span lang="fr-FR">, malgré la douceur de vivre affichée par cette ville phare du Michigan ;</span></span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">l’ambiance de brutalité excessive propre aux USA, avec la progressive exploration du profil du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=serial+killer" target="_blank" rel="noopener">serial killer</a> et l’émergence de plusieurs cas devenus célèbres type Ed Gein, John Wayne Gacy (du reste évoqués très rapidement dans la série).</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">R</span><span lang="fr-FR">aconter l’histoire de Dahmer, c’est </span><span lang="fr-FR">envisager</span><span lang="fr-FR"> tous ces </span><span lang="fr-FR">facteurs</span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">les mettre en perspective, prendre en compte </span><span lang="fr-FR">ce côté « poupées russes », </span><span lang="fr-FR">ces </span><span lang="fr-FR">éléments qui s’emboîtent les uns dans les autres :</span></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">en se disant que si un de ces facteurs avait varié, peut-être que rien ne serait arrivé </span><span lang="fr-FR">;</span></span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">sans verser ni dans l’étalage de sang et de tripes, ni dans le racoleur ou le voyeurisme, ni dans la croisade vengeresse, ni dans le réquisitoire social ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">en décortiquant au plus juste</span><span lang="fr-FR"> le psychisme </span><span lang="fr-FR">pervers </span><span lang="fr-FR">de Dahmer, </span><span lang="fr-FR">sans toutefois en faire ni un mutant, ni une victime, ni</span><span lang="fr-FR"> un héros.</span></span></li>
</ul>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/" class="wp-embedded-content" data-secret="s6GaMWFFbw"><p><a href="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/">DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire &#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire … » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/embed/#?secret=udVxgCptEn#?secret=s6GaMWFFbw" data-secret="s6GaMWFFbw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b><span lang="fr-FR">Une </span><span lang="fr-FR">vision à 360° : mission impossible ?</span></b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Bref, il faudrait pouvoir adopter une vision à 360°, </span><span lang="fr-FR">une </span><span lang="fr-FR">vision objective, </span><span lang="fr-FR">juste, </span><span lang="fr-FR">qui </span><span lang="fr-FR">tient</span><span lang="fr-FR"> compte à la fois des crimes et de la psyché du tueur, de la manière dont elle s’est développée </span><span lang="fr-FR">dans un contexte familial et social spécifique</span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">d</span><span lang="fr-FR">es traumatismes </span><span lang="fr-FR">vécus par les familles. </span><span lang="fr-FR">Qui donne à voir l’intense émotion ressentie par les proches, la sidération, l’</span><span lang="fr-FR">horreur alimentée par</span><span lang="fr-FR"> l’avidité médiatique. Qui traduise aussi bien la manière dont un homme peut devenir un assassin, la fascination mentale d’un profil spécifique pour un certain type de paraphilies </span><span lang="fr-FR">transgressives</span><span lang="fr-FR">, l’impuissance des institutions face aux signaux d’alarme, l’injustice terrible ressentie par les proches. </span><span lang="fr-FR">Mission impossible ?</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">E</span><span lang="fr-FR">n tout cas, u</span><span lang="fr-FR">n exercice </span><span lang="fr-FR">particulièrement </span><span lang="fr-FR">délicat auquel Murphy et Brennan s’attaquent en frontal, riches de leurs expériences passées avec </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Crime+Story" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>American Crime Story</i></span></a><span lang="fr-FR"> (on se souvient encore de la saison magistrale évoquant le meurtre de </span><span lang="fr-FR">V</span><span lang="fr-FR">ersace et la traque de son assassin) et certains épisodes de </span><span lang="fr-FR"><i><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Horror+Story" target="_blank" rel="noopener">American Horror Story</a>. </i></span><span lang="fr-FR">But de la manœuvre, comme à leur habitude, et c’est une thématique dans laquelle </span><span lang="fr-FR">les deux </span><span lang="fr-FR">complices</span><span lang="fr-FR"> excellent : explorer les dessous du rêve américain, comment il peut tourner au cauchemar et à la boucherie, avec moult dommages collatéraux et une question récurrente : où est-ce que ça commence à déraper ?</span> <span lang="fr-FR">Avec le cas de Dahmer, tous leurs sujets de prédilection sont rassemblés : </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">un jeune Américain qui a tout pour réussir mais qui va tout rater ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">la capacité typiquement moderne à transformer un monstre en idole ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">la place des communautés dans une société WASP raciste et homophobe ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">le manque de moyens alloués à la sécurité des plus pauvres ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">le désintérêt des forces policières </span><span lang="fr-FR">et des acteurs sociaux complètement débordés</span><span lang="fr-FR">. </span></span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Un terrain fertile pour la plume de </span><span lang="fr-FR">Murphy et Brennan</span><span lang="fr-FR"> qui accouchent de 10 épisodes particulièrement éprouvants </span><span lang="fr-FR">pour les nerfs et propices au binge wathcing à la mode Netflix</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Avec plusieurs points forts.</span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b><em>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</em> : les points forts</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Premier point </b></span><span lang="fr-FR"><b>à retenir </b></span><span lang="fr-FR"><b>:</b></span><span lang="fr-FR"> exit le gore et les séquences de boucherie. La frénésie de Dahmer n’apparaît que par petites touches, </span><span lang="fr-FR">ce qui ne la rend pas moins intolérable</span><span lang="fr-FR">. Place à l’imaginaire, régulièrement sollicité par des indices, une tache de sang sur le matelas, un pied qui dépasse d’un lit, le fameux baril bleu, un gros plan sur la grille d’aération d’où s’échappent des cris, des bruits de scie, des odeurs atroces. </span><span lang="fr-FR">Un sandwich offert à une voisine mécontente, dont on se demande avec quelle viande il a été fait. Bref une ambiance à la <a href="https://www.theartchemists.com/film-hitchcock-mythe-cinematographique/" target="_blank" rel="noopener">Hitchcock</a> en mode </span><span lang="fr-FR"><i>Psychose </i></span><span lang="fr-FR">(qui s’inspire en partie de la frénésie meurtrière d’Ed Gein, rappelons-le). </span><span lang="fr-FR">Et puis il y a la couleur, la lumière, ce jaune pisseux qui voile toutes les images, cette sorte de brume qui floute parfois les contours des visages, porte une moiteur désagréable, des relents de décomposition. </span><span lang="fr-FR">Esthétisation de la barb</span><span lang="fr-FR">arie </span><span lang="fr-FR">? </span><span lang="fr-FR">En tout refus de tomber dans le sanglant, ce qui ne rebute pourtant pas le tandem Murphy/Brennan, si on prend en compte les différentes saisons d’</span><span lang="fr-FR"><i>American Horror History</i></span><span lang="fr-FR">. Donc un choix délibéré.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Autre point notable :</b></span> <span lang="fr-FR">Murphy et Brennan </span><span lang="fr-FR">se penchent régulièrement sur la cellule familiale</span><span lang="fr-FR">. D’un côté, Dahme</span><span lang="fr-FR">r, aîné d’un couple</span><span lang="fr-FR"> dysfonctionnel, </span><span lang="fr-FR">un</span><span lang="fr-FR"> gamin </span><span lang="fr-FR">qui </span><span lang="fr-FR">encaisse les disputes toujours plus violentes de ses parents, le départ du père puis de la mère, </span><span lang="fr-FR">la solitude dans une maison vide, </span><span lang="fr-FR">l’accueil chez une grand-mère adorée mais qui va le mettre dehors, un ga</span><span lang="fr-FR">rçon</span><span lang="fr-FR"> toujours plus ingérable, qui boit, se fait renvoy</span><span lang="fr-FR">er</span><span lang="fr-FR"> de partout </span><span lang="fr-FR">y compris de l’armée</span><span lang="fr-FR">, peine à garder un emploi, à avoir des amis</span><span lang="fr-FR">. De l’autre, les familles des victimes, avec une focale sur le personnage de Tony </span><span lang="fr-FR">Hugues, la 15</span><sup><span lang="fr-FR">e</span></sup><span lang="fr-FR"> victime, sourd et muet, plein de rêves et d’avenir, </span><span lang="fr-FR">auquel l’épisode </span><span lang="fr-FR">6 « Silenced » est consacré, </span><span lang="fr-FR">la tragédie de la famille </span><span lang="fr-FR">Sinthasomphone</span><span lang="fr-FR"> dont deux des fils seront agressés par Dahmer, le plus jeune assassiné, </span><span lang="fr-FR">en proie au racisme</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Glenda Cleveland, mère de famille impliquée qui fera tout ce qui est possible pour avertir les autorités.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Élément essentiel :</b></span><span lang="fr-FR"> l</span><span lang="fr-FR">’interprétation de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Evan+Peters" target="_blank" rel="noopener">Evan Peters </a></span><span lang="fr-FR">constitue certainement</span><span lang="fr-FR"> LE fer de lance de la série </span><span lang="fr-FR">(franchement, cela mérite un prix)</span><span lang="fr-FR">. Sans lui, sans son approche </span><span lang="fr-FR">(alimentée par une observation des interviews du tueur)</span><span lang="fr-FR">, ses regards, l’apathie de sa prononciation, </span><span lang="fr-FR">son côté impénétrable, lisse, gentil garçon, </span><span lang="fr-FR">ce visage qui soudain se tord de colère, </span><span lang="fr-FR">ce récit</span><span lang="fr-FR"> serait beaucoup moins puissant. Et puis il y a l’affolement, face aux premiers meurtres, quand il réalise qu’il a franchi un stade décisif, l’exaltation quand il savoure un morceau de chair humaine, la tendresse quand il se love contre un cadavre encore chaud. La dévotion quand il sème les os réduits en poudre de sa première victime : quelque chose de rituel, une connexion avec une puissance secrète ?</span></span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/" class="wp-embedded-content" data-secret="FiWjHhtmJA"><p><a href="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/">Mindhunter : on entre en profilage comme d’autres au carmel &#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Mindhunter : on entre en profilage comme d’autres au carmel … » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/embed/#?secret=07ne0eFnem#?secret=FiWjHhtmJA" data-secret="FiWjHhtmJA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Dahmer, ange déchu : la confusion des points de vue</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">C’est là que la série devient dérangeante, </span><span lang="fr-FR">car elle met sur le même plan ce qui se passe dans la tête du tueur, ce que ressentent ses proches, ses victimes. Et on ne s’y retrouve plus dans tous ces points de vue. Avec un effet dommageable : </span><span lang="fr-FR">Dahmer version Murphy/Brennan a tout de l’ange déchu. Pas une victime, mais un être maudit, qui porte le poids d’une tare, qui accomplit les pire actes soit comme une expérimentation, soit comme une offrande. </span><span lang="fr-FR">Et qui gagnera la rédemption par le sacrifice ultime. </span> <span lang="fr-FR">De quoi susciter une sympathie proprement déplacée ? Interroger la nécessité du pardon ? </span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">A ce stade, la série se perd dans un larmoiement problématique, et le message est brouillé. C’est tout le </span><span lang="fr-FR">problème </span><span lang="fr-FR">d’une</span><span lang="fr-FR"> narration </span><span lang="fr-FR">fragmentée par les</span><span lang="fr-FR"> flashbacks </span><span lang="fr-FR">et l</span><span lang="fr-FR">es changements de points de vue, </span><span lang="fr-FR">quand l’approche chronologique est beaucoup plus parlante : </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">Dahmer a tué alors qu’il était en liberté surveillée pour l’agression de l’aîné des Sinthasomphone, sous contrôle d’un agent de probation qu’il allait voir régulièrement (mais que la série occulte), et à qui il racontait ses malheurs, manque d’argent, solitude, alcoolisme.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Il a toujours esquivé les programmes de désintoxication, les suivis psychologiques qu’on lui proposait.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Il a clairement expliqué aux enquêteurs vouloir créer un autel orné de crânes pour invoquer le diable et accroître sa puissance.</span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Si l’ensemble des événements relatés sont exacts </span><span lang="fr-FR">(l’achat des lentilles par exemple, </span><span lang="fr-FR">l’épisode des poissons</span><span lang="fr-FR">)</span><span lang="fr-FR">, certains ont été </span><span lang="fr-FR">tus (</span><span lang="fr-FR">l’achat du baril d’acide, </span><span lang="fr-FR">son interview télévisée réalisée en prison en 1993 pour l’émission Inside Edition) ou </span><span lang="fr-FR">adaptés : </span><span lang="fr-FR">ainsi </span><span lang="fr-FR">Brenda Cleveland ne vivait pas dans l’appartement voisin de Dahmer mais dans l’immeuble en face, elle n’a donc pu entendre ces bruits atroces, </span><span lang="fr-FR">sentir ces odeurs nauséabondes ; </span><span lang="fr-FR">c</span><span lang="fr-FR">e n’est pas Tony </span><span lang="fr-FR">Hugues</span><span lang="fr-FR"> mais </span><span lang="fr-FR">Jeremiah Weinberger qui semble avoir attiré </span><span lang="fr-FR">l</span><span lang="fr-FR">es suffrages </span><span lang="fr-FR">du tueur</span><span lang="fr-FR">, des clichés de son corps ont été retrouvés épinglés au dessus du lit de Dahmer. On trouve ainsi tout au long de la série une volonté de </span><span lang="fr-FR">cristaliser le pathos sur des profils synthétisant l’émotion, pour ne pas diluer le récit. </span><span lang="fr-FR">Eh oui, c’est tout l’enjeu : conserver l’attention du spectateur, le fasciner et jouer de sa corde sensible.</span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Alimenter le mythe : peut-on faire autrement ?</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">S</span><span lang="fr-FR">uivre l</span><span lang="fr-FR">a</span><span lang="fr-FR"> chronologie </span><span lang="fr-FR">et les faits</span><span lang="fr-FR">, c’est prendre le risque </span><span lang="fr-FR">de dégoûter</span><span lang="fr-FR"> l’</span><span lang="fr-FR">audience</span><span lang="fr-FR"> par la répétition du rituel du tueur, l</span><span lang="fr-FR">e noyer</span><span lang="fr-FR"> à la fois </span><span lang="fr-FR">dans</span><span lang="fr-FR"> le bain de sang </span><span lang="fr-FR">réitéré à chaque meurtre </span><span lang="fr-FR">(</span><span lang="fr-FR">donc tomber dans le gore gratuit</span><span lang="fr-FR">) </span><span lang="fr-FR">et </span><span lang="fr-FR">dans</span><span lang="fr-FR"> le sentiment d’</span><span lang="fr-FR">usure</span><span lang="fr-FR"> lié à la répétition du modus operandi </span><span lang="fr-FR">de meurtre en meurtre</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Mais c’est en suivant la chronologie et les faits qu’on met en évidence l’émergence de la déviance, la montée au crime, </span><span lang="fr-FR">la gradation de la violence et de l’horreur. </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">En adoptant une narration décalée, la série tait l’intensification progressive des actes de torture, des violations des corps.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Elle tait également que chacune de ces intensifications a eu lieu après un abandon ou un contact avec la mère.</span></li>
<li><span lang="fr-FR" style="color: #000000;">Elle amoindrit la réalité propre à la mise à mort, tout le travail,la prise de risque que représente la destruction progressive d’un corps.</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">E</span><span lang="fr-FR">lle gomme ce côté expérimental propre à Dahmer, qui a testé différentes pratiques au fil de son parcours assassin.</span></span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Éluder cela, c’est omettre le côté à la fois scientifique de l’investigation, </span> <span lang="fr-FR">et le fait que </span><span lang="fr-FR">les profils de tueurs en série n’ont rien d’attractif, ce ne sont pas des personnalités originales ni des séducteurs, encore moins des héros ; ce sont des médiocres, comme en témoignent toutes les expertises psychiatriques menées sur ce type de criminel. </span><span lang="fr-FR">Peut-on en faire l’économie quand on veut relater le parcours d’un tueur psychopathe et récidiviste ? </span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">S</span><span lang="fr-FR">econd effet Netflix, dont on ne peut ignorer les diktats en matière de scénario ultracalibré pour ménager la chèvre et le chou, dixit entre autres </span><a href="https://www.seuil.com/ouvrage/netflix-l-alienation-en-serie-romain-blondeau/9782021513202" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>Netflix L’aliénation en série</i></span></a><span lang="fr-FR"> de Romain Blondeau ? </span><span lang="fr-FR">Raconter le parcours de Dahmer, qui plus est 30 ans après sa condamnation, un peu comme un anniversaire, c’est e</span><span lang="fr-FR">n tout cas </span><span lang="fr-FR">prendre le risque d’alimenter un mythe qui n</span><span lang="fr-FR">e doit pas en être</span><span lang="fr-FR"> un. </span><span lang="fr-FR">Surtout quand on confronte la souffrance atroce des victimes et l’esthétisation des tortures commises, la réalité sociale sordide des USA durant les 90’s et ce visage de tueur à la fois ignoble et si humain. Mais peut-on faire autrement ? Parce qu’ils sont fins et doués, Murphy et Brennan arrivent à déployer ces différentes facettes en un seul tableau, un peu comme Picasso le faisait avec ses modèles. Et c’est cela qui perturbe, qui dérange, qui offusque, qui crée le malaise. Car ces vérités mises en lien reflètent un monde de chaos absolument insupportable, où personne n’est à l’abri de personne, encore moins de soi-même. Une fatalité des temps modernes.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">P</span><span lang="fr-FR">S : alors que nous bouclons cet article, <a href="https://www.konbini.com/popculture/comment-les-lunettes-de-jeffrey-dahmer-ont-ete-mises-en-vente-pour-150-000-dollars/" target="_blank" rel="noopener">la nouvelle vient de tomber</a>, relayée par plusieurs médias. Les lunettes de Dahmer, achetée par un collectionneur il y a des années, sont à vendre aux enchères. Prix de départ : 150 000 dollars. De quoi interroger l’incapacité à effacer le souvenir et la marchandisation de l’horreur. La série l’évoque ; pensait-elle réveiller ce spectre ? </span></span></p>
<p align="left"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="left"><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner la série <span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</i></span> sur <a href="https://www.netflix.com/fr/title/81287562" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>.</span></p>
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		<title>Appropriate Adult : une plongée saisissante dans la psyché d’un tueur</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-appropriate-adult/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Jan 2022 14:21:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la longue et horrifique litanie des tueurs en série britanniques, le couple West occupe une place de choix, avec à son actif une douzaine de meurtres (peut-être plus) absolument sordides commis sur des jeunes femmes sans défense, parmi elles une de leurs filles. Viols, tortures, mutilations, démembrements, les médias anglais ont détaillé par le [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/20304057_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34570 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/20304057_opt.jpg" alt="affiche de la mini série Appropriate adult" width="485" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/20304057_opt.jpg 485w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/20304057_opt-233x288.jpg 233w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/20304057_opt-399x494.jpg 399w" sizes="(max-width: 485px) 100vw, 485px" /></a></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Dans la longue et horrifique litanie des <a href="https://www.theartchemists.com/?s=tueur+en+s%C3%A9rie" target="_blank" rel="noopener">tueurs en série</a> britanniques, le couple West occupe une place de choix, avec à son actif une douzaine de meurtres (peut-être plus) absolument sordides commis sur des jeunes femmes sans défense, parmi elles une de leurs filles. Viols, tortures, mutilations, démembrements, les médias anglais ont détaillé par le menu les méfaits de «the Gloucester serial murders », inscrivant ce binôme maléfique au panthéon des meurtriers les plus ignobles… et sur la liste du producteur exécutif d’ITV Jeff Pope qui s’en inspira pour initier le saisissant <i>Appropriate Adult</i>.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/8FX3ze2u7W0" title="Appropriate Adult | Trailer | Encore | ITV" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/8FX3ze2u7W0?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/8FX3ze2u7W0?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 18pt;"><b>Un sujet d’une rare noirceur</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Appropriate adult : propre à la législation anglaise, cette expression désigne un proche parent, un tuteur, un travailleur social ou toute personne majeure chargée d’assister un enfant ou un adulte vulnérable interrogé par la police. C’est donc du point de vue de Janet Leach que la mini série scénarisée par Neil McKay et réalisée par Julian Jarrold aborde un sujet d’une rare noirceur. Sans aucune expérience, ignorante de ce qui l’attend, cette mère de cinq enfants, divorcée, vivant avec un compagnon bipolaire ingérable, est bombardée « appropriate adult » bénévole d’un Fred West tout juste arrêté pour le meurtre de sa fille, mais particulièrement retors face aux questions des enquêteurs.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Un lien va progressivement se tisser entre cet homme dont on ne sait s&rsquo;il est réellement attardé ou s’il feint ce handicap pour mieux tromper son monde et cette femme totalement dépassée par les horreurs qu’elle découvre au quotidien, tandis que West en fait sa confidente. Un lien de confiance, un lien affectif dont les policiers vont user pour obtenir les aveux d’un criminel abject. La pauvre Jane accepte ce rôle qui va la conduire aux portes de la folie, tandis que les époux West se jettent à la face et par avocats interposés la responsabilité des atrocités commises. Qui était l’âme de cette démence meurtrière, qui en était le bras ? Pour clarifier leur approche, les limiers envoient Jane en première ligne sans trop de scrupule.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/rillington-place-reg-christie-lintimite-dun-etrangleur/" class="wp-embedded-content" data-secret="aQtsUhzUP2"><p><a href="https://www.theartchemists.com/rillington-place-reg-christie-lintimite-dun-etrangleur/">Rillington Place : « Reg » Christie, l’intimité d’un étrangleur</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Rillington Place : « Reg » Christie, l’intimité d’un étrangleur » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/rillington-place-reg-christie-lintimite-dun-etrangleur/embed/#?secret=66eYgiHVHl#?secret=aQtsUhzUP2" data-secret="aQtsUhzUP2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt; font-family: georgia, palatino, serif;"><b>Privilégier la violence psychologique</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Et nous aussi par la même occasion, qui nous identifions à cette « appropriate adult » aspirée par une spirale de violence inimaginable tandis qu’elle parcourt les scènes de crime, qu’elle assiste à l’exhumation des dépouilles, qu’elle écoute West lui raconter chaque assassinat en détail, se lamentant au passage sur la froideur de son épouse et complice. Pour incarner Jane, une <a href="https://www.theartchemists.com/?s=emily+watson" target="_blank" rel="noopener">Emily Watson</a> bouleversante de fragilité et de volonté ; face à elle, un Dominic West inquiétant, rusé, dont on n’arrive jamais à déterminer les pensées. Le duo fut récompensé pour cette interprétation de haut vol, ce dialogue de mort qui conduira l’un au suicide, l’autre au syndrome post-traumatique.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Une histoire vraie, vécue, subie par des êtres humains, qui complète deux précédentes productions dédiées aux grands meurtriers anglais du XXeme siècle  <i>This Is Personal: The Hunt for the Yorkshire Ripper</i> et <i>See No Evil: The Moors Murders,</i> précède d’autres épisodes comme <a href="https://www.theartchemists.com/serie-pembrokeshire-murders/" target="_blank" rel="noopener"><i>The Pembrokshire murders</i></a> et <a href="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/" target="_blank" rel="noopener"><i>Des</i></a>. Toujours la même recette : </span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">réduire au maximum les séquences spectaculaires de meurtres, pas de sang, pas d’autopsies en direct ;</span></li>
<li><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">préférer le récit des actes, l’impact des mots, les allusions soulignées par des cadrages, des clichés ;</span></li>
<li><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">privilégier la violence psychologique des rapports, se concentrer sur ce jeu du chat et de la souris que les accusés instaurent avec les enquêteurs ;</span></li>
<li><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">questionner les moyens alloués par l’état pour mener ces investigations, l’arsenal légal à disposition, souvent inadapté.</span></li>
</ul>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/" class="wp-embedded-content" data-secret="KMFgKARZze"><p><a href="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/">DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire &#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire … » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/embed/#?secret=xEPS9brM6T#?secret=KMFgKARZze" data-secret="KMFgKARZze" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 18pt;"><b>Explorer la logique d’une emprise</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">En l’état, et quand on connaît le fonctionnement mental des tueurs en série, la rencontre entre Jane Leach et Fred West n’aurait jamais dû avoir lieu. Cette dernière demeure marquée à vie par une expérience que même les policiers les plus aguerris redoutent. C’est tout l’intérêt de la série <i>Appropriate Adult</i> que d’explorer cette emprise, sa logique, les phases de sa mise en place, les rouages affectifs dont use West pour hypnotiser cette victime psychique qu’il va proprement vampiriser. Le scénario donne en fait à voir la manière dont West et sa femme opéraient pour assujettir leurs victimes, les amener à accepter le pire, avant de les liquider sans état d’âme.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Cette démonstration est d’autant plus saisissante que n’importe qui aurait pu se retrouver à la place de Jane Leach et subir ce traitement. À ce titre, <i>Appropriate adult</i> se situe au niveau d’un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=mindhunter" target="_blank" rel="noopener"><i>Mindhunter</i></a> par la qualité de son analyse, la précision de son observation, sa parfaite tenue, sa construction, la gestion d’une tension en constante hausse que l’héroïne accepte de subir malgré les risques qu’elle devine. Vous désirez plonger dans la psyché d’un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=serial+killer" target="_blank" rel="noopener">serial killer</a> ? Regardez <i>Appropriate adult</i>, vous allez non seulement comprendre, mais aussi ressentir. Et vous n’allez pas du tout aimer, mais vous irez jusqu’au bout.</span></p>
<p align="justify">
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		<title>Les Fils de Sam : histoire d’une conviction obsessionnelle</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/documentaire-fils-de-sam/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Oct 2021 15:37:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Décembre 1975 – août 1977 : durant presque deux ans, David Berkowitz fait trembler New-York en assassinant des jeunes couples à coups de calibre 44. Il commente ses crimes au fil de lettres aussi énigmatiques qu’effrayantes adressées à la presse. Insistant sur le fait qu’il est téléguidé par le démon caché dans le corps du [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/3368274_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34318 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/3368274_opt.jpg" alt="affiche de la série documentaire The Sons of Sam" width="405" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/3368274_opt.jpg 405w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/3368274_opt-194x288.jpg 194w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/3368274_opt-333x494.jpg 333w" sizes="(max-width: 405px) 100vw, 405px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Décembre 1975 – août 1977 : durant presque deux ans, David Berkowitz fait trembler New-York en assassinant des jeunes couples à coups de calibre 44. Il commente ses crimes au fil de lettres aussi énigmatiques qu’effrayantes adressées à la presse. Insistant sur le fait qu’il est téléguidé par le démon caché dans le corps du chien noir de son voisin, il en profite pour se baptiser The Son of Sam, le Fils de Sam, à grand renfort de symboles pseudo-nécromants, entrant ainsi dans le panthéon des grands serial killers américains. À moins qu’il ait eu des complices ? C’est la théorie avancée dans la série documentaire <i>Les Fils de Sam</i>.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/ICFZ1wS8Fuc" title="The Sons of Sam: A Descent Into Darkness | Official Trailer | Netflix" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/ICFZ1wS8Fuc?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/ICFZ1wS8Fuc?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>La quête de Maury Terry</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Séquencé en quatre parties, ce feuilleton coup de poing, intitulé en anglais The <em>Sons of Sam: A Descent into darkness</em>, détaille par le menu la quête obsessionnelle du journaliste Maury Terry qui va consacrer sa vie à pourchasser les fils de Sam. Selon lui donc, Berkowitz n’aurait pas agi seul, mais en lien avec une secte satanique dont les membres auraient voulu orchestrer un climat de chaos précédant l’Apocalypse. Vaste programme donc, qui va amener le reporter à traverser les USA de part en part, afin de reconstituer le cheminement de Berkowitz et ses prétendus acolytes. À la clé, un best-seller intitulé <i>The ultimate evil</i> édité en 1989 qui sert de fil directeur au récit du réalisateur Joshua Zeman.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Une narration au rythme haché et hypnotique, bourré d’archives et d’extraits d’interviews, dont celui de Berkowitz lui-même, plusieurs années après les faits. Le tout diffusé par Netflix qui complète ainsi son catalogue de true crimes, avec un petit bémol toutefois. L’adjectif « true », « vrai » en français, demande à être clairement nuancé. C’est bien une lecture partisane des faits qui est proposée, jamais étayée par des preuves tangibles. Occultant des pans entiers de la vie et du profil psychologique de Berkowitz, <i>Fils de Sam</i> ne met en exergue que les éléments allant dans le sens d’un complot.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/fils-de-sam-vertigineux-tripant/" rel="bookmark">Fils de Sam : vertigineux et tripant</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Des zones d’ombre malsaines</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Il efface de fait le profil du tueur (le choc d’apprendre que sa mère naturelle était vivante et non pas morte en couches comme ses parents adoptifs le lui avaient fait croire, l’abandon traumatique du père, l’usage abusif du LSD, les antécédents de violence et tentatives d’homicides), passe à côté des analyses de profileurs effectuées au moment de la création du VICAP (le programme de détection mis en place par John Douglas et ses collègues du FBI, évoqué du reste dans <a href="https://www.theartchemists.com/mindhunter-2-in-every-dream-home-a-heartache/" target="_blank" rel="noopener"><i>Mindhunter</i></a>) pour se concentrer uniquement sur la version de Maury Terry. Version qui a le mérite de mettre en avant des zones d’ombre pour le moins malsaines.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><i>Sons of Sam</i> évoque avec justesse le vent de panique suscité par les meurtres, la psychose généralisée alimentée par des médias avides de scoops et de sensations, les failles de l’enquête policière consécutives au manque de moyens, d’effectifs et aux pressions politiques de la part du maire de New-York. Ajoutons à ce terreau déjà méphitique la prolifération de cultes sataniques au mitan des années 70, la mémoire des massacres perpétrés par les adeptes de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=charles+manson&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Charles Manson</a>. Le cocktail obtenu peut légitimement alimenter toutes les angoisses, accoucher des peurs les plus primales, encourager les analyses les plus scabreuses.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span><strong>  <a href="https://www.theartchemists.com/livres-john-douglas-origines-profilage/" rel="bookmark">De Mindhunter à John Douglas : les origines du profilage en trois ouvrages clés</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Manque de recul</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Si le documentaire est loin de convaincre quant à sa version des faits, il met en évidence la manière dont on peut rapidement verser dans une thèse complotiste, s’y accrocher, la défendre bec et ongles, quitte à y laisser sa réputation et sa santé. Maury Terry consumera son existence à la poursuite d’une vérité qu’il ne pourra jamais prouver de manière solide. Le passage où il rencontre un Berkowitz converti à l’évangélisme au fond de sa prison fait froid dans le dos : voulant à tout prix obtenir les aveux du meurtrier, le journaliste lui souffle des réponses que son interlocuteur, en manipulateur consommé, exploite immédiatement.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Aucun recul, aucune confrontation avec les preuves : une fois de plus, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=netflix&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a> mise sur le spectaculaire et l’émotionnel, au mépris de la vérité des faits pourtant retracée dans nombre de récits d’enquête, de livres de psychologie. À ce titre, le livre <a href="https://amzn.to/3jxkzUj" target="_blank" rel="noopener"><i>Fils de Sam</i></a> de Michael Mention était bien plus pertinent, parce qu’il assumait clairement sa part de fiction. Le documentaire <i>Fils de </i><i>S</i><i>am</i> est à aborder avec autant de précautions : ce n’est pas LA vérité (existe-t-elle seulement ?), mais la conviction d’un homme. Cette dernière aurait mérité d’être complétée, approfondie, vérifiée, voire contredite à partir d’éléments tangibles.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner le documentaire <i>Fils de Sam</i> sur <a href="https://www.netflix.com/fr/title/81059887" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>.</span></p>
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		<title>Le Serpent : bloody hippie trail  ou l’odyssée meurtrière de Charles Sohbraj</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-serpent-charles-sohbraj-netflix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Apr 2021 17:17:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=33730</guid>

					<description><![CDATA[<p>Nouvelle pépite à inscrire dans le stock « serial killers » de la BBC et de Netflix, la série Le Serpent mérite largement les éloges de la presse. Pour tout dire, nous avons bingewatché la chose avec une indéniable fascination, et un intérêt poussé pour cette restitution aussi juste qu’opportune. Car les films et documentaires sur le [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/04/627783-le-serpent-la-nouvelle-mini-serie-de-netflix-avec-tahar-rahim-la-bande-annonce_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-33731 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/04/627783-le-serpent-la-nouvelle-mini-serie-de-netflix-avec-tahar-rahim-la-bande-annonce_opt.jpg" alt="affiche de la serie le serpent" width="496" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/04/627783-le-serpent-la-nouvelle-mini-serie-de-netflix-avec-tahar-rahim-la-bande-annonce_opt.jpg 496w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/04/627783-le-serpent-la-nouvelle-mini-serie-de-netflix-avec-tahar-rahim-la-bande-annonce_opt-238x288.jpg 238w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/04/627783-le-serpent-la-nouvelle-mini-serie-de-netflix-avec-tahar-rahim-la-bande-annonce_opt-408x494.jpg 408w" sizes="(max-width: 496px) 100vw, 496px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Nouvelle pépite à inscrire dans le stock « <a href="https://www.theartchemists.com/?s=serial+killer&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">serial killers</a> » de la BBC et de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=netflix&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>, la série <i>Le Serpent</i> mérite largement les éloges de la presse. Pour tout dire, nous avons bingewatché la chose avec une indéniable fascination, et un intérêt poussé pour cette restitution aussi juste qu’opportune. Car les films et documentaires sur le parcours de Charles Sobhraj sont aussi rares que son destin énigmatique et terrifiant.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un assassin sur la hippie trail</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Aussi cette série de huit épisodes d’une heure chacun, scénarisée par Richard Warlow et Toby Finlay, tournée par Tom Shankland et Hans Herbots arrive à point nommé pour mettre en lumière la carrière d’un assassin charismatique mais ô combien dangereux, qui choisit l’Asie des années 70 comme terrain de chasse. Au lendemain du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=summer+of+love&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Summer of love</a>, la jeunesse occidentale rêve d’Ailleurs psychotrope et mystique. La hippie trail attire des milliers de jeunes déambulant entre l’Inde, Bangkok et Katmandou, parfois pendant plusieurs années.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">A l’époque, pas de téléphone portable ni d’ordinateur, pas d’internet ni de réseaux sociaux. On part avec son sac à dos et ses travellers, seul, en couple ou en groupe, en laissant aux proches une adresse poste restante pour échanger par lettres, quand on peut. Le long du chemin, on se laisse porter par les opportunités, les rencontres. Dormir chez les uns, se droguer chez les autres … du pain béni pour un escroc comme Sobhraj qui dépouille les touristes trop confiants après les avoir shootés d’importance, quitte à les empoisonner au passage.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Serpent vs détectives amateurs</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Sohbraj qui fuit avec leurs biens et leurs passeports, passant d’un pays à l’autre en endossant leurs identités. Un vrai caméléon que ce serpent rusé qui va finir par dévorer ses proies pour éradiquer les témoins gênants … et affirmer sa toute puissance ? Escroc, assassin, manipulateur, psychopathe … voici un parfait mélange de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=ted+bundy&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Ted Bundy</a> et de Docteur Petiot, auquel Tahar Rahim prête un charme anxiogène dans une interprétation particulièrement efficace. A ses côtés dans le rôle de la compagne et complice de Sobhraj, une Jenna Coleman sous emprise, dont la composition oscille entre terreur, soumission et abandon.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et face aux diaboliques, un petit attaché d’ambassadeur hollandais, Herman Knippenberg, son épouse Angela, un diplomate belge, Paul Siemons, les Gires, un couple d’expats français … qui, chacun dans son coin, suivent la piste du Serpent sans même mesurer de quoi il retourne exactement. A partir d’une disparition déclarée à l’ambassade, d’un corps de femme en bikini retrouvé sur une plage paradisiaque, de deux cadavres à moitié incinérés, la traque se met progressivement en place, des années durant, avec les moyens du bord, pour ces détectives improvisés.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/EVciDIvAOmE" title="Le Serpent | Bande-annonce officielle VF | Netflix France" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/EVciDIvAOmE?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/EVciDIvAOmE?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un coup de poker raté</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Nous sommes au terme des trente Glorieuses : si nombre de tueurs en série opèrent déjà à la surface du globe, on ignore le concept même, dont accoucheront les profileurs en devenir du FBI (dixit <a href="https://www.theartchemists.com/?s=mindhunter&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener"><i>Mindhunter</i></a>). Pas de fichiers partagés entre les polices, pas de données psychologiques, des contrées sous-développées où règnent la misère et la corruption … la guerre du Vietnam toute proche avec son lot d’horreurs et de réfugiés … des paramètres dont le Serpent sait profiter en virtuose, traversant les frontières avec aisance, polyglotte, affable … dans son élément.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Joueur. Avec une évidente délectation. Multipliant les évasions. Revenant en France après avoir purgé sa peine en Inde où ses geôliers le traitent en pacha. Accordant des interviews. Puis retournant au Népal après des années, où il perdra la liberté pour de bon sur un coup de poker raté. On lui attribue 18 victimes, mais combien au final en a-t-il tuées ? Le mystère demeure. A ce jour, Sobhraj finit sa vie dans un cachot de Katmandou. On serait curieux de connaître sa réaction en visionnant <i>Le Serpent</i>. Du regret ? De la fierté ?</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Psychopathe et musique psychédélique</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est la question qui demeure, récurrente face à ce type de production. Nécessaire pour comprendre, mais avec toujours ce risque d’ériger en héros, sinon en modèles, des sales types dont on ne comprend au final toujours pas les réelles motivations, encore moins la psyché sinistrée. De ce point de vue, <i>Le Serpent</i>, si il ne suit pas parfaitement l’’histoire de Sobhraj, dresse cependant un portrait de pervers narcissique manipulateur d’une rare justesse, en totale contradiction avec les paysages magnifiques où il commet ses méfaits.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et comme pour faire plus vrai encore, la bande originale souligne l’insouciance de l’époque avec ses fleurons psychédéliques, américains, thaïlandais ou français : « Fingerprint File » des Rolling Stones, « Katmandu » de Bob Seger &amp; The Silver Bullet Band, « Les cactus » de Dutronc … bref une BO qui colle à la peau, avec une saveur à la Scorcese ( « Jump into the fire » de Harry Nilsson échappé de <i>Good Fellas</i>), tout en jouant la carte du cynisme le plus total. « Le requiem pour un con » de Gainsbourg illustre le talent de manipulateur de Sobhraj, « Tous les visages de l’amour » d’Aznavour cache les cris du couple qu’on assassine dans la pièce voisine.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’ensemble constitue un sans faute, chamarré de couleurs, de clichés de voyage et de visions d’horreur. Un road movie parfait et un thriller haletant.</span></p>
<p align="justify">
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour voir <em>Le Serpent</em>, rendez-vous sur <a href="https://www.netflix.com/fr/title/80206099" target="_blank" rel="noopener">le site de Netflix</a>.</span></p>
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		<title>The Cell : une biche idéaliste dans le labyrinthe mental d’un tueur psychopathe</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/cell-labyrinthe-mental-tueur-psychopathe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Feb 2021 11:35:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=33344</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pandémie oblige, nous revoyons nos classiques, avec un sentiment mêlé de nostalgie et de délectation. The Cell, par exemple, qui, vingt ans après sa sortie sur les écrans, n’a rien perdu de son originalité ni de son inquiétante flamboyance, en nous racontant une histoire de tueur psychopathe d&#8217;une manière aussi inédite qu&#8217;élégante. Trop peut-être ? [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/02/the-cell_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-33346 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/02/the-cell_opt.jpg" alt="photographie extraites du film The cell" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/02/the-cell_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/02/the-cell_opt-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/02/the-cell_opt-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pandémie oblige, nous revoyons nos classiques, avec un sentiment mêlé de nostalgie et de délectation. <i>The Cell</i>, par exemple, qui, vingt ans après sa sortie sur les écrans, n’a rien perdu de son originalité ni de son inquiétante flamboyance, en nous racontant une histoire de tueur psychopathe d&rsquo;une manière aussi inédite qu&rsquo;élégante. Trop peut-être ?</span></p>
<div id="blogvision"><iframe style="width: 640px; height: 360px;" src="https://player.allocine.fr/18652001.html">    </iframe><br />
<a href="https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=26098.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">The Cell</a><br />
<a href="https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18652001&amp;cfilm=26098.html"><strong>The Cell</strong> Bande-annonce VO</a></div>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Explorer l’inconscient d’un assassin</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’intrigue repose sur la psyché d’un tueur en série (Vincent D’Onofrio) qui noie des jeunes femmes après les avoir enlevées. Ce dernier tombe dans le coma au moment de son arrestation, ne pouvant donc révéler l’endroit où il a caché sa nouvelle victime. Pour parvenir à repérer « the cell », cette mystérieuse cellule où la demoiselle attend son aquatique trépas, un enquêteur du FBI (Vince Vaughn) demande à une talentueuse psychologue (Jennifer Lopez) d’explorer l’inconscient de l’assassin en pénétrant ses rêves grâce à un procédé révolutionnaire. Et c’est là tout le problème : on ne visite pas le labyrinthe mental d’un psychopathe comme on le ferait pour un enfant autiste, surtout quand on est une jeune biche idéaliste.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Des effets esthétiques impressionnants</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Car la belle et candide Catherine Deane va devoir très vite s’adapter si elle veut survivre à cette plongée dans des eaux psychiques extrêmement vaseuses … mais ô combien fascinantes et baroques. C’est tout l’attrait du film de Tarsem Singh, vidéaste inspiré dont c’est le premier long-métrage et qui mise à fond sur des effets esthétiques impressionnants pour retracer ce voyage cauchemardesque. Un cauchemar émaillé d’images choquantes, inspirées par des œuvres fortes de l’art contemporain, notamment « Some Comfort Gained From the Acceptance of the Inherent Lies in Everything », la vache découpée en tranches de Damien Hirst.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  </span><strong><a href="https://www.theartchemists.com/golem-tueur-de-londres-tueur-serie-mythique-intrigue-alambiquee-elegance-britannique/" rel="bookmark">Golem, le tueur de Londres : tueur en série mythique, intrigue alambiquée et élégance britannique</a></strong></p>
<h2><span style="color: #000000;"><b>Fantasmes de destruction</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Une séquence parmi tant d’autres, des clichés d’autant plus insupportables qu’ils sont superbes, saturés de détails comme un tableau de Van Eyck. Sertis d’un nuancier de couleurs impressionnant, d’effets de volumes, de lumières et d’ombres, de matières extraordinaires. Une débauche de passages spectaculaires qui ne durent que quelques secondes pour certains, mais qui bombardent le spectateur avec la virulence d’un spot de pub (Singh ne vient pas de ce secteur par hasard), comme pour l&rsquo;immerger dans le mental particulièrement riche du meurtrier. Et questionner la manière dont celui-ci élabore ses fantasmes de destruction, selon quelle logique il articule ses personnalités multiples.</span></p>
<h2><span style="color: #000000;"><b>Survivre par la souffrance de l’Autre</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est là aussi tout l’intérêt du film de Singh que de décomposer le caractère de ce personnage complexe, tyran absolu en son royaume, qui enferme le souvenir sublimé de ses victimes dans son harem cérébral, qui dévore les femmes comme un dieu sanglant, un monstre dévorateur auquel aucune ne résiste. Les tuer, c’est les faire siennes à jamais, des outils dociles de sa jouissance, des raisons d’exister, de leurrer la médiocrité de son existence. Car ce tueur ne survit que par la souffrance de l’Autre, la suppression organisée de la victime, étape par étape, depuis son rapt jusqu’à l’exposition de son cadavre décoloré et diaphane.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  </span><strong><a href="https://www.theartchemists.com/from-hell-de-la-bd-au-film-steampunk-johnny-deep-et-tueur-en-serie/" rel="bookmark">From Hell / De la BD au film : steampunk, Johnny Deep et tueur en série</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Ultime parcelle d’humanité</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Mais derrière cet étalage de douleurs infligées, de sadisme, qu’y-a-t-il exactement ? Comment devient-on un pareil monstre ? Qu’est-ce qui a dérangé cet esprit pour en arriver à une déviance à ce point prédatrice ? <i>The Cell</i> aborde la question en intégrant parmi les avatars oniriques du tueur l’enfant martyre qu’il a été, ultime parcelle d’humanité dans cette tourmente de violence continue. Le film évoque par ailleurs la montée au crime, en consacrant une scène au meurtre initial, un sanglant brouillon qui sert de point de départ dans la configuration progressive d’un modus operandi vécu comme un rituel, un exorcisme, une catharsis raffinée, stylisée. Une excuse cinématographique pour justifier l’esthétique clinquante du film ?</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Le porno plutôt que les livres d’art</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Consacrer un film à un tueur en série, c’est forcément prendre le risque d’en faire un héros. On sait le culte voué aux Freddy Krueger, Jason Voorhees, John Doe et autres Hannibal Lecter. Avec sa débauche de décors somptueux, de costumes majestueux (des créations absolument superbes signées Eiko Ishioka, par ailleurs costumière sur le film <i>Dracula</i> de Coppola), de références artistiques, <i>The Cell</i> joue la carte d’une démesure baroque qui veut traquer l’imaginaire d’un serial killer. De manière un peu trop magnifiée, et c’est le problème. Les tueurs en série ne sont pas des artistes de la mise à mort, même si certains le revendiquent. Leurs références ne sont que très rarement intellectuelles et quand ils cherchent l’inspiration, c’est bien plus souvent dans les revues porno que dans les livres d’art et les expositions.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/ratched-monstruosite-humaine/" rel="bookmark">Ratched : la monstruosité humaine sous toutes ses formes ?</a></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><i>The Cell </i>reste donc dans les mémoires pour cette volonté très esthétique (trop peut-être) de cerner le schéma mental d’un criminel qui se nourrit des images et des impressions qui l’entourent pour élaborer son propre univers, ériger une forteresse psychique imprenable. C’est peut-être le plus intéressant dans ce film que de donner à voir cet enfermement dans un monde impénétrable. Et de ressentir cette incroyable solitude psychologique, jusque dans le rapport sensoriel au monde, vécu comme une cacophonie continuelle. On notera la récurrence de percussions assourdissantes, de couleurs éclatantes, d’effets exacerbés qui font sursauter le spectateur, confronté aux perceptions déchaînées d’un esprit malade. Un bel exercice de style qu’on apprécie d’autant plus qu’on s’est déjà informé sur le sujet et qu’on s’y connaît un peu en matière de profilage. Bref, si vous voulez savourer <em>The Cell</em> à sa juste valeur, sans tomber dans ses pièges narratifs, lisez <a href="https://www.theartchemists.com/de-mindhunter-a-john-douglas-origines-profilage-trois-ouvrages-cles/">les ouvrages de John Douglas</a> avant et regardez <a href="https://www.theartchemists.com/mindhunter-on-entre-profilage-dautres-carmel/"><i>MindHunter</i></a> pour vous préparer. Ce serait plus sage et pertinent.</span></p>
<p align="justify">
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