Where to invade next : Michael Moore en quête d’utopie

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8 novembre 2016 : on y est ! La campagne présidentielle américaine touche à sa fin, et l’on saura dans quelques heures qui de Hillary Clinton ou Donald Trump prend la succession d’Obama. De ce point de vue Michael Moore ne s’en cache pas : il soutient allègrement dame Clinton, … et son nouveau documentaire Where to invade next le confirme subtilement.

Sorti outre Atlantique en 2015 à l’aube de la course aux présidentielles, le film suit le périple du réalisateur au travers du monde. Une véritable mission militaire, drapeau étoilé au poing, pour aller envahir les pays les plus intéressants, à lamode américaine : on arrive, on pompe les ressources, on repart ! Sauf qu’en l’état, il s’agit surtout de s’inspirer des ressources sociales et intellectuelles pour les ramener dans un pays qui en a cruellement besoin.

Italie, France, Islande, Finlande, Slovénie, Allemagne, retour donc dans la vieille Europe pour écluser nos acquis sociaux, droit aux congés payés, repas équilibrés dans les écoles, égalité homme-femme, enseignement supérieur gratuit et j’en passe … jouant les Candide de service, Moore rencontre responsables, chefs d’entreprise et ministres pour avaliser ses dires, prouver qu’il ne raconte pas de mensonges …

On en rit, trouvant qu’il exagère, qu’il simplifie : cela se saurait si l’Europe était un paradis ! Deux nuances cependant : Moore veut s’adresser à l’américain de base, pas aux intellectuels bardés de diplômes. Des gens comme ses voisins de Flint, qui n’ont pas pu poursuivre leurs études, ont un accès limité au monde via des media contrôlés et sélectifs, crèvent du chômage et du manque d’accès aux ressources élémentaires. La technique de l’apologue s’impose pour montrer, faire comprendre, et amener à en tirer les conséquences qui s’imposent, à savoir que le système américain n’est pas une panacée, loin s’en faut.

Par ricochet, Moore s’adresse aussi à nous : nos systèmes ne sont pas parfaits certes, mais nous devons tout faire pour ne pas les brader, pour les préserver, éviter de tomber dans la moulinette globalisante qui aimerait bien réduire ces acquis à néant. Avertissement en demi teinte donc et un ultime clin d’oeil à l’Islande où les femmes ont des responsabilités à l’égal de ces messieurs … et s’en sortent très bien. Traduction : une femme au pouvoir, ça peut être une très bonne chose …

On pourrait lui opposer le ministère désastreux de Tatcher, et plus généralement un regard bien simpliste. Il n’en demeure pas moins qu’en des termes clairs et sans langue de bois, avec humour, tendresse et une sincérité évidente, Moore rappelle que le monde doit être à taille humaine, que la société doit assurer le bien être, l’épanouissement, la protection des individus … pas leur exploitation éhontée et leur anéantissement décomplexé à des fins de pur profit. A ce titre Where to invade next s’inscrit en droite ligne dans sa démarche d’observateur et son rare talent d’activateur des consciences.

Et plus si affinités

http://wheretoinvadenext.com/

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