Des Vies en révolution : parce qu’Octobre 17 fut affaire d’humains

On l’oublie trop souvent quand on contemple le grand théâtre de l’Histoire. Ces événements qui bouleversent l’ordre du monde et des empires sont orchestrés, provoqués, vécus et subis par des femmes et des hommes. La révolution russe d’octobre 1917 n’échappe pas à cette règle. Alors qu’on en célèbre le centenaire, les éditions Don Quichotte convoquent François Bonnet, journaliste et l’un des fondateurs de Mediapart, pour organiser la co-rédaction du recueil Des Vies en révolution.

Si Lénine et Trotski furent les visages emblématiques du communisme soviétique, il convient de rappeler qu’il y eut d’autres participants à cette lame de fond, venus pour certains d’autres pays, fascinés par l’avènement d’une idéologie qu’ils défendaient avec conviction pour certains, fanatisme pour d’autres. Ces pages rassemblent les portraits de quatorze personnalités emportées dans la tourmente du bolchevisme. Elles en portèrent l’idée, luttèrent contre, en furent témoins, victimes, actrices, chacune à sa manière, à sa mesure. Nous les voyons ainsi en action, faisant le lien entre la Russie d’alors et ce qu’elle est devenue aujourd’hui, interrogeant la manière dont les russes contemporains entretiennent la mémoire de ce passé glorieux et effroyable.

Ces chapitres mettent en avant plusieurs points essentiels : l’implication des femmes dans des fonctions importantes, diplomatiques et combattantes, tandis que la gente féminine était généralement parquée au gynécée ; l’impact de militants étrangers séduits par la doctrine marxiste et qui profiteront du grand chambardement pour creuser leur trou ; la concurrence progressive qui oppose les chefs, grands ou petits, durant cette redistribution des cartes à la force des baïonnettes … Tous ont des parcours surprenants, leur route était déjà tracée, d’autres voient leur chemin brusquement redéfini, rien ne les destinait à devenir ce qu’ils sont devenus.

La force de la fatalité transparaît dans chacun de ces profils, qui se heurte à la volonté farouche, à la conviction soulignée par le désir d’apprendre, de s’éduquer, de s’imposer. Parlant de l’Histoire, Hegel disait que rien de grand ne se fait sans passion. Mais la passion sans cadre n’est rien qu’épuisement. Des Vies en révolution permet d’observer comment le cadre se met en place, comment tous vont le forger, s’en nourrir, s’y heurter, s’y fracasser. On comprend alors mieux la gestation d’un système qui de libertaire devint progressivement totalitaire, ce qui permet de largement nuancer le point de vue habituel, qui vise à encenser ou condamner dans recul.

Et plus si affinités

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