Vénéneuse : Eudeline et Le Mépris d’une Suicide Blonde

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Elle est blonde, jeune, belle à se damner et visiblement barge … elle lui rentre dedans un soir de signature dans une librairie branchée de Paris. Le rocker, auteur dandy et quinquagénaire, craque à la seconde, emballe la lumineuse nymphe pour une nuit de folie dans l’hôtel où Oscar Wilde traîna sa malédiction. Fallait pas … la belle se révélera une peste instable qui lui pourrira la vie, un leurre amoureux dont il aura toute les peines à se débarrasser.

Voici la trame de Vénéneuse, un beau portrait de salope aux airs d’ange, de princesse perdue à sauver pour retrouver son âme … ou la perdre définitivement. Piège parfait pour l’artiste qui entretient son malheur car c’est sa source d’inspiration. Fonctionnaires s’abstenir, la Vénus est un travail à plein temps, parfaite héritière des succubes du temps jadis. Elle va tout lui pomper à Antoine, le fric, la queue, la moelle, la créativité …

Une dingue rongée par une famille vampire, dont on comprend dés les premières lignes qu’il faut s’en éloigner. Mais non, Antoine, écrivain borderline fonce dans le mur … et s’en relèvera avec peine, prenant alors conscience du grand vide qu’agitait l’idole. De page en page, c’est Le Mépris revisité à la sauce rock, une version parisienne de la « Suicide Blonde » d’INXS … Il va prendre cher, le Antoine, consentant, extatique dans cette relation perverse, se faisant ronger le cœur avec joie par cette jeune chienne aux dents aiguës.

Le récit de passion amoureuse se dévore d’une traite, on ne peut que s’y reconnaître, car tous nous l’avons subie, homme, femme, hétéro, homo … Tous nous avons eu notre Camille, ou son alter ego masculin, magnifiée, aveuglément, par nos cœurs en demande, en quête d’aventure, d’autre chose que de la platitude. Tous nous rêvons d’absolu, n’est-ce pas ? Une Camille vient à passer et c’est la TGM, la Très Grande Merde. On s’y retrouve plongé sans même s’en rendre compte … et si on s’en sort, on restera poisseux longtemps.

Ici l’idole est insupportable, le lecteur la vomit immédiatement, Eudeline oriente son écriture dans ce sens, le narrateur transférant son écœurement sur son audience, s’offrant ainsi le luxe d’être pusillanime avec la déesse, pour éviter l’inélégance de lui balancer son poing dans la gueule (ce qu’elle mériterait, sincèrement) car il n’y a pas d’excuse à son comportement de PN patentée. Mais qui est le plus fautif : elle qui essyae, … ou lui qui laisse faire ?

La question n’appelle aucune réponse, c’est un mécanisme naturel qui s’enclenche, fascinant le mâle prêt à être dévoré par la femelle. Mâché, digéré, recraché, il renaît par sa plume, revenant presque intact à son point de départ, riche de son expérience, de sa misère affective … Tout cela sent son vécu, une souffrance profonde, puis la surprise d’en sortir, petit à petit, avec juste un goût de cendres dans la bouche et le sentiment d’avoir été pris pour un con …

Demeure un livre magnifique, qui se lit d’une traite et qu’on quitte à regret, car il était bien beau ce rêve d’absolu …

Et plus si affinités

http://editions.flammarion.com/Catalogue/hors-collection/litterature-francaise/veneneuse

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