Un peu, beaucoup, à la folie : quand la musique rend dingue …

7 musiciens sur 10 qui souffriraient de troubles psychiques … un chiffre énorme, affolant et pas vraiment glamour ; avec pareille données, on se demande comment le club des 27 n’a pas explosé son taux d’affiliés ! C’en est triplement navrant : non contents d’être exposés à la dépression, les musicos n’ont pas même le recours de la gloire … rares sont ceux qui passent à la postérité via leur maladie mentale.

Ils sont pourtant légions à souffrir via leur âme et leur chair, dans une indifférence générale quand il ne s’agit pas d’être complice de la pathologie. Un musicien dépressif, c’est hype, ça fait vendre. A croire qu’en sous main, les professionnels encouragent ce malaise lucratif ? Les choses sont toujours plus complexes et Robin Ecoeur, étudiant en master de journalisme numérique et passionné de musique, tente de mettre un peu d’ordre dans cet asile de fous avec son excellent webdoc Un peu, beaucoup, à la folie.

Assortie de graphiques, de témoignages, de confidences, d’explications, son enquête met en évidence ce phénomène pour le moins inquiétant, décuplé à l’heure où le nombre de musiciens est en plein essor : être compositeur interprète est un métier à risque avec une espérance de vie réduite de 20 ans par rapport à la population lambda. Les graphiques illustrant les causes de décès chez les différentes familles rock/pop, Hip hop, blues et punk font carrément flipper, car ils imposent des chiffres par delà le mythe des grands suicides à la Sid Vicious et consort.

Ces data mises à jour, il convient d’interroger le pourquoi. Fragiles, les musiciens à fleur de peau et de nerfs sont encore précarisés par la concurrence, les mutations du marché, la férocité de la concurrence … et le mode de vie propre aux tournées. On picole beaucoup sur la route, on se drogue pas mal aussi. Pour tromper l’ennui, neutraliser l’angoisse … et on plonge inexorablement et en silence, pour ne pas faire aveu de faiblesse … comment s’en sortir alors ? En se tournant vers des assos, des spécialistes, son manager … on découvre ainsi l’action de Help Musicians UK ou de Médecine des Arts …

Et on se dit que les structures dédiées font cruellement défaut en regard d’organisme comme la SACEM ou la GAM. Bref c’est un enjeu de santé publique qu’il va falloir solutionner à l’avenir, tout reste à faire et vite, car les dégâts sont là. « Être fou ne devrait pas être la norme » : une évidence qui peine à s’imposer, et ce webdoc remarquable de précision et de qualité a le mérite de tirer la sonnette d’alarme. Maintenant tout reste à faire.

Et plus si affinités

https://app.racontr.com/projects/un-peu-beaucoup-a-la-folie/

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