Turn Steak – Get U Get : le début d’un monde ?

English version below

Leur nouvel EP est sorti le 30 septembre mais nous attendions la finalisation du clip pour éditer notre chronique … et pour cause : le tournant amorcé avec Drifting Away et sa traduction visuelle « Engrenage » se confirme très nettement sur cette deuxième étape de ce qui semble être une sacrée maturation.

C’est que le duo picard en a bouffé du bitume musical depuis son couronnement à Bourges en 2011. Un set qui ne cesse de s’affirmer/s’affermir, une technique qui lâche progressivement les arpèges virtuoses pour gagner en simplicité, un dépouillement trompeur qui se charge d’une puissante agressivité, … ces messieurs ont attaqué l’année du Dragon avec les méandres envoutantes, aquatiques et séductrices de Drifting away – incomparable « Ride of death », si féminin, oriental dans les distorsions mutantes des sons ; ils la terminent sur une touche nettement plus masculine, où le glitch androgyne laisse place à des infrabasses viriles chargées de testostérone dévastatrice. Jugez-en par vous-mêmes :

TuRnStEaK « GET U GET » by turnsteak

Y a pas à dire, ça décoiffe : pas de chichi, pas d’ornementation superflue, du son brut, des rythmes violents, secs, abrasifs … telluriques ? Entre terre et feu, les deux morceaux « Get U get » (choisi par le côté répétitif des syllabes courtes) et « Sepak takraw » (référence à un handball malaisien particulièrement spectaculaire … puisque joué avec les pieds) semblent être un retour aux sources de Circuit imprimé et Pollution sonore. On y retrouve la même approche du son en apparence, avec une attention portée sur le rythme plutôt que sur la distorsion sonore : des morceaux qui finissent tranchés, comme avec une lame, un coup de hache.

Sauf que Get U Get est en fait le binôme masculin de Drifting away qui était très très féminin, eau et air. Get U get, c’est très franchement l’univers de la forge, des ambiances industrielles de la sidérurgie, les hauts fourneaux, la matière en fusion, le métal qu’on extrait du minerai. Les rythmes semblent un martellement, régulier, un marteau pilon. Et ça s’accentue avec les deux remixes signés Mindelixir et S.P.E.C.T.R.E. que nos picards sont allés débusquer aux USA pour accentuer l’esprit « urban riot » dicté par un parcours de survie en milieu citadin hautement hostile.

Histoire d’en rajouter une couche, notre duo a confié l’accouchement du bébé au label marseillais I.O.T records qui gère en parallèle des gars comme MC2, Under Kontrol, Babylon Joke, Circus of mind et concort. Du lourd donc, une conception énergique du son et une rencontre dans le sillage de Marsatac 2011 (eh oui, la mutation germait déjà à l’époque) avec en commun des esthétiques partagées et une méthodologie aussi stricte.

SEPAK TAKRAW (Official Video) from TheMotionFighters on Vimeo.

Et comme pour en rajouter une couche, ce clip, illustration particulièrement musclée et ironique du 2eme morceau de l’E.P. – à la base c’était le morceau éponyme qui devait y passer mais les Motion Fighters, Rémi Unger et Thomas Bernon, réals de la vidéo ont craqué pour le second opus, qu’ils surent du reste mettre en images avec un brio qui laisse pantois, beaucoup de technicité, moults effets spéciaux et des références multiples. ien plus encore que Mad Max, ce sont les chefs d’œuvre post apocalyptiques Doomday ou Los Angeles 2013 – John Carpenter, je vous le dis, c’est criant – que les réalisateurs convoquent pour initier ce féroce combat de caddies sur fond de clash des clans.

L’ensemble est particulièrement léché, tenu, couleurs retravaillées, slowmotion, une foultitude de détails jusque dans l’habillage des chiens de combat. Et une bonne dose d’humour dans ce combat homérique à coups de caddies customisés. Et surtout, surtout un scénario, qui se termine au moment clé, offrant une fin bien bien ouverte sur un avenir compromis, 21 décembre 2012 oblige.

Nous célébrerons à cette date la fin d’un monde déjà bien amorcée. Tout s’effondre actuellement : système monétaire, fanatisme rampant, montée des extrémismes, révolutions un peu partout, affrontements sanglants, … au bout du compte, le choix esthétique d’une brutalité assumée par le duo se fait le reflet du climat ambiant complètement pourri. Mais Get U get est également chargé d’un avenir à mon avis très prometteur : le bruit de la reconstruction, d’un monde nouveau que nous sommes tous en train de forger avec les moyens du bord. En posant de nouvelles bases. L’émergence de la jeune garde qui balaie les anciens clivages.

Car en inspirant ces plans séquences on ne peut plus évocateurs, ce artwork d’esprit récup’ travaillé par Kalbut, un collectif belge, les Turn Steak continuent leur love story avec le monde de l’image, … un cran au dessus. L’EP est court, la vidéo coup de poing : une amorce, un tour de chauffe, … une étincelle ? Pour sûr avec ces messieurs, nous ne sommes pas au bout de nos surprises. C’est un fait, voici presque deux ans que nous suivons leur évolution, avec ce constat répété que s’ils changent, ils demeurent une émanation pour le moins prolixe de ce que représente à nos yeux d’ARTchemists ‘the ultimate cultural spark’. A ce stade il y a de fortes chances que l’année 2013 soit riche d’autres surprises turnsteakiennes car en la matière, ces deux guerriers savent y faire.

So wait, listen and see.

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Turn Steak – Get U Get: the ultimate beginning of the world ?

Their new EP was released on September 30, but we’ve expected the release of the video in order to write this article … and we have good reason for it: their turning point began with the EP Drifting Away and its visual translation « Engrenage » clearly confirms the second stage of what appears to be an important maturation.

The picard duo has worked a lot since his coronation in Bourges in 2011. A live set that affirms / strengthens itself, a technique that loosens up the virtuoso arpeggios to gain simplicity, a false nudity full of powerful agression … these gentlemen have attacked the Year of the Dragon with the captivating, seductive and aquatic Drifting away – incomparable « Ride of Death », so feminine, with orientalist distortions and mutant sounds, they end 2012 with a distinctly more masculine touch, where the androgynous glitch leaves room for manly devastating infrabass.

There’s no denying, it sounds a lot: no superfluous ornamentation, crude sound, violent rhythms, dry, rough … telluric? Between earth and fire, the two tracks « Get U get » (chosen for the repetitive side short syllables) and « Sepak takraw » (referring to a particularly spectacular Malaysian handball played with the feet) seem to be a return to the sources of Circuit imprimé and Pollution sonore. We find the same approach of melody, with a focus on rhythm rather than sound distortion: sliced pieces cut as with a knife, an ax.

Except that Get U Get is actually the male side of Drifting away which was very feminine, water and air. Get U get evokes quite frankly the world of blacksmithing, industrial environments, steel, blast furnaces, molten material, metal extracted from ore. Rhythm seems asledgehammer. And it increases with the two remixes signed by Mindelixir and SPECTRUM, two guys our Picards searched in USA to accentuate the spirit of « urban riot ».

In order to accentuate this heavy impression, the duo asked the Marseille IOT Records label that manages MC2, Under Kontrol, Babylon Joke, Circus of mind and so on to help them in order to design this heavy, aggressive sound. A meeting initiated during Marsatac 2011 (yes, the mutation already germinated at the time) with a shared aesthetic and a similar strict methodology.

And now this clip, particularly tough and ironic illustration of the 2nd track of the EP – basically it was the main track which was chosen but the Motion Fighters, Rémi Unger and Thomas Bernon, directors of the video, have fallen in love with the 2nd song, they knew exactly how to put it in pictures with an outstanding imagination many technical effects, and a lot of references.

Mad Max of course, but other post apocalyptic masterpieces like  Doomday or Los Angeles 2013 – John Carpenter, I tell you, it’s obvious – the directors take inspiration from these monuments to initiate this fierce caddies battle. The result is particularly impressive, in slowmotion, and with a lot of details like the dressing fighting dogs. And with a lot of sense of humour, with this homeric fight of customed caddiers. And there’s a scenario that ends at the key moment with an opened end end on a compromised future, with the perspective ofDecember 21, 2012.

The day, we will celebrate the end of a world already well destroyed. Everything collapses right now: the monetary system, crazy fanaticism, rise of extremism, revolutions everywhere, bloody fights … ultimately, the choice by Turn Steak of an aesthetic brutality is a reflection of the prevailing rotten climate. But Get U get is also the sign of a very promising future: the noise of the reconstruction of a new world that we are all trying to build, Posing new bases: the rising of the young guard that erases old divisions.

Inspiring these images, this evocative artwork in the spirit of Recycling art worked by ‘Kalbut, a Belgian collective, Turn Steak continue their love story with the world of the image … a step above. The EP is short, the video punchy: a beginning, … a spark? For sure with these gentlemen, we are not at the end of our surprises. It is a fact, this is almost two years that we follow their evolution with this statement reiterated that if they change, they remain an extremely creative emanation for what is in our opinion of ARTchemists ‘the ultimate cultural spark’ . At this stage it is likely that the year 2013 is going to be enriched with turnsteakian productions:  and these two warriors know how to do it,that’s for sure.

So wait, listen and see.

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