Trouvaille : I apologize

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Ses fans vont me défoncer : placer la team de J.L. Verna dans la rubrique des étoiles émergentes, c’est à la limite du péché, pour ne pas dire un sacrilège. Mea culpa ! Mais que voulez-vous ? Il aura fallu la chronique enamourée de notre Dauphine pour que je mette le pif dans le répertoire du Monsieur et de son combo electro dark. Et avouons-le, si I apologize s’active sous le flamboyant oriflamme de la queer culture, il n’en demeure pas moins un groupe à couilles.

Il en faut pour endosser la relecture de classiques du funk comme « I feel love », déjà repris en main par le beau Marc Almond et Jimmy Sommerville, et passer ensuite d’un bond de sauterelle à « Anarchy in the UK » de The Sex Pistols pour flirter ensuite avec Siouxsie (véritable Pythie de Verna) … ou Barbara. Ok des reprises … mais pas de n’importe quelle façon.

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Verna et ses boys, Xavier Boussiron, Gauthier Tassart et Julien Tiberi, n’ont pas leur pareil pour prêter à ces classiques de genre la portée d’un conte musical angoissant, une sensualité à fleur de peau qui évoque des sirènes masculines guindées dans leurs écailles scintillantes. Le tout enrobé dans des accents electro dark captivants, que Verna porte de sa voix grave et chaude, virile ô combien, vibrante sous les muscles, en totale contradiction avec les robes, les bijoux, le maquillage, l’attitude.


L’effacement des genres est là, omniprésent, sacrément sexy, rock dans son essence même, le socle bétoné d’un groupe qui ne tient certainement pas à faire amende honorable, il ne manquerait plus que ça ! Et c’est sur les compos spécifiques de I apologize qu’apparait l’amplitude artistique de ces créateurs tout feu tout flamme, qui explorent et repoussent les limites du corps par tous les vecteurs artistiques possibles … pour au final nous raconter des histoires.

« Cunt hunt » plante un personnage de sorcière autoritaire, cruelle, presque shakespearienne sur un rythme techno diabolique. « Paramour » évoque l’oeuvre récurrente de Verna, cette montagne hors de portée, symbolique de l’amour. L’art visuel trouve son prolongement sur la scène. Mais c’est selon moi « Angry Lullaby » qui exhale véritablement toute la puissance évocatoire de la formation, dans le travail du son, des arpèges, avec un Verna transformé en conteur apocalyptique, hypnotique, puissant, effrayant de conviction tranquille.

Bêtes de scène, les I apologize ont besoin du passage en plateau pour exprimer la totale dimension de leurs talents. Leurs concerts ont ce petit quelque chose de spectaculaire et de transgressif qui fait décoller les esprits, les cœurs et les anatomies à l’unisson, mixant musique, performance et théâtre dans un cocktail revigorant. La prochaine presta aura lieu dans le cadre de la rétrospective dédiée à Verna : une occasion de plus de mettre en résonance le son, l’image et la chair.

Et plus si affinités

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