Tombé pour la pop ! Quand Étienne Daho expose la pop française à la Cité de la Musique

Stinky Toys, 1979 ©Yannick Picard.jpg Serge Gainsbourg et Étienne Daho, 1987 ©Claude Delorme.jpg La souris déglinguée, 1981 ©Olivier Claisse.jpg

Incontournable ces dernières semaines avec la sortie de son onzième album Blitz, Étienne Daho s’affiche un peu partout dans les rues de Paris, la moitié du visage cachée par un appareil photo. La raison : Daho l’aime pop ! exposition en cours à la Cité de Musique qui revisite 67 ans de pop française.

Entre Étienne Daho et la Cité de la Musique, c’est une histoire au long cours entamée il y a près de 10 ans avec un concert mythique à la Salle Pleyel en 2008. Deux ans plus tard, accompagné de Jeanne Moreau, le dandy pop mettait en musique et en scène – toujours à Pleyel – le long poème de Jean Genet Le Condamné à mort. En 2011 le projet Jacno Future et 2014 sa Carte Blanche Une Jeunesse Moderne firent les beaux jours de la Cité de la Musique. Daho l’aime pop ! consacre ainsi une longue collaboration entre le chanteur et l’institution.

Et désormais l’expérience musicale s’associe avec la perspective historique et le jeu scénographique. D’idole et icône, Étienne Daho, exégète de la vie musicale hexagonale, devient commissaire d’exposition, concepteur et narrateur d’un parcours photographique et musical retraçant l’histoire de la french pop. Sur une idée de Vincent Anglade – responsable programmation Musiques Actuelles à la Philharmonie de Paris – en collaboration avec Tristan Bera – historien de l’art – , cette exposition rend hommage, au travers de portraits, aux artistes français au moment où ils apparaissent ou au moment où ils rayonnent, qu’ils soient issus de la chanson française, du punk, de l’électro, de la variété. Tous sont POP !

Mais qu’est-ce que la pop ? Pour Daho, elle est une « zone de liberté qu’avaient défrichés certains de (s)es aînés ». Synonyme de plaisir hédoniste, de légèreté colorée ou de compromission commerciale, elle n’en reste pas moins le fruit d’un hyper-métissage réussi de la chanson française et de la rythmique anglo-saxonne. Les swing de Trenet, rock de Boris Vian, pop sophistiquée de Françoise Hardy ont crée cette zone libre aujourd’hui investie par Lescop, La Femme et autre Eddy de Pretto. Entre temps que de tubes, que d’artistes. Des populaires mais aussi des auteurs-compositeurs ou simples interprètes plus dans la marge qui n’ont eu de cesse de nourrir le centre de la pop selon un mouvement de va et vient maintenant largement identifié entre le mainstream et l’underground.

C’est ce mouvement she-ba bop blop pop wiz que Daho l’aime pop ! exposition bienveillante et nourrie d’expériences nous narre. Libre, savante juste ce qu’il faut, intuitive, curieuse et mélomane. Elle n’est pas vécue comme une recherche académique et exhaustive mais d’un point de vue sensible, tissant un réseau affectif, d’affinités électives et de prédilections qui au bout d’un parcours diachronique allant de 1950 à nos jours s’enrichissent, dialoguent et se répondent. Au son de la douce et chaude voix de Daho, le public traverse 4 périodes (1950/69, 70/84, 85/99 et 2000/17) et autant de visages emblématiques (Chamfort, Sanson, Birkin, D. Darc, Les Rita, Niagara, Christophe, Air, Mc Solaar…). Une période méconnue est très largement mise en avant : la scène punk (rennaise) et rock du début des années 80, période où Étienne entrait dans la lumière.

À la vaste salle scindée en 4 espaces-périodes où sont accrochés près de 200 portraits succède un espace dédié aux clips (et scopitones) emblématiques de la chanson française. Vanessa Paradis s’y déhanche en noir et blanc déplorant que « Je t’aime compte bien trop de -m », Alain Bashung ose Joséphine… Exquise Madeleine de Proust ! L’avant-dernière salle est un juke box géant et mural : 200 titres ont été sélectionnés par le commissaire Daho et c’est sous l’œil d’une monumentale François Hardy dans sa robe métal siglée Paco Rabanne que les mélomanes écoutent le groupe Paradis ou un titre de Lou Doillon. Des tubes plein la tête, ils quittent l’expo après avoir découvert dans le Daho-Lab une trentaine de portraits tirés par Daho himself. Ceux de son amoureuse de toujours Eli Medeiros, Dominique A et toute la jeune garde de la pop française sont là (The Pirouettes, La Femme, Aline, Calypso Valois).

Quand la musique est pop … pop, pop, pop.

Et plus si affinités :

https://philharmoniedeparis.fr/fr/exposition-daho

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