The Killing : tragédie policière danoise en 3 actes et 40 épisodes

Ah The Killing. Série danoise incontournable, un monument du polar nordique, sombre et désespérant à souhait. Forbrydelsen en danois dans le texte … Trois saisons, trois enquêtes. Longues. Compliquées. Éprouvantes. Qui n’en finissent pas de rebondir. Des pistes qui ne mènent à rien, des portes qui s’ouvrent sur du vide, des suspects qui n’en sont plus, un cheminement frustrant vers une vérité inacceptable. Et pour suivre ces fils ténus, Sarah Lund.

Frêle enquêtrice obsédée par son travail au point de délaisser fils, amant, mère, toutes les conventions de la bonne société danoise dans laquelle elle évolue comme une ombre. Perspicace, visionnaire, spontanée. Malheureuse, en rupture avec tous les fondamentaux de la famille, incapable de trouver l’amour, le détruisant quand il fait mine d’approcher. Sarah Lund, quelque part, c’est Antigone échappée de la tombe pour intégrer les rangs de la police de Copenhague. Et endosser le rôle d’Electre. A savoir, foutre le bordel.

Il y a de quoi faire. Comme le disait si bien Shakespeare, « il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark ». Face à Sarah Lund et sa quête d’absolue vérité, des supérieurs particulièrement castrateurs, eux-mêmes pris dans les querelles de pouvoir des dirigeants politiques d’un pays où la démocratie se construit à force de coups bas , de trahisons et de compromis. Seule à respecter ses valeurs, à rechercher l’intégrité constamment, Sarah fait tâche, dérange, énerve. Et s’en prend plein la gueule, même quand elle a raison. Surtout quand elle a raison.

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Face à elle, les victimes, leurs familles, leurs proches, démunis, frappés de plein fouet par la main du destin, en quête d’information, d’une justice qui leur échappe, car lente, pesante, tenue par le temps. Un temps qui s’égrène de jour en jour, et dont le spectateur ressent le cours à chaque épisode marqué d’une date. Histoire de rappeler qu’une enquête n’est pas synonyme d’unité temporelle, loin s’en faut. Pourtant, là où il faudrait de la patience, de la concentration, du calme pour dénouer ces intrigues, il n’y a que pressions, obstacles, interdits, urgences.

Et la douleur humaine de la perte, du deuil que le showrunner Søren Sveistrup et ses réalisateurs Kristoffer Nyholm, Charlotte Sieling, Hans Fabian Wullenweber mettent particulièrement en évidence, dans des séquences intenses pour certaines, particulièrement pudiques pour d’autres, toujours prenantes. Qu’ajouter sinon que la réputation de The Killing n’est pas usurpée, que la version originale sous-titrée s’impose comme une évidence, et que si vous êtes adepte de suspens, de rebondissements, de manipulation et de tragédie, vous serez comblé.

Et plus si affinités

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